Deux Cannabis Cups d’affilée, en 1992 puis en 1993, pour une plante qui s’appelait encore autrement : c’est le point de départ de la Master Kush. Baptisée d’abord « High Rise », cette indica née à Amsterdam dans les années 1990 est restée trente ans au catalogue des banques néerlandaises, ce qui, dans un milieu où les modes passent en deux saisons, vaut toutes les médailles. Elle n’a rien de spectaculaire sur le papier : un THC autour de 18 à 22 %, une floraison de 7 à 9 semaines, un nez de terre, d’épices et de zeste d’agrume. Mais c’est exactement le profil de l’indica à l’ancienne que beaucoup de fiches modernes essaient d’imiter.
Mise à jour en octobre 2026, cette fiche revient sur ce que l’on sait vraiment de ses origines (les sources ne racontent pas tout à fait la même histoire), sur son profil aromatique, sur les effets que rapportent les consommateurs, sur ses graines et ses cousines de la famille Kush, sans oublier son statut légal en France. Même l’anecdote Snoop Dogg y a droit, avec les réserves d’usage.
L’essentiel en 30 secondes
• Génétique : indica dominante (environ 90 %), issue de la lignée du Hindu Kush, mise au point à Amsterdam dans les années 1990.
• THC : 18 à 22 % le plus souvent (15 à 24 % selon les sources), CBD inférieur à 1 %.
• Floraison : 7 à 9 semaines ; rendement indoor annoncé de 400 à 500 g/m².
• Arômes : terre humide, épices, pin, zeste de citron, fond de haschich.
• Palmarès : Cannabis Cup 1992 et 1993, puis Highlife Cup en 2017.
• Réputation : l’indica « vieille école » par excellence, citée comme la favorite de Snoop Dogg.
Fiche technique de la Master Kush
| Critère | Valeur |
|---|---|
| Nom | Master Kush (anciennement « High Rise ») |
| Origine | Amsterdam, années 1990, lignée du Hindu Kush |
| Génétique | Selon les versions : Hindu Kush × Hindu Kush (deux sélections) ou Hindu Kush × Skunk #1 |
| Dominance | Indica dominante, environ 90 % |
| Taux de THC | 18 à 22 % (fourchette large : 15 à 24 %) |
| Taux de CBD | Moins de 1 % |
| Terpènes dominants | Myrcène, caryophyllène, limonène, pinène |
| Floraison | 7 à 9 semaines (autour de 8 semaines pour la plupart des plants) |
| Rendement indoor | 400 à 500 g/m² annoncés |
| Rendement outdoor | 500 à 700 g/plant annoncés |
| Récolte extérieure | Octobre (hémisphère nord) |
| Taille | Compacte : 80 à 120 cm en intérieur, davantage dehors |
Master Kush : origine et génétique, de High Rise aux coffeeshops
La plupart des variétés ont un acte de naissance. La Master Kush en a plusieurs, qui ne se recoupent pas tout à fait. Ce qui est établi : la plante est apparue aux Pays-Bas dans les années 1990, au moment où Amsterdam importait massivement des landraces afghanes et pakistanaises pour en faire des indicas stables, et elle porte dans ses gènes le massif du Hindu Kush. Le reste dépend de la source que l’on ouvre.
Qui a créé la Master Kush ? Deux récits, une même lignée
Dans la version la plus répandue, la variété sort de la White Label Seed Company, la maison sœur de Sensi Seeds, sous le nom de travail High Rise, avant d’être rebaptisée Master Kush pour souligner la qualité de la sélection. Le croisement est alors décrit comme un Hindu Kush × Skunk #1 : la structure de la première, la stabilité et la densité de la seconde. C’est celui que l’on retrouve sur la plupart des sites d’information, et c’est celui qui s’est installé dans la mémoire des amateurs.
Dutch Passion, qui commercialise aujourd’hui la variété sous le nom déposé Master Kush®, raconte les choses autrement : la génétique aurait été trouvée au cours de sélections de Kush menées dans les années 1980, à l’époque où la banque travaillait surtout des Afghanes d’élite, et il s’agirait d’un F1 entre deux sélections différentes de Hindu Kush. Aucune de ces deux versions n’a été étayée par un test génétique publié. Retenons ce qui les réunit : une base afghano-pakistanaise très forte, croisée ou sélectionnée pour donner une plante courte, productive et facile à régulariser. Pour comprendre cet héritage, la fiche de la Hindu Kush et celle de sa voisine Afghani sont des passages obligés ; côté Skunk, la Super Skunk raconte comment la lignée a pris le dessus à Amsterdam.
Un palmarès Cannabis Cup en 1992 et 1993
Ce qui fait consensus, c’est le palmarès. La Master Kush est citée parmi les gagnantes des sixième et septième éditions de la Cannabis Cup, celles de 1992 et de 1993, un doublé rare dans un concours où la même variété revient très peu d’une année sur l’autre. Les sources ajoutent une Highlife Cup en 2017 dans la catégorie Kush. Pour situer l’époque, c’est aussi celle de la Northern Lights, l’autre grande indica néerlandaise des années 1990 : les deux variétés se partageaient alors les vitrines des coffeeshops.
Snoop Dogg et la réputation de la Master Kush
Impossible de parler de la Master Kush sans croiser Snoop Dogg. De nombreuses fiches présentent la variété comme sa favorite, et l’anecdote circule depuis des années. Nous n’avons pas retrouvé de déclaration primaire qui l’atteste noir sur blanc ; prenons-la pour ce qu’elle est, une légende de la culture hip-hop qui a beaucoup contribué à faire connaître le nom bien au-delà d’Amsterdam.
Goût et profil terpénique de la Master Kush
C’est un nez de montagne, pas un nez de dessert. À l’ouverture du pot, on reconnaît d’abord la terre humide, l’humus, ce côté sous-bois que les amateurs de Kush attendent. Viennent ensuite les épices, poivre et encens, avec un fond qui évoque le haschich traditionnel (le charas frotté à la main, que la variété rappelle volontiers). Puis, de façon assez inattendue, un zeste d’agrume, citron ou lime selon les lots, qui se révèle plutôt à l’expiration. Les descriptions s’accordent sur un point : le profil est discret en cours de culture et s’affirme après un bon affinage.
| Terpène | Arôme apporté | Place dans le profil |
|---|---|---|
| Myrcène | Terreux, musqué | Base de la Master Kush, note dominante |
| Caryophyllène | Poivre, bois, épices | La touche piquante et chaude |
| Limonène | Citron, lime | L’éclaircie citronnée en fin de bouche |
| Pinène | Pin, résine | Dimension boisée, en traces selon les lots |
Comme toujours, les pourcentages varient d’un lot à l’autre : la plante, le séchage et l’affinage pèsent autant que la génétique. Si l’on compare avec ses cousines, la Master Kush est plus ronde et plus citronnée que l’Afghani, plus brute, et moins franchement diesel que les OG américaines.
Effets de la Master Kush rapportés par les consommateurs
Les retours sur SeedFinder, Leafly et les forums francophones forment un tableau assez cohérent. L’effet démarre par une montée douce et plutôt cérébrale : humeur légère, esprit disponible, parfois un peu de bavardage ou d’idées. Au bout d’une demi-heure environ, le corps prend la main avec une détente musculaire marquée, que beaucoup décrivent comme lourde et enveloppante. C’est la signature de l’indica à l’ancienne, sans l’excitation de certaines hybrides modernes.
Ce qui revient le plus souvent dans les avis :
- un registre en deux temps, tête d’abord, corps ensuite ;
- un usage cité plutôt en soirée, quand on n’a rien de prévu ensuite ;
- à dose élevée, l’effet « canapé » bien connu des indicas, avec une somnolence rapportée en fin de séance ;
- l’envie de grignoter, classique avec le THC ;
- les inconvénients habituels : bouche sèche, yeux rouges, et chez les consommateurs sensibles ou débutants, des étourdissements, de l’anxiété ou une sédation plus forte que prévu.
Avec moins de 1 % de CBD, rien ne vient tempérer le THC. Ces ressentis sont individuels : ils dépendent de la dose, de la tolérance, du mode de consommation et du contexte. Et la variété reste un produit à ne pas associer à la conduite ni à l’alcool, comme tout produit contenant du THC.
Statut légal en France
La Master Kush telle qu’elle est cultivée pour son THC, entre 18 et 22 %, dépasse largement 0,3 % de Δ9-tétrahydrocannabinol : en France, elle relève donc du régime des stupéfiants. L’arrêté du 30 décembre 2021, validé sur ce point par la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022 (n° 444887), ne tolère à la vente que les fleurs et résines de Cannabis sativa L. sous le seuil de 0,3 % de THC total, quel que soit le nom de la variété. L’usage, la détention et la culture restent interdits aux particuliers, et les graines ne se vendent que comme objets de collection. Le cadre pénal est détaillé dans la fiche Δ9-THC : statut légal et risques pénaux. Pour retrouver des profils terreux et résineux dans le cadre autorisé, il existe des fleurs de CBD et des résines de CBD aux taux conformes.
À quoi ressemble un plant de Master Kush ?
La plante est un manuel d’indica de montagne. Elle reste courte et trapue, avec des entre-nœuds serrés, de larges feuilles vert foncé et une structure buissonnante très robuste. En intérieur, les banques parlent de 80 à 120 cm ; en extérieur, elle monte nettement plus haut selon le climat et le sol. Les têtes sont denses, lourdes, très résineuses, vert profond, striées de pistils orange, d’où sa réputation de variété à hash : la quantité de trichomes annonce un bon potentiel pour la résine et le kief.
Autre atout souvent cité : sa robustesse. Héritière de landraces de montagne, elle est décrite comme tolérante aux écarts de conditions et au stress, ce qui explique en partie sa longévité commerciale. Son point faible est le revers de la densité : des têtes compactes retiennent l’humidité, et la plante n’aime pas les automnes pluvieux.
Floraison et rendement : les données publiées
Synthèse informative des données des banques de graines et des cultivateurs des pays où la culture est autorisée. En France, la culture de cannabis contenant du THC reste interdite aux particuliers.
La floraison est l’un de ses atouts : 7 à 9 semaines en intérieur, autour de huit pour la majorité des plants, et jusqu’à 60-65 jours pour les phénotypes les plus grands. C’est un cycle court pour une indica, et c’est ce qui la rend aussi adaptée aux climats tempérés. En extérieur, elle supporte mal l’humidité mais apprécie les étés chauds et secs, avec une récolte annoncée en octobre dans l’hémisphère nord.
Côté rendement, les chiffres des banques sont plutôt généreux pour une plante de cette taille :
- Indoor : 400 à 500 g/m² dans de bonnes conditions ;
- Outdoor : 500 à 700 g/plant annoncés, selon la saison et le terrain ;
- Serre : des valeurs proches de l’indoor, avec l’avantage de la lumière naturelle.
Comme toujours, ces valeurs viennent des fiches breeders, optimistes par nature : les résultats réels dépendent beaucoup des phénotypes et des conditions.
Graines de Master Kush et cousines de la famille Kush
Il existe des graines de Master Kush féminisées, proposées notamment par Dutch Passion sous le nom déposé de la variété, en version photopériodique. La version de référence est photopériodique : elle fleurit selon la lumière, avec le cycle court décrit plus haut. Méfiez-vous des fiches qui promettent « la » Master Kush d’origine : ce que l’on achète est la sélection actuelle d’un breeder, pas la plante de 1992. Les graines de cannabis se vendent en France comme objets de collection.
Pour situer la Master Kush dans la famille, trois repères :
- la Hindu Kush et l’Afghani, les ancêtres : plus brutes, plus terreuses, avec un THC un peu plus bas ;
- la Northern Lights, sa contemporaine néerlandaise, dont la structure et la résine viennent aussi de l’Afghanistan ;
- côté californien, la Kosher Kush et la Tahoe OG Kush, des Kush de la branche OG, plus puissantes et plus carburées.
Le mot « Kush » désigne finalement deux familles : les Kush « classiques » néerlandaises comme la Master Kush, héritières directes des montagnes afghanes, et les Kush américaines nées de l’OG, qui sont d’une autre sensibilité. La Master Kush figure parmi les piliers de la première.

Pack Découverte CBD Français Bio
Trois fleurs CBD cultivées en France, bio, moins de 0,3 % de THC. Pour retrouver des profils terreux et résineux dans le cadre autorisé.
Contenu informatif. En France, le cannabis contenant du THC est un stupéfiant et sa culture est interdite aux particuliers ; les graines sont vendues comme objets de collection.


