Non. Le cannabis est totalement interdit à Bali, comme dans toute l’Indonésie, et le CBD l’est tout autant. Herbe, résine, huile, gummies, cosmétiques au chanvre : la loi indonésienne classe la plante et tout ce qui en est tiré parmi les stupéfiants de catégorie I, aux côtés de l’héroïne et de la cocaïne. Il n’existe ni tolérance pour les touristes, ni exception médicale, ni seuil de THC en dessous duquel un produit deviendrait légal.
Les peines restent parmi les plus lourdes au monde : jusqu’à 4 ans de prison pour un simple usage, jusqu’à 12 ans pour une détention, et la peine de mort pour l’importation ou la vente de plus d’un kilo d’herbe. Le 2 janvier 2026, l’Indonésie a fait entrer en vigueur son nouveau code pénal et une loi d’ajustement des peines qui supprime les peines planchers : le juge a davantage de marge, mais les maxima n’ont presque pas bougé.
Bali n’a aucun statut particulier : l’île applique la loi nationale, avec des contrôles renforcés à l’aéroport de Denpasar. Ce guide, à jour en septembre 2026, couvre Bali et l’ensemble de l’Indonésie : ce que dit la loi, le cas du CBD à Bali, le barème des peines, ce que risque concrètement un voyageur et ce qui change par rapport à la France.
L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis interdit à Bali et dans tout l’archipel : stupéfiant de catégorie I (loi n° 35 de 2009).
• CBD interdit aussi, sous toutes ses formes, même à 0 % de THC et même avec une ordonnance française.
• Un touriste risque jusqu’à 4 ans de prison pour l’usage, 12 ans pour la détention, et la peine de mort au-delà de 1 kg d’herbe importé ou vendu.
• Depuis le 2 janvier 2026, nouveau code pénal : fin des peines planchers, mais aucune dépénalisation.
Que dit la loi indonésienne sur le cannabis en 2026 ?
Le texte de référence est la loi n° 35 de 2009 sur les stupéfiants (Undang-Undang Narkotika). Son annexe range le cannabis dans la catégorie I (narkotika golongan I), la plus stricte. La rubrique vise la plante entière du genre Cannabis et toutes ses parties : graines, fruits, paille, produits transformés, résine et haschich. Le THC figure en plus sous sa propre rubrique.
Conséquences de ce classement :
- Aucun usage autorisé : l’article 8 interdit les stupéfiants de catégorie I pour les soins, sauf pour de rares travaux de recherche validés par le ministère de la Santé.
- Tout est pénalisé : consommer, cultiver, détenir, acheter, vendre, transporter, importer ou exporter.
- Aucune distinction entre drogues « douces » et « dures » : quelques grammes d’herbe relèvent de la même catégorie que l’héroïne.
Ce qui a changé le 2 janvier 2026
Deux textes sont entrés en vigueur le même jour. Le nouveau code pénal national (KUHP, loi n° 1 de 2023) remplace le code hérité de la période coloniale néerlandaise et reprend dans ses articles 609 et 610 une partie des infractions à la loi de 2009 (détention de stupéfiants non végétaux, production, importation, exportation). La loi n° 1 de 2026 sur l’ajustement des peines, promulguée le 2 janvier 2026, supprime les peines minimales obligatoires dans les lois pénales hors du code, stupéfiants compris (seuls le terrorisme, la corruption, le blanchiment et les crimes graves contre les droits humains y échappent).
Concrètement, un juge n’est plus tenu de prononcer au moins 4 ans pour la détention d’un peu d’herbe ; les amendes sont désormais exprimées en catégories du code pénal (catégorie VI pour la plupart des infractions liées au cannabis) au lieu des 800 millions à 8 milliards de roupies d’avant. En revanche, les maxima restent très élevés, et la peine de mort est maintenue pour le trafic au-delà des seuils légaux. Le nouveau code en fait une peine « alternative », que le juge peut assortir d’une période probatoire de 10 ans au terme de laquelle elle peut être commuée en perpétuité. Il s’agit d’un assouplissement technique, pas d’une dépénalisation.

Et le CBD à Bali ?
La réponse est aussi nette que pour le cannabis : le CBD est interdit à Bali et dans toute l’Indonésie. La loi ne connaît pas la notion de chanvre « bien-être » : elle vise tous les produits transformés de la plante, quelle que soit leur teneur en THC. Une huile de CBD, une fleur à 0,2 % de THC, un baume au chanvre ou des gummies sont donc traités comme des stupéfiants de catégorie I.
Trois idées reçues à oublier avant le départ :
- « Mon produit est légal en France » : cela ne compte pas. Seule la loi du pays où vous vous trouvez s’applique.
- « J’ai une ordonnance ou un certificat d’analyse » : aucun document étranger ne rend légal en Indonésie un produit issu du cannabis.
- « C’est juste un cosmétique » : une crème ou une huile de massage au chanvre reste un dérivé de la plante et peut suffire à déclencher une procédure.
Il n’existe aucune boutique de CBD légale à Bali. Les rares produits présentés comme « hemp » ou « CBD » sur place, ou proposés en ligne avec livraison sur l’île, exposent l’acheteur aux mêmes poursuites que le vendeur.
La France, elle, autorise le CBD à 0,3 % de THC maximum, fleurs comprises, depuis la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022 : tous les détails sont dans notre guide de la loi CBD en France. Mais cette légalité s’arrête à la frontière. Avant de boucler votre valise, lisez aussi notre page sur le CBD en avion et à la douane : pour l’Indonésie, la seule option sûre est de ne rien emporter.

Pack FR Bio
Fleurs et hash CBD 100 % français, bio, 0,3 % de THC maximum : légal en France, à retrouver chez vous au retour de voyage.
Amendes et prison : le barème des peines
Le tableau ci-dessous reprend les peines maximales applicables depuis le 2 janvier 2026, après ajustement par la loi n° 1 de 2026. Les seuils de 1 kg ou 5 plants font basculer dans les peines aggravées. Ils valent pour la plante (herbe, plants) ; pour un stupéfiant de catégorie I sous forme non végétale, la loi retient un seuil de 5 grammes seulement, et selon la qualification retenue par l’enquête, une résine ou une huile peut relever de ce régime.
| Infraction | Texte | Peine maximale |
|---|---|---|
| Usage personnel (constaté notamment par un test urinaire) | Art. 127, loi 35/2009 | 4 ans de prison, réhabilitation possible |
| Détention, stockage, culture (herbe, plants) | Art. 111 (1), loi 35/2009 | 12 ans et/ou amende de catégorie VI |
| Idem au-delà de 1 kg ou 5 plants | Art. 111 (2) | Perpétuité ou 20 ans |
| Achat, vente, remise à un tiers, intermédiaire | Art. 114 (1) | Perpétuité ou 20 ans |
| Idem au-delà de 1 kg ou 5 plants | Art. 114 (2) | Peine de mort, perpétuité ou 20 ans |
| Importation, exportation, production | Art. 610 (1), code pénal | 15 ans |
| Idem au-delà de 1 kg ou 5 plants | Art. 610 (2), code pénal | Peine de mort, perpétuité ou 20 ans |
Deux points méritent l’attention. D’abord, l’achat est puni comme la vente : l’article 114 vise celui qui achète, reçoit ou sert d’intermédiaire, pas seulement le dealer. Acheter un sachet dans la rue n’est donc pas un « simple usage » aux yeux de la loi. Ensuite, la frontière entre usager et trafiquant dépend largement de l’appréciation des policiers et des juges. Une circulaire de la Cour suprême (SEMA n° 4 de 2010) invite à orienter vers la réhabilitation les personnes arrêtées avec 5 grammes de cannabis au plus, mais son application reste inégale.
Sur la peine capitale, l’Indonésie n’a procédé à aucune exécution depuis 2016, mais les tribunaux continuent d’en prononcer, y compris contre des étrangers. Mi-2024, plus de la moitié des condamnés à mort du pays l’étaient pour des affaires de drogue.
Ce que risque un touriste à Bali
Les touristes sont jugés selon les mêmes textes que les Indonésiens, sans clémence particulière. L’ambassade peut vous rendre visite et vous aider à trouver un avocat, mais elle ne peut ni vous faire libérer ni intervenir dans la procédure.
Les situations qui mènent le plus souvent au tribunal de Denpasar :
- L’arrivée à l’aéroport Ngurah Rai : les bagages sont contrôlés par la douane, épaulée par l’agence nationale antidrogue (BNN). Un flacon d’huile de CBD, un reste d’herbe au fond d’une poche ou un colis confié par un inconnu suffisent à ouvrir une procédure pour importation.
- Le test urinaire : un test positif peut suffire à engager des poursuites pour usage, même sans produit sur soi. Le THC peut rester détectable plusieurs jours, voire plusieurs semaines chez un consommateur régulier (voir combien de temps le THC reste détectable).
- L’achat sur place : les propositions de rue à Kuta, Seminyak ou Canggu sont fréquentes, et il arrive que des vendeurs coopèrent avec la police pour faire arrêter leurs clients. Les autorités belges signalent aussi des cas de chantage et d’extorsion visant les consommateurs. Un « weed shop » balinais n’existe pas légalement.
- La culture : faire pousser quelques plants dans une villa relève de l’article 111 ; au-delà de 5 plants, la perpétuité est encourue.
Condamné à Bali, un étranger purge généralement sa peine à la prison de Kerobokan, près de Denpasar. Ailleurs dans l’archipel, des Français ont déjà payé très cher : Serge Atlaoui, arrêté en 2005 près de Jakarta dans une affaire d’ecstasy et condamné à mort en 2007, n’a été transféré en France qu’en février 2025, après près de vingt ans de détention.
Pensez enfin aux escales. Les vols vers Bali transitent souvent par Singapour, Kuala Lumpur ou Doha, où la législation est elle aussi très sévère : la Malaisie, par exemple, applique une tolérance zéro.

Aceh, Bali et cannabis médical : le contexte indonésien
Une plante ancienne, interdite depuis un siècle
Le cannabis, appelé ganja en indonésien, pousse depuis des siècles dans le nord de Sumatra, surtout dans la province d’Aceh. Les graines y parfumaient des plats locaux comme le curry de chèvre ou les nouilles acehnaises, et les feuilles se fumaient mêlées au tabac. L’interdiction remonte à l’époque coloniale : le décret néerlandais sur les stupéfiants de 1927, repris après l’indépendance, puis remplacé par les lois de 1976, 1997 et enfin 2009. Aceh reste considérée comme la principale région de culture du pays, et l’agence antidrogue y mène régulièrement des campagnes d’éradication.
Bali : des règles pour les touristes, aucune exception pour le cannabis
Bali vit du tourisme, mais n’a jamais assoupli la loi nationale. Le gouverneur a publié en mars 2025 de nouvelles directives de conduite pour les visiteurs étrangers, et chaque touriste international doit s’acquitter d’une taxe touristique de 150 000 roupies (moins de 10 euros).

Cannabis médical : la porte reste fermée
Des mères d’enfants atteints de paralysie cérébrale ont demandé à la Cour constitutionnelle d’autoriser le cannabis à des fins médicales. Le 20 juillet 2022, la Cour a rejeté leur recours, faute de données scientifiques suffisantes, tout en demandant au gouvernement et au Parlement de faire avancer la recherche. Depuis, aucune loi n’a ouvert d’accès médical à notre connaissance : en septembre 2026, le cannabis thérapeutique reste interdit, et le nouveau code pénal n’a rien changé sur ce point.
Indonésie ou France : ce qui change
| Indonésie (Bali comprise) | France | |
|---|---|---|
| Cannabis récréatif | Interdit, stupéfiant de catégorie I | Interdit |
| Usage simple | Jusqu’à 4 ans de prison | Amende forfaitaire de 500 € (loi du 18 août 2026) |
| CBD (fleurs, huiles) | Interdit, quel que soit le taux de THC | Légal à 0,3 % de THC maximum |
| Trafic de plus de 1 kg | Jusqu’à la peine de mort | Prison, pas de peine de mort |
Le contraste est total : en France, vous pouvez acheter légalement des fleurs de CBD à 0,3 % de THC maximum ; à Bali, le même sachet peut vous valoir une procédure pénale.
Questions fréquentes
Existe-t-il des weed shops ou des CBD shops à Bali ?
Non. Aucune boutique ne peut vendre légalement du cannabis ou du CBD à Bali. Les offres de rue ou en ligne sont illégales, et l’acheteur encourt les mêmes poursuites que le vendeur.
Peut-on emporter de l’huile de CBD en Indonésie avec une ordonnance ?
Non. Une ordonnance ou un certificat d’analyse étranger n’a aucune valeur : tout produit issu de la plante de cannabis est un stupéfiant de catégorie I en Indonésie.
Un touriste peut-il être condamné à mort pour du cannabis ?
Oui, en théorie, pour l’importation ou la vente de plus de 1 kg d’herbe ou 5 plants (5 grammes seulement pour une forme non végétale). Depuis 2026, le juge peut l’assortir d’une période probatoire de 10 ans ; aucune exécution n’a eu lieu depuis 2016.
Le cannabis médical est-il autorisé en Indonésie ?
Non. La Cour constitutionnelle a refusé de l’autoriser en juillet 2022 et aucune loi ne l’a légalisé depuis.
Le mot de la fin
Bali mérite le voyage pour ses rizières, ses temples et ses vagues. Partez sans aucun produit issu du chanvre, refusez les propositions sur place et gardez le CBD pour le retour en France, où il est légal.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.


