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cannabis Corée du Sud

Cannabis en Corée du Sud : loi, usage, peines et législation 2026

Non, le cannabis n’est pas légal en Corée du Sud, et le CBD non plus. La loi sur le contrôle des stupéfiants, le Narcotics Control Act, range dans la catégorie « cannabis » la plante, sa résine et tous les produits fabriqués à partir d’elle, huiles et fleurs au CBD comprises. Fumer ou détenir est puni de jusqu’à 5 ans de prison ou 50 millions de wons d’amende. Faire entrer du cannabis dans le pays expose à 5 ans de prison au minimum, et jusqu’à la perpétuité.

Rien ne s’est assoupli en 2026 : la loi a encore été modifiée le 26 mai 2026, pour renforcer les moyens d’enquête, sans toucher aux peines visant le cannabis. La seule ouverture concerne le cannabis médical, légalisé fin 2018, mais limité à quelques médicaments importés et délivrés patient par patient. Des députés veulent aller plus loin sur le CBD pharmaceutique, sans qu’aucun texte n’ait été adopté à ce jour.

Tu pars à Séoul, Busan ou sur l’île de Jeju ? Voici ce que dit exactement la loi, le barème des peines, le cas du CBD que tu achètes légalement en France, ce que risque un touriste et ce qui change par rapport à la législation française.

L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis : interdit à la consommation, à la détention, à la culture et à la vente.
• CBD : interdit, car tout produit tiré des fleurs ou de la résine est juridiquement du cannabis.
• Touriste : jusqu’à 5 ans de prison pour l’usage, 5 ans minimum pour une importation, et expulsion possible.
• À savoir : la loi coréenne suit ses ressortissants même à l’étranger, là où le cannabis est légal.

Que dit la loi en Corée du Sud en 2026 ?

Le texte de référence est la loi sur le contrôle des stupéfiants (마약류 관리에 관한 법률, souvent traduite Narcotics Control Act). Elle regroupe depuis 2000 les stupéfiants, les psychotropes et le cannabis, qui relevait auparavant d’une loi spécifique de 1976. Sa dernière modification a été promulguée le 26 mai 2026 : loin d’assouplir quoi que ce soit, elle renforce les moyens d’enquête (policiers infiltrés, y compris en ligne) et le classement temporaire des nouvelles drogues, pour l’essentiel à partir de mai 2027. Les peines visant le cannabis restent inchangées.

L’article 2 définit le cannabis (daema) de façon très large :

  • la plante Cannabis sativa L. et sa résine ;
  • tous les produits fabriqués à partir de la plante ou de la résine ;
  • les molécules de synthèse identiques, désignées par décret ;
  • tout mélange qui en contient.

Seules échappent à cette définition les graines, les racines et les tiges mûres, ainsi que les produits qui en sont tirés (fibres, huile de graines). La loi (articles 3 et 4) interdit ensuite à quiconque de consommer, détenir, cultiver, transporter, vendre, importer ou exporter du cannabis, sauf autorisation du ministère de la Sécurité alimentaire et pharmaceutique (MFDS) à des fins officielles, de recherche ou médicales. Fumer ou ingérer les enveloppes des graines est aussi expressément interdit.

Il n’existe ni seuil de tolérance, ni amende forfaitaire, ni distinction selon le taux de THC. La moindre quantité suffit à déclencher des poursuites pénales.

cannabis en Corée du Sud2
Cannabis en Corée du Sud

Prison et amendes : le barème de la loi

Les peines figurent aux articles 58 à 61 de la loi. Elles montent très vite dès que l’on quitte l’usage personnel :

Infraction Peine prévue par la loi
Consommer, détenir, cultiver, transporter ou conserver du cannabis Jusqu’à 5 ans de prison ou jusqu’à 50 millions de wons d’amende (art. 61)
Mêmes faits commis de façon habituelle Peine maximale augmentée de moitié (art. 61)
Fabriquer ou vendre du cannabis, ou le détenir pour le vendre 1 an de prison minimum, jusqu’à 30 ans, plafond fixé par le Code pénal (art. 59)
Importer ou exporter du cannabis 5 ans minimum à la perpétuité (art. 58)
Importer ou exporter dans un but lucratif ou de façon habituelle 10 ans minimum, perpétuité ou peine de mort (art. 58)

50 millions de wons représentent de l’ordre de 30 000 €. Pour l’usage et la détention, le texte laisse aux juges le choix entre prison et amende. Retiens surtout la ligne sur l’importation : franchir la frontière avec du cannabis, même une petite quantité, relève du même article que le trafic international.

Et le CBD en Corée du Sud ?

Le CBD est interdit. Il n’est pas cité par son nom dans la loi, mais il n’en a pas besoin : une huile, une fleur, une résine ou une recharge de vape au CBD sont des « produits fabriqués à partir de la plante », donc du cannabis au sens juridique. Le taux de THC n’entre pas en ligne de compte.

Concrètement :

  • tu ne trouveras aucune boutique CBD légale sur place, ni en ligne ni en magasin ;
  • faire entrer un produit au CBD, même acheté légalement en France, revient sur le papier à importer du cannabis (article 58) ;
  • le seul CBD autorisé est médicamenteux, sur prescription et autorisation préalable (voir plus bas) ;
  • les produits tirés des graines (huile de chanvre alimentaire, par exemple) échappent à la définition, mais l’huile de graines n’est pas un produit au CBD.

En France, la règle est tout autre : le CBD est légal si le produit contient 0,3 % de THC au maximum. Notre guide de la loi CBD en France détaille ce qui est autorisé. Le bon réflexe est donc simple : ton CBD reste en France.

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Ce que risque un touriste

La loi s’applique à tout le monde, Coréens comme étrangers. Les conseils officiels aux voyageurs sont unanimes :

  • le Royaume-Uni rappelle que de longues peines de prison s’appliquent même pour de petites quantités destinées à un usage personnel, et que des ressortissants britanniques ont été placés en détention sur la seule base d’un test de dépistage ;
  • le Canada précise qu’une consommation de petites quantités, même dans un lieu privé, peut entraîner une détention provisoire, que la police peut confisquer le passeport pendant l’enquête et que les condamnés s’exposent à l’expulsion.

Le point le plus piégeux concerne le dépistage : un usage légal dans un autre pays avant ton arrivée peut encore être détectable plusieurs jours après. Notre article sur la durée de détection du THC explique ces délais. Pour les règles aériennes et douanières en général, consulte aussi notre guide pour voyager en avion avec du CBD : pour la Corée du Sud, la réponse est de ne rien emporter.

Même prudence pour tes médicaments : selon le Canada, introduire des stupéfiants ou des psychotropes, même sur ordonnance, exige un permis d’importation demandé en ligne avant l’arrivée. Un traitement courant en France peut être classé autrement à Séoul.

Les Coréens poursuivis même à l’étranger

C’est un point que beaucoup de voyageurs ignorent. L’article 3 du Code pénal coréen dispose que la loi pénale s’applique aux ressortissants coréens pour les infractions commises hors du territoire, sans exiger que les faits soient aussi punis dans le pays où ils ont eu lieu. Un Coréen qui fume un joint à Amsterdam, Toronto ou Bangkok peut donc être poursuivi à son retour, comme s’il l’avait fait à Séoul.

Les autorités le rappellent régulièrement : les douanes coréennes l’ont fait publiquement à l’été 2018, avant la légalisation du cannabis récréatif au Canada, et l’ambassade de Corée au Canada l’a répété la veille de son entrée en vigueur. Si tu voyages avec des amis ou un conjoint coréens, garde en tête qu’un usage légal pour toi à l’étranger ne l’est pas pour eux.

Cannabis médical : une porte entrouverte

Le 23 novembre 2018, l’Assemblée nationale a voté une réforme qui a fait de la Corée du Sud le premier pays d’Asie de l’Est à autoriser le cannabis médical. Elle est entrée en vigueur le 12 mars 2019. Le cadre reste très étroit :

  1. seuls quelques médicaments déjà autorisés à l’étranger sont concernés, comme l’Epidiolex (CBD pharmaceutique), le Sativex ou le Marinol ;
  2. le patient doit souffrir d’une maladie rare ou incurable, en échec des traitements classiques, et présenter une prescription médicale ;
  3. il faut l’autorisation du MFDS, au cas par cas, et le médicament est fourni par le centre public des médicaments orphelins et essentiels (KOEDC) ;
  4. la plante, les fleurs et les extraits artisanaux restent interdits.

Selon la presse spécialisée (septembre 2026), qui cite le KOEDC, l’Epidiolex a dépassé en moyenne 300 prescriptions par mois au premier trimestre 2026, et les moins de 18 ans représentent 67 % des patients. Deux propositions de révision de la loi, déposées par des députés en mars 2026, proposent de reclasser le CBD et d’autoriser la culture de matières premières médicales. Elles sont à l’examen, pas adoptées. Depuis 2020, la région d’Andong, dans le Gyeongsang du Nord, accueille une zone spéciale où le chanvre est cultivé sous licence et sous surveillance pour la recherche et l’industrie pharmaceutique.

cannabis en Corée du Sud
Cannabis en Corée du Sud

Du chanvre traditionnel à la tolérance zéro

Le chanvre fait partie de l’histoire coréenne. On en tirait le sambe, une toile de chanvre traditionnelle, et la plante était cultivée dans toutes les provinces dans les années 1930, puis encore sur environ 9 000 hectares à la fin des années 1950.

Le basculement date des années 1970. L’usage récréatif progresse autour des bases militaires américaines, et le régime de l’époque réagit durement : à l’hiver 1975, plus de 50 artistes sont arrêtés, dont le rockeur Shin Jung-hyeon, l’une des figures du rock coréen. La loi de 1976 sur le contrôle du cannabis installe l’interdiction totale, reprise en 2000 dans la loi actuelle.

Corée du Sud ou France : ce qui change

Point Corée du Sud France
Cannabis récréatif Interdit Interdit
Usage simple Jusqu’à 5 ans de prison ou 50 millions de wons Amende forfaitaire de 500 € possible (400 € minorée, 1 000 € majorée)
Importation 5 ans minimum, jusqu’à la perpétuité Délit de trafic, puni de lourdes peines de prison
CBD (fleurs, huiles, résines) Interdit, quel que soit le taux de THC Légal à 0,3 % de THC maximum
Usage à l’étranger, là où c’est légal Poursuivable pour les ressortissants coréens En principe non poursuivable si les faits sont légaux dans le pays (art. 113-6 du Code pénal)

Le mot de la fin

La Corée du Sud se visite très bien sans cannabis ni CBD, et c’est la seule option raisonnable : la loi ne fait aucune différence entre une fleur au CBD et de l’herbe classique. Profite des palais de Séoul, des marchés de Busan et des volcans de Jeju, et garde tes produits CBD pour ton retour en France.

Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifie-les avant chaque départ.

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