Non, le cannabis n’est pas légal au Kazakhstan, ni pour un usage récréatif ni pour un usage médical. Détenir, acheter, transporter, cultiver ou vendre de l’herbe ou du haschich y est puni, et depuis 2025, même le simple fait d’en consommer chez soi est une infraction : amende ou jusqu’à 10 jours de détention dès la première fois. La vente est punie de 5 à 8 ans de prison dans le cas le plus simple, et jusqu’à 20 ans dans les cas aggravés.
Le paradoxe est connu : le sud du pays abrite, dans la vallée de la Tchou, l’un des plus vastes champs de chanvre sauvage de la planète. Cette abondance n’a jamais assoupli la loi. Au contraire, le Kazakhstan a encore durci son Code pénal en 2025, tout en ouvrant une porte très étroite : la culture de chanvre industriel, sous licence et sous contrôle policier.
Tu pars à Almaty ou à Astana ? Voici la loi en 2026, le cas du CBD, les risques concrets pour un touriste et les différences avec la France.
L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis interdit : usage, détention, culture et vente sont sanctionnés, même en petite quantité.
• CBD sans statut légal : aucun texte ne l’autorise, laisse tes fleurs et résines CBD en France.
• Touriste : consommer coûte 40 MRP (environ 173 000 tenges) ou 10 jours de détention ; vendre, de 5 à 20 ans de prison.
• Seule ouverture : le chanvre industriel à 0,3 % de THC maximum, cultivé sous licence depuis 2025.
Que dit la loi au Kazakhstan en 2026 ?
Trois textes font le cadre. La loi du 10 juillet 1998 sur les stupéfiants, les substances psychotropes et les précurseurs classe le cannabis parmi les plantes contenant des stupéfiants, contrôlées selon les conventions de l’ONU. Le Code pénal du 3 juillet 2014 (n° 226-V) fixe les peines, et le Code des infractions administratives sanctionne l’usage le plus simple.
Concrètement, la loi kazakhe distingue trois niveaux :
- L’usage : consommer sans raison médicale est une infraction administrative (article 440-1 du Code administratif) ; consommer dans un lieu public relève du Code pénal (article 296).
- La détention sans intention de vendre : acheter, garder ou transporter du cannabis, même en petite quantité, est un délit (article 296). La peine grimpe avec le poids saisi, selon un barème gouvernemental.
- Le trafic : vente, envoi, détention en vue de vendre (article 297), fabrication (article 297-1) et culture (article 300) exposent à de longues années de prison, avec confiscation des biens.
Aucun cadre de cannabis médical n’existe au Kazakhstan. La loi de 1998 interdit même expressément de cultiver le cannabis pour fabriquer des médicaments stupéfiants, la seule exception visant la recherche et l’enseignement sous licence.
Ce qui a changé en 2024 et 2025
Chanvre industriel mis à part, les dernières réformes vont dans le sens de la fermeté :
- 19 juin 2024 : la loi n° 94-VIII retouche l’article 299-1 sur la propagande et la publicité pour les drogues, dont la version en vigueur punit plus lourdement la diffusion en ligne.
- 2 janvier 2025 : la loi n° 150-VIII crée l’article 297-1 (fabrication en vue de la vente, jusqu’à 20 ans ou la perpétuité pour la production illégale ou en groupe criminel) et retouche les articles sur le trafic et la culture.
- 10 janvier 2025 : la loi n° 155-VIII ajoute l’article 440-1 au Code administratif. L’usage non médical, même sans détention et hors lieu public, devient sanctionnable à lui seul.
- 2025 : le Parlement autorise la culture de chanvre industriel non stupéfiant, à 0,3 % de THC maximum (voir plus bas).
Amendes et prison : le barème
Les amendes sont exprimées en MRP (indice mensuel de calcul), unité fixée chaque année par la loi de finances : 1 MRP vaut 4 325 tenges en 2026.
| Infraction | Texte | Sanction prévue |
|---|---|---|
| Consommer (hors lieu public), première fois | Code administratif, art. 440-1 | 40 MRP (environ 173 000 tenges) ou 10 jours de détention administrative |
| Récidive dans l’année | Code administratif, art. 440-1 | 80 MRP ou 20 jours de détention |
| Consommer dans un lieu public | Code pénal, art. 296, al. 1 | Jusqu’à 80 MRP, travaux d’intérêt général ou jusqu’à 20 jours de détention |
| Détenir, acheter, transporter sans vendre | Code pénal, art. 296, al. 2 | Jusqu’à 160 MRP (environ 692 000 tenges) ou jusqu’à 40 jours de détention |
| Même chose en « grande quantité » | Code pénal, art. 296, al. 3 | Jusqu’à 200 MRP ou jusqu’à 50 jours de détention |
| Même chose en « très grande quantité » | Code pénal, art. 296, al. 4 | 3 à 7 ans de prison |
| Vendre, détenir pour vendre, envoyer | Code pénal, art. 297, al. 1-2 | 5 à 8 ans (6 à 10 ans en grande quantité), avec confiscation |
| Vente dans un lieu public, en groupe, de façon répétée ou en très grande quantité | Code pénal, art. 297, al. 3 | 7 à 12 ans, avec confiscation |
| Vente à un mineur, dans un établissement d’enseignement ou en groupe criminel | Code pénal, art. 297, al. 4 | 15 à 20 ans, avec confiscation |
| Cultiver du cannabis | Code pénal, art. 300 | Jusqu’à 2 000 MRP ou 2 ans ; 3 à 8 ans en grande quantité ou en groupe ; 7 à 12 ans en très grande quantité |
| Propagande ou publicité pour les drogues | Code pénal, art. 299-1 | Jusqu’à 3 ans ; 3 à 6 ans via Internet ou les médias |
À noter : l’article 296 exonère de poursuites celui qui remet volontairement aux autorités ce qu’il détenait pour sa consommation, ou qui demande de lui-même des soins. C’est une disposition sanitaire, pas une tolérance.
Et le CBD ?
Le CBD n’a aucun statut légal au Kazakhstan. Aucun texte ne le distingue du cannabis, aucun ne prévoit sa vente, et le seuil de 0,3 % de THC qui fait sa légalité en France ne vaut là-bas que pour le chanvre industriel cultivé sous licence.
Pour un policier ou un douanier, une fleur ou une résine de CBD reste une partie de la plante de cannabis, et la moindre trace de THC peut suffire à ouvrir une procédure. Les huiles ne sont pas mieux loties.
Le conseil est donc simple : n’emporte aucun produit CBD au Kazakhstan, pas même une fleur achetée légalement en France. Notre guide pour voyager avec du CBD en avion détaille les règles pays par pays, et celui sur la loi du CBD en France rappelle pourquoi ces produits sont légaux chez nous mais pas partout.

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Ce que risque un touriste
Être étranger ne protège de rien. La diplomatie britannique annonce de longues peines de prison et de lourdes amendes, et la diplomatie belge rappelle que la loi s’applique strictement, quelle que soit la drogue et quelle que soit la quantité.
Les situations à risque pour un voyageur :
- Les contrôles d’identité : la police peut demander tes papiers à tout moment, et une photocopie ne suffit pas.
- Les bagages : le Kazakhstan est un pays de transit pour le trafic régional, et ses aéroports scannent aussi les bagages des passagers en correspondance. Fais ta valise toi-même, garde-la à l’œil et ne transporte jamais un colis pour un tiers.
- La consommation elle-même : depuis 2025, l’usage constaté suffit à une sanction, même sans produit sur toi. Le THC reste détectable plusieurs jours, voire plusieurs semaines chez un consommateur régulier (voir notre article sur la durée de détection du THC).
- Les réseaux sociaux : une publication qui fait la promotion des drogues relève du délit de propagande, puni plus sévèrement lorsqu’il passe par Internet.
- La route : conduire sous l’emprise de stupéfiants vaut 15 jours de détention administrative et 7 ans de retrait du permis (article 608 du Code administratif).
En cas d’arrestation, fais prévenir l’ambassade de France : elle peut t’indiquer des avocats et informer tes proches, pas te soustraire à la justice locale.

La vallée de la Tchou et le chanvre industriel
Le pays du chanvre sauvage
Dans le sud du pays, la vallée de la Tchou (Chuy ou Shu, du nom de sa rivière) est célèbre pour son cannabis spontané. En 2016, le ministre de l’Intérieur évoquait quelque 140 000 hectares de chanvre sauvage, impossibles à surveiller en totalité. Dans la région, l’argot russophone appelle couramment le haschich anacha.
Cette ressource n’a rien de libre d’accès : cueillir, c’est acquérir un stupéfiant au sens du Code pénal, et le Code administratif (article 420) oblige même les exploitants de terrains à détruire le chanvre sauvage, sous peine d’amende. Selon la presse spécialisée, les autorités ont saisi plus de 230 tonnes de cannabis depuis 2014, la Tchou et la région de Kyzylorda restant les zones les plus surveillées.
2025 : le chanvre industriel sort de l’ombre
Après près de dix ans de projets en suspens, le Parlement a adopté en 2025 une loi qui autorise et encadre la culture du chanvre industriel non stupéfiant, promulguée ensuite par le président Tokaïev. Les règles sont strictes :
- 0,3 % de THC maximum pour les variétés cultivées, dont la liste est fixée par le gouvernement ;
- licences délivrées par le ministère de l’Intérieur (quatre existaient déjà au printemps 2025) et contrôle des services antidrogue sur tout le cycle, de la culture à la transformation ;
- débouchés industriels : papier (un projet vise le papier sécurisé des passeports et cartes d’identité), textile, matériaux de construction.
Une exploitation de la région de Kostanaï cultive déjà sous licence, et des investisseurs italiens et chinois se sont manifestés en 2025. Rien de tout cela ne concerne le consommateur : le cannabis reste interdit et le CBD sans statut légal.
Kazakhstan ou France : ce qui change
| Question | Kazakhstan | France |
|---|---|---|
| Cannabis récréatif | Interdit | Interdit |
| Sanction de l’usage | 40 MRP (environ 173 000 tenges) ou 10 jours de détention ; 80 MRP ou 20 jours en récidive | Amende forfaitaire de 500 € (400 € minorée, 1 000 € majorée) |
| Cannabis médical | Inexistant | Usage médical très encadré, jamais en vente libre |
| CBD (fleurs, résines, huiles) | Aucun statut légal, à ne pas emporter | Légal à 0,3 % de THC maximum |
| Chanvre industriel | Autorisé sous licence depuis 2025 (0,3 % de THC maximum) | Autorisé, variétés à faible THC |
| Vente de cannabis | 5 à 8 ans de prison, jusqu’à 20 ans dans les cas aggravés | Jusqu’à 10 ans de prison pour le trafic, bien plus en bande organisée |
Questions fréquentes
Peut-on fumer du cannabis chez soi au Kazakhstan ?
Non. Depuis 2025, l’usage non médical est sanctionné même en privé : 40 MRP d’amende ou 10 jours de détention, le double en cas de récidive dans l’année.
Peut-on emporter du CBD au Kazakhstan ?
Non. Le CBD n’a aucun statut légal dans le pays et une fleur ou une résine CBD peut être traitée comme du cannabis. Laisse tes produits en France.
Le cannabis médical est-il autorisé au Kazakhstan ?
Non. Aucun programme n’existe et la loi de 1998 interdit de cultiver le cannabis pour en faire des médicaments stupéfiants.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifie-les avant chaque départ.


