Non, le cannabis n’est pas légal en Chine, et le CBD ne l’est pas davantage pour le consommateur. La loi antidrogue et le Code pénal chinois rangent le cannabis (dàmá, 大麻) parmi les drogues, au même titre que l’héroïne ou la méthamphétamine. Fumer ou détenir une petite quantité expose à jusqu’à 15 jours de détention et 3 000 yuans d’amende, selon la loi sur les sanctions de sécurité publique révisée, en vigueur depuis le 1er janvier 2026. Le trafic, lui, est un crime quelle que soit la quantité, puni de mort dans les cas les plus graves.
Rien ne s’assouplit, bien au contraire. En août 2024, le cannabidiol a été placé sous le régime de contrôle des précurseurs chimiques, après avoir été interdit dans les cosmétiques en 2021. Hong Kong va plus loin encore : depuis le 1er février 2023, le CBD y est une drogue dangereuse, passible de jusqu’à 7 ans de prison pour une simple détention.
Le paradoxe : la Chine compte parmi les grands producteurs mondiaux de chanvre industriel. Voici ce que dit la loi en 2026, le barème des peines, le cas du CBD à Shanghai et à Hong Kong, et ce que risque un voyageur.
L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis : interdit à l’usage, à la détention, à la culture et à la vente, sans aucune tolérance.
• CBD : aucun produit au CBD autorisé pour le grand public ; interdit dans les cosmétiques et contrôlé comme précurseur chimique depuis 2024 ; seule la filière industrielle sous licence existe.
• Voyageur : jusqu’à 15 jours de détention pour un usage, expulsion possible, et un test positif suffit, même si vous avez consommé avant d’arriver.
• Hong Kong : le CBD y est classé drogue dangereuse depuis 2023, jusqu’à 7 ans de prison.
Que dit la loi en Chine en 2026 ?
Trois textes encadrent le cannabis en Chine continentale :
- la loi antidrogue (Jìndú fǎ, 禁毒法), adoptée le 29 décembre 2007 et en vigueur depuis le 1er juin 2008, qui cite le cannabis dans sa définition des drogues et interdit toute culture non autorisée de la plante ;
- le Code pénal, dont les articles 347 à 357 punissent le trafic, la détention de quantités importantes et la culture ;
- la loi sur les sanctions administratives de sécurité publique (治安管理处罚法), entièrement révisée le 27 juin 2025 et applicable depuis le 1er janvier 2026, qui réprime l’usage et la petite détention.
La Chine ne fait aucune différence entre drogues douces et drogues dures : ni seuil de tolérance, ni usage médical de la plante. Seuls le chanvre industriel cultivé sous licence et les graines, inscrites dans la pharmacopée traditionnelle, échappent à l’interdiction.
La révision de 2025 n’a rien assoupli : elle a relevé l’amende maximale pour usage de 2 000 à 3 000 yuans et permet d’interdire au consommateur, pendant 6 mois à 1 an, l’accès aux lieux de divertissement (bars, karaokés, clubs).
Détention, prison, peine de mort : le barème
La frontière entre sanction administrative et crime dépend de l’acte et de la quantité. Les seuils propres au cannabis ont été fixés par une interprétation de la Cour populaire suprême en vigueur depuis le 11 avril 2016, et le poids retenu ne tient pas compte de la pureté.
| Infraction | Peine prévue |
|---|---|
| Consommer du cannabis, en détenir une petite quantité ou en fournir à quelqu’un | 10 à 15 jours de détention, jusqu’à 3 000 yuans d’amende ; au plus 5 jours ou 1 000 yuans si les faits sont mineurs (loi de 2025, art. 84) |
| Cultiver quelques plants | 10 à 15 jours de détention, jusqu’à 5 000 yuans d’amende (art. 83) |
| Détenir 2 kg de résine ou 30 kg d’herbe et plus | Jusqu’à 3 ans de prison, 3 à 7 ans si les faits sont graves ; 7 ans minimum à partir de 10 kg de résine ou 150 kg d’herbe (Code pénal, art. 348) |
| Vendre, transporter, fabriquer ou faire passer la frontière, même quelques grammes | Jusqu’à 3 ans de prison et amende, 3 à 7 ans si les faits sont graves (art. 347) |
| Même trafic à partir de 2 kg de résine, 1 kg d’huile ou 30 kg d’herbe | 7 ans de prison minimum (art. 347) |
| Même trafic à partir de 10 kg de résine, 5 kg d’huile ou 150 kg d’herbe | 15 ans, perpétuité ou peine de mort, avec confiscation des biens (art. 347) |
| Culture de 5 000 plants et plus | Jusqu’à 5 ans de prison, plus de 5 ans à partir de 30 000 plants (art. 351) |
3 000 yuans représentent un peu moins de 400 €. S’y ajoute un volet sanitaire : la loi antidrogue permet d’imposer aux personnes jugées dépendantes un sevrage obligatoire en centre fermé, d’une durée de 2 ans, prolongeable d’un an.
L’affaire la plus connue reste celle de Jaycee Chan, fils de Jackie Chan, arrêté à Pékin en août 2014 : la police avait trouvé plus de 100 grammes de cannabis chez lui. Il a été condamné en janvier 2015 à 6 mois de prison et 2 000 yuans d’amende, non pour sa consommation, mais pour avoir hébergé d’autres consommateurs, un délit à part entière dans le Code pénal chinois (art. 354).

Et le CBD en Chine ?
Le CBD n’est pas classé comme stupéfiant en Chine continentale, mais il est verrouillé à chaque étape de la chaîne :
- cosmétiques : le cannabidiol figure depuis 2021 dans le catalogue des ingrédients interdits en cosmétique ; l’extrait de feuille, le fruit et l’huile de graine de chanvre ont été rangés à leur tour parmi les ingrédients prohibés par le catalogue 2025, applicable depuis le 23 juin 2025 ;
- alimentation : seule la graine de chanvre (huǒmárén, 火麻仁) a un statut alimentaire, comme ingrédient à la fois aliment et remède traditionnel ; nous n’avons trouvé aucune autorisation pour une huile, une boisson ou une gomme au CBD destinée au marché chinois ;
- précurseurs chimiques : par une annonce du 25 août 2024, six administrations, dont le ministère de la Sécurité publique et l’agence du médicament, ont soumis le cannabidiol au régime des précurseurs chimiques non pharmaceutiques : sa production, son commerce, son achat, son transport, son importation et son exportation doivent désormais respecter la réglementation propre à ces substances ;
- production : la culture et la transformation du chanvre industriel sont limitées à deux provinces, sous licence, et la filière est tournée vers l’export.
Peut-on acheter du CBD à Shanghai ou à Pékin ?
Non. Shanghai, Pékin, Canton ou Shenzhen appliquent les mêmes règles nationales : il n’existe aucune boutique de CBD légale pour les consommateurs, et un produit vendu sous le manteau n’offre aucune garantie sur son taux de THC. Or une huile ou une fleur contenant du THC, même en faible quantité, risque d’être traitée comme du cannabis, donc comme une drogue.
Le contraste avec la France est total : chez nous, le CBD est légal si le produit contient 0,3 % de THC au maximum, fleurs comprises, comme le détaille notre guide de la loi CBD en France. Le bon réflexe : laisser vos produits CBD en France.

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Ce que risque un touriste
La loi s’applique aux étrangers comme aux Chinois, avec une sanction de plus : l’étranger sanctionné peut recevoir un ordre de quitter le territoire ou être expulsé (art. 10 de la loi sur la sécurité publique). Trois points piègent les voyageurs :
- Les tests de dépistage. La police procède à des tests aléatoires d’urine ou de cheveux, et mène parfois des opérations dans les bars et les boîtes de nuit. Le gouvernement du Canada prévient qu’en cas de test positif, les autorités peuvent poursuivre sans égard au moment et à l’endroit où la drogue a été consommée. Une consommation légale au Canada, avant le départ, peut donc suffire. Notre article sur la durée de détection du THC explique combien de temps ces traces persistent.
- Le passage de la frontière. Faire entrer du cannabis en Chine relève du trafic de drogue (article 347), quelle que soit la quantité. Un produit au CBD contenant des traces de THC peut être traité de la même façon, et le CBD lui-même relève désormais du régime des précurseurs. Pour les règles aériennes en général, voyez notre guide pour voyager en avion avec du CBD : pour la Chine, la seule réponse raisonnable est de ne rien emporter.
- La procédure. La détention administrative est décidée par la police, sans procès. Jaycee Chan, lui, a attendu 148 jours en détention avant d’être jugé.
Le Canada rappelle enfin que la Chine applique la peine de mort, parfois de façon arbitraire, pour des crimes violents comme non violents, et que les infractions liées à la drogue en font partie. Pour un voyageur de passage, le risque concret est surtout la détention et l’expulsion, mais aucune quantité n’est « sans risque ».
Hong Kong : le CBD classé drogue dangereuse
Hong Kong garde son propre droit, et il est encore plus strict sur ce point. Depuis le 1er février 2023, le CBD est inscrit dans l’ordonnance sur les drogues dangereuses (Dangerous Drugs Ordinance), au même rang que le cannabis. Les autorités avaient invité les détenteurs de produits au CBD à s’en débarrasser avant cette date.
- Détenir ou consommer du CBD : jusqu’à 7 ans de prison et 1 million de dollars de Hong Kong d’amende (de l’ordre de 110 000 €).
- Vendre, importer ou exporter du CBD : jusqu’à la prison à vie et 5 millions de dollars de Hong Kong d’amende.
Autrement dit, une huile de CBD achetée légalement en France devient, à l’aéroport de Hong Kong, une importation de drogue dangereuse.
Le grand paradoxe du chanvre chinois
Le chanvre (má, 麻) accompagne la Chine depuis des millénaires : ses fibres ont servi aux vêtements, aux cordes et aux premiers papiers, et la tradition attribue au médecin Hua Tuo (IIe-IIIe siècle) le máfèisǎn, un anesthésiant dont la composition reste débattue. Le traumatisme des guerres de l’opium, puis les grandes campagnes antidrogue des années 1950, ont ensuite fait de toute drogue un fléau à éradiquer.
Aujourd’hui, le pays joue sur deux tableaux :
- la culture du chanvre industriel, défini par les règlements provinciaux comme une variété à moins de 0,3 % de THC, est autorisée sous licence dans deux provinces, le Yunnan et le Heilongjiang ;
- la Chine compte parmi les principaux producteurs et exportateurs mondiaux de chanvre, pour le textile, les matériaux et l’extraction de CBD vendu à l’étranger ;
- le marché intérieur reste fermé au consommateur : les réformes récentes (2021, 2024, 2025) ont resserré l’étau.
Aucune légalisation, même médicale, n’est annoncée en 2026.
Chine ou France : ce qui change
| Point | Chine continentale | France |
|---|---|---|
| Cannabis récréatif | Interdit | Interdit |
| Usage simple | 10 à 15 jours de détention, jusqu’à 3 000 yuans ; sevrage obligatoire possible | Amende forfaitaire de 500 € possible (400 € minorée, 1 000 € majorée) |
| Trafic | Poursuivi quelle que soit la quantité ; peine de mort possible au-delà des seuils | Lourdes peines de prison, pas de peine de mort |
| CBD (fleurs, huiles, résines) | Aucune vente légale aux particuliers ; contrôlé comme précurseur depuis 2024 | Légal à 0,3 % de THC maximum |
| Cosmétiques au CBD | Interdits depuis 2021 | Autorisés |
Le mot de la fin
La Chine se visite très bien sans cannabis ni CBD, et c’est la seule option raisonnable : la moindre trace de THC y fait de vous un contrevenant, et Hong Kong punit le CBD lui-même comme une drogue dangereuse. Profitez de Pékin, de Shanghai ou du Yunnan l’esprit tranquille, et gardez vos produits CBD pour votre retour en France.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.


