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Cannabis à Monaco : loi, usage, amendes et peines 2026

Non. À Monaco, le cannabis est totalement interdit : consommation, détention, culture, vente et importation relèvent du tribunal correctionnel. Et contrairement à la France, la Principauté ne fait aucune exception pour le CBD : il y est classé parmi les stupéfiants, même sous 0,3 % de THC. Une fleur ou une huile achetée légalement à Nice devient illicite dès que vous passez la frontière.

Le texte de référence est ancien, la loi n° 890 du 1er juillet 1970 relative aux stupéfiants, mais il est appliqué sans relâche. Dans les affaires relatées par la presse locale, même pour 2 ou 3 grammes, l’usager comparaît devant le tribunal correctionnel : on n’y trouve pas d’équivalent de l’amende forfaitaire française.

Pour un touriste ou un frontalier, le risque est bien réel : les jugements récents vont de l’amende (500 € pour 2,5 g de résine) à la prison ferme, avec parfois une interdiction de séjour de 5 ans. Voici la loi en septembre 2026, les peines réellement prononcées et les différences avec la France.

L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis : interdit sous toutes ses formes (loi n° 890 du 1er juillet 1970), usage personnel compris, sans dépénalisation.
• CBD : classé stupéfiant à Monaco, quel que soit le taux de THC ; fleurs, huiles, sprays et tisanes sont interdits.
• Touriste : passage devant le tribunal correctionnel, amende, sursis, parfois prison ferme et interdiction de séjour.
• Particularité : le CBD acheté légalement en France ou en Italie devient illégal dès l’entrée dans la Principauté.

Que dit la loi à Monaco en 2026 ?

La Principauté applique la loi n° 890 du 1er juillet 1970 relative aux stupéfiants. Elle vise le cannabis, sa résine et leurs dérivés, au même titre que la cocaïne. Un arrêté ministériel, cité par le parquet à l’audience du 22 avril 2025, précise que l’interdiction couvre tous les dérivés de la plante, CBD compris.

Concrètement, la loi monégasque interdit :

  • l’usage, y compris à domicile et en petite quantité ;
  • la détention, même d’un seul joint ou de quelques grammes de résine ;
  • la culture, même d’un plant sur un balcon ;
  • l’achat, la vente et la cession, y compris le partage entre amis ;
  • le transport et l’importation, même depuis la France voisine.

Il n’existe ni dépénalisation, ni seuil de tolérance. Le tribunal correctionnel peut prononcer une amende, de la prison avec ou sans sursis, une obligation de soins, la confiscation et, pour les non-résidents, une interdiction de séjour.

La répression ne faiblit pas : selon la Sûreté publique, les infractions liées aux stupéfiants sont passées de 132 en 2023 à 166 en 2024, sur à peine 2 km². Nous n’avons trouvé aucun projet d’assouplissement de la loi de 1970 en 2026 ; la seule évolution récente est un durcissement, sur la route.

le cannabis à Monaco
le cannabis à Monaco

Et le CBD à Monaco ? Interdit, lui aussi

En France, le CBD est légal quand le produit contient 0,3 % de THC maximum, fleurs comprises depuis la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022 (le détail est dans notre guide de la loi CBD en France). À Monaco, ce seuil ne protège de rien.

Lors d’une audience du 22 avril 2025, le procureur a rappelé que la législation monégasque classe le CBD parmi les stupéfiants : un arrêté ministériel interdit la plante de cannabis, sa résine et tous leurs dérivés, qu’il s’agisse d’un spray, d’une huile, d’une tisane ou d’une pommade, même à faible teneur en THC. Le prévenu, un retraité au casier vierge, a dit qu’il pensait être dans son droit : son spray au CBD a été confisqué avec son cannabis.

En juillet 2025, le tribunal a rappelé la même règle à une résidente qui achetait son CBD en Italie. Conséquences :

  • aucune boutique de CBD ne peut exercer légalement dans la Principauté ;
  • un produit acheté à Nice ou à Menton devient illicite une fois à Monaco ;
  • huile, baume ou tisane : aucune tolérance « bien-être ».

Le HHC, le H4-CBD et le THCP ne sont pas des alternatives : ils sont stupéfiants en France depuis le 13 juin 2023 (HHC) et le 3 juin 2024 (H4-CBD, THCP), et rien ne permet de les croire tolérés dans un pays qui interdit déjà le CBD. Le Delta-9 THC, principe actif du cannabis, est évidemment interdit à Monaco comme le reste.

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Les peines réellement prononcées à Monaco

La loi de 1970 punit l’usage d’amende ou de prison, et le trafic bien plus lourdement. Voici ce que le tribunal correctionnel a prononcé dans des affaires d’usage ou de détention de cannabis, d’après la presse monégasque :

Audience Faits Peine prononcée
Janvier 2023 Un Français d’une trentaine d’années, un peu plus de 2 g, fume sur le port ; casier chargé 5 jours de prison ferme
Mars 2023 Un résident, 90 g à son domicile après une plainte pour l’odeur 10 mois avec sursis, obligation de soins et de travail
Décembre 2023 Un Français de 25 ans, 2,5 g de résine près de la place du Casino 500 € d’amende pour détention, produit détruit (relaxé pour l’importation)
Février 2025 Un jeune Français né en 2002, 3 g de résine lors d’un contrôle routier ; déjà sous sursis probatoire 8 jours avec sursis, 1 000 € et interdiction de séjour de 5 ans
Avril 2025 Un retraité monégasque, environ 15 g de cannabis et un spray au CBD 1 mois avec sursis, soins pendant 2 ans, confiscation
Juillet 2025 Une résidente malade, plus de 30 g, usage contre la douleur (poursuivie aussi pour cocaïne) Déclarée coupable, dispensée de peine
Octobre 2025 Un jeune couple, gâteaux au cannabis faits maison 1 500 € d’amende avec sursis

Trois constats : la quantité ne protège pas (2 ou 3 grammes suffisent), le casier judiciaire, français compris, pèse lourd, et le tribunal peut prononcer une interdiction de séjour contre un non-résident, redoutable quand on travaille à Monaco.

Ce que risque un touriste ou un frontalier

La loi s’applique aux visiteurs et aux frontaliers exactement comme aux résidents.

L’importation, un piège pour les Français

On entre à Monaco sans poste-frontière, et une convention douanière de 1963 y applique la réglementation douanière française. Cela ne change rien au droit pénal monégasque : en décembre 2023, un jeune homme interpellé avec 2,5 g près du Casino a été poursuivi pour détention et importation (relaxé sur l’importation, condamné pour la détention). Ce qui est légal à Menton, votre CBD compris, ne l’est plus quelques rues plus loin.

Au volant, des peines alourdies

Votée par le Conseil national le 6 novembre 2025, la loi n° 1.582 du 14 novembre 2025 sur la sécurité routière porte la peine maximale pour conduite sous stupéfiants de 6 mois à 2 ans de prison et permet des dépistages aléatoires, sans accident ni signe d’ivresse. Or le THC reste détectable plusieurs jours après la consommation (voir la durée de détection du THC).

Grand Prix, yachts, Casino : aucune exception

Les soirées du Grand Prix, les yachts du port Hercule ou le Casino ne créent aucune zone de tolérance : deux des affaires du tableau ont justement commencé sur le port et près de la place du Casino.

En avion, via Nice

Monaco n’a pas d’aéroport : on arrive le plus souvent par Nice-Côte d’Azur, sous le régime français, où le CBD conforme reste légal (règles détaillées dans notre guide pour voyager en avion avec du CBD). Pour Monaco même, une seule règle : n’emportez aucun produit au CBD ni aucun dérivé du cannabis.

Cannabis médical : pas d’exception pour les malades à Monaco

Nous n’avons trouvé aucun programme de cannabis médical à Monaco, et les juges ne reconnaissent pas l’automédication. En juillet 2025, une résidente atteinte de polyarthrite rhumatoïde, qui disait remplacer une partie de ses médicaments par le cannabis, a été déclarée coupable ; les juges l’ont dispensée de peine par empathie, sans valider cet usage. Si vous suivez un traitement à base de cannabinoïdes, parlez-en à votre médecin avant le séjour : nous ne connaissons aucune procédure d’autorisation pour les voyageurs.

Monaco ou France : ce qui change

Situation Monaco France
Fleur ou résine de CBD (0,3 % de THC max.) Interdite, classée stupéfiant Légale (Conseil d’État, 29 décembre 2022)
Huile, tisane, baume au CBD Interdits Baumes et cosmétiques légaux si conformes ; aliments au CBD, tisanes comprises, retirés de la vente depuis le 15 mai 2026
Usage de cannabis Tribunal correctionnel, amende, sursis, parfois prison ferme Délit ; amende forfaitaire de 500 € (loi du 18 août 2026)
Conduite après usage Jusqu’à 2 ans de prison (loi n° 1.582 du 14 novembre 2025) 3 ans et 9 000 € (loi du 9 juillet 2025)
HHC, H4-CBD, THCP Aucune autorisation connue ; le CBD lui-même est interdit Stupéfiants depuis 2023 et 2024

Questions fréquentes

Peut-on acheter du CBD à Monaco ?

Non. Le CBD est classé parmi les stupéfiants par un arrêté ministériel monégasque, quelle que soit sa teneur en THC. Aucune boutique ne peut en vendre légalement dans la Principauté.

Puis-je entrer à Monaco avec du CBD acheté légalement en France ?

Non. Un produit légal à Nice ou à Menton devient illicite dès l’entrée à Monaco, et les tribunaux le confisquent comme n’importe quel stupéfiant. Laissez-le chez vous.

Le mot de la fin

À quelques kilomètres de Nice, Monaco traite le CBD comme un stupéfiant. Profitez du Rocher les mains vides, et retrouvez notre CBD bio français, légal en France, une fois rentré.

Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.

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