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Cannabis à Malte : loi, tolérance, usage et amendes 2026

Oui, mais sous conditions strictes. Depuis le 18 décembre 2021, Malte est le premier pays de l’Union européenne à avoir légalisé l’usage adulte du cannabis. Un majeur peut y détenir jusqu’à 7 grammes sans commettre d’infraction, cultiver 4 plants par foyer et garder 50 grammes séchés chez lui. En revanche, il n’existe aucune boutique : le seul circuit légal passe par des associations à but non lucratif réservées aux résidents maltais.

Pour un touriste, la nuance change tout. Tu ne peux pas t’inscrire dans un club, fumer dans un lieu public coûte 235 €, et faire entrer du cannabis sur l’île expose à des poursuites au titre de la loi sur les drogues, qui prévoit jusqu’à la prison à perpétuité pour le trafic. Malte n’est pas Amsterdam : la légalisation a été pensée pour les habitants, pas pour les vacanciers.

Le cadre a aussi bougé : une réforme de mai 2025 a durci les règles et clarifié le statut du CBD, puis 2026 a apporté des contrôles routiers et des clubs plus encadrés. Voici la loi maltaise en septembre 2026, textes à l’appui.

L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis : légal pour les adultes dans des limites précises (7 g sur soi, 4 plants et 50 g à domicile), mais aucune vente commerciale.
• CBD : exclu de la définition du cannabis si le produit contient 0,2 % de THC maximum, fleurs comprises depuis la réforme de mai 2025.
• Touriste : clubs interdits aux non-résidents, 235 € d’amende pour une consommation en public, importation passible de poursuites.
• À savoir : depuis mars 2026, la police peut faire des tests salivaires aléatoires au volant ; amende minimale de 4 000 €.

Que dit la loi à Malte en 2026 ?

La réforme de 2021 tient en une loi, l’Act LXVI of 2021, adoptée par le Parlement le 14 décembre et signée le 18 décembre 2021 par le président George Vella. Elle a créé l’Autorité pour l’usage responsable du cannabis (Authority on the Responsible Use of Cannabis, ou ARUC, chapitre 628 des lois maltaises) et modifié deux textes plus anciens : la loi de 2015 sur la dépendance aux drogues, qui privilégie treatment not imprisonment (le soin plutôt que la prison), et l’ordonnance sur les drogues dangereuses (Dangerous Drugs Ordinance, chapitre 101), qui reste le texte pénal de référence.

Pour une personne de 18 ans ou plus, la loi prévoit aujourd’hui :

  • Détention sur soi : jusqu’à 7 g pour un usage personnel, ce qui ne constitue pas une infraction et ne peut pas conduire à une arrestation, sauf soupçon de trafic.
  • Entre 7 et 28 g : une amende de 50 à 100 € prononcée par un Commissioner for Justice, juridiction des petites infractions.
  • Culture à domicile : 4 plants maximum par foyer, quel que soit le nombre d’habitants, à l’adresse officielle de résidence, hors de la vue du public et des mineurs.
  • Stock à domicile : jusqu’à 50 g de cannabis séché.
  • Consommation : uniquement dans un lieu privé, jamais en public ni devant un mineur.

Un mineur trouvé avec une petite quantité de cannabis (7 g au plus) est convoqué devant un Commissioner for Justice, qui peut lui proposer un plan de soins.

Les associations, seul circuit légal

À la place des coffee shops, Malte a choisi le modèle des Cannabis Harm Reduction Associations (CHRA), des associations de réduction des risques souvent appelées « cannabis clubs ». Leurs règles sont fixées par la loi et par un règlement de mars 2023 :

  • but non lucratif, membres et dirigeants exclusivement des personnes physiques ;
  • 500 membres maximum, tous majeurs et résidents à Malte ;
  • 7 g par jour et 50 g par mois au maximum par membre, plus 20 graines par mois ;
  • locaux à 250 m au moins de l’entrée d’une école, d’un équipement sportif ou d’un centre de jeunesse ;
  • aucune publicité, aucun signe visible de l’extérieur, pas d’alcool vendu ;
  • cannabis testé en laboratoire, distribué en contenant scellé, étiqueté selon les exigences de l’ARUC.

Le démarrage a été lent. L’ARUC annonçait sa huitième licence en juillet 2024 ; son registre public recense 24 associations disposant d’un permis d’exploitation dans sa version mise à jour en août 2026.

Associations de cannabis à Malte, réservées aux résidents
Les associations de cannabis maltaises sont réservées aux résidents.

Ce qui a changé en 2025 et 2026

Quatre ans après la légalisation, Malte a resserré les vis : beaucoup d’articles écrits en 2022 ou 2023 sont dépassés.

Mai 2025 : la loi « Various Laws relating to Cannabis Activities » (Act XII of 2025, votée le 12 mai et promulguée le 16 mai 2025) a modifié trois textes d’un coup :

  • la consommation qui provoque une gêne olfactive pour les voisins est désormais punie comme la consommation en public : 235 €, même depuis un balcon ou un logement privé ;
  • la culture visible, odorante ou accessible aux mineurs coûte 300 à 500 € avec confiscation des plants ; cultiver ailleurs qu’à son adresse officielle, 700 à 1 000 € ;
  • les cannabinoïdes de synthèse ou semi-synthétiques (HHC, H4-CBD, THCP, CC9 et une douzaine d’autres, listés dans une annexe) sont désormais punis comme le cannabis illégal, sous toutes leurs formes ;
  • la définition légale du cannabis exclut expressément les produits de CBD à 0,2 % maximum de cannabinoïdes psychoactifs, fleurs comprises (voir la partie CBD) ;
  • laisser entrer un mineur dans les locaux d’une association expose à 3 000 à 10 000 € d’amende, et les infractions des associations relèvent désormais du tribunal pénal (Court of Magistrates).

Mai 2025 également, l’ARUC a autorisé les associations à produire et distribuer de la résine, uniquement par extraction sans solvant. Pour le calcul des plafonds, 1 g de résine compte comme 3 g de fleurs.

Février 2026 : un règlement plus strict pour les clubs. Deux textes publiés le 17 février 2026 (Legal Notices 44 et 45 of 2026) renforcent le registre des membres, qui doit comporter une pièce d’identité maltaise prouvant la résidence, et plafonnent les stocks : une association ne peut garder sur son site de culture plus de huit mois de fourniture, calculés à 50 g par membre et par mois sur la base du nombre maximal de membres de sa catégorie de permis.

Mars 2026 : la conduite sous cannabis. Une loi publiée le 10 mars 2026 (Act II of 2026) crée une infraction de conduite après usage de drogue, autorise des tests salivaires aléatoires, sans soupçon préalable, et fixe pour le THC un seuil de 2 microgrammes par litre de sang pour les conducteurs ordinaires (ce seuil ne s’applique pas aux véhicules commerciaux, bus, autocars et véhicules de transport payant de passagers).

Amendes et prison : le barème complet

Le droit maltais distingue nettement l’usage personnel, traité par des amendes, et tout ce qui ressemble à du trafic, qui relève du pénal lourd. Voici les sanctions prévues par les textes en vigueur en septembre 2026.

Situation Sanction prévue
Détention de 7 g maximum par un adulte, usage personnel Pas d’infraction
Détention de plus de 7 g et jusqu’à 28 g, usage personnel Amende de 50 à 100 €
Consommation dans un lieu public, un lieu ouvert au public, ou avec gêne olfactive Amende de 235 €
Consommation devant un mineur, en public comme en privé Amende de 300 à 500 €
Culture de 4 plants visible, odorante ou accessible aux mineurs 300 à 500 € et confiscation
Culture de 4 plants hors de l’adresse officielle 700 à 1 000 € et confiscation
Détention au-delà de 28 g (ou de 50 g à domicile), pour son seul usage 3 mois à 1 an de prison et/ou 466 à 2 329 € d’amende devant la Court of Magistrates ; 1 à 10 ans devant la Criminal Court
Vente, trafic, importation non destinée à son seul usage 6 mois à 10 ans devant la Court of Magistrates ; jusqu’à la perpétuité devant la Criminal Court
Conduite après usage (première infraction) Au moins 4 000 € et 6 mois de suspension de permis
Conduite après usage (récidive) Au moins 8 000 € et 1 an de suspension

Le choix du tribunal revient au procureur général (Attorney General), et il fixe l’échelle de peine. Devant la Criminal Court, si la perpétuité paraît disproportionnée, la loi prévoit 4 à 30 ans de prison et jusqu’à 116 468 € d’amende.

Ce que risque un touriste à Malte

C’est ici que la plupart des voyageurs se trompent. Le texte sur la détention de 7 g ne pose pas de condition de résidence, mais il ne te sert pas à grand-chose : un visiteur n’a aucun moyen légal de se procurer du cannabis sur l’archipel.

  • Les clubs te sont fermés. L’ARUC l’écrit noir sur blanc sur son registre : les touristes ne peuvent pas devenir membres, et l’inscription exige une carte d’identité ou un titre de séjour maltais. Une association qui admet un non-résident risque 2 000 à 50 000 € d’amende.
  • Acheter dans la rue, c’est alimenter le trafic. La protection des 7 g tombe dès qu’il existe un soupçon de trafic, et la police saisit alors le produit.
  • Faire entrer du cannabis expose à des poursuites. La tolérance vise la détention sur place, pas le passage de la frontière. L’ordonnance maltaise interdit d’importer de la résine de cannabis, et si le tribunal estime qu’une herbe importée n’était pas destinée à ton seul usage, les faits sont traités comme du trafic. Même logique au départ vers la France : notre guide pour voyager avec du CBD en avion détaille les contrôles.
  • Fumer à l’hôtel n’est pas une solution. Le hall ou le bar d’un hôtel sont en principe des lieux accessibles au public, et depuis 2025 une simple gêne olfactive pour les voisins suffit pour l’amende de 235 €.
  • Au volant, tolérance quasi nulle. Voiture de location, scooter ou quad à Gozo : un test salivaire positif peut coûter 4 000 € minimum et une suspension de permis. Le THC reste détectable bien après la fin des effets ressentis ; notre article sur la durée de détection du THC explique pourquoi.

Les amendes liées à l’usage peuvent être réglées à leur montant minimal, par paiement électronique et sans audience, sauf celle qui vise la consommation devant un mineur. Reste que la meilleure option est simple : à Malte, le cannabis n’est pas un produit touristique.

La Valette, Sliema, Gozo : la loi sur le terrain

La loi est la même partout, de La Valette à Gozo en passant par Comino ; seules les situations à risque changent.

  • La Valette et les Trois Cités : rues, remparts, jardins et terrasses sont des lieux publics. Un joint dans les jardins d’Upper Barrakka, c’est 235 €.
  • Sliema, St Julian’s et Paceville : bars, clubs et terrasses sont des lieux « ouverts au public, payants ou non », visés mot pour mot par la loi.
  • Plages et excursions en bateau : Golden Bay, Mellieħa ou le Blue Lagoon de Comino restent des espaces publics, et la présence fréquente de familles ajoute le risque de l’amende pour consommation devant un mineur (300 à 500 €).
  • Gozo : même loi, mêmes amendes, avec en plus la question de la conduite, puisque l’île se visite surtout en voiture ou en quad.

Et les « cannabis shops » aperçus en ville ? Les associations n’ont pas le droit d’afficher quoi que ce soit : une vitrine qui parle de cannabis vend en principe des produits à faible teneur en THC, autrement dit du CBD. Ce commerce existe à Malte, mais il n’a pas encore de régulateur dédié, comme on le verra plus bas.

Et le CBD à Malte ?

Le CBD est légal à Malte, avec un seuil plus bas qu’en France. Depuis la réforme du 16 mai 2025, l’ordonnance sur les drogues dangereuses exclut de la définition du cannabis les fleurs, feuilles, extraits et produits issus de cannabinoïdes non psychoactifs (CBD, CBG, CBC et CBDV) qui contiennent 0,2 % maximum de cannabinoïdes psychoactifs, c’est-à-dire de THC.

Ce texte a mis fin à une situation absurde. Avant 2025, la loi ne visait que les « produits cannabinoïdes », et le parquet considérait que la fleur brute n’en faisait pas partie : des consommateurs de fleurs CBD ont été poursuivis comme pour du cannabis, dans le pays même qui venait de légaliser celui-ci. La nouvelle rédaction, qui cite désormais expressément l’inflorescence, lève cette ambiguïté dans le texte.

Trois points restent à connaître :

  • Les boutiques ne sont pas encore encadrées. En février 2026, l’ARUC a reconnu ne pas avoir le pouvoir de réguler les commerces à but lucratif qui vendent des produits à moins de 0,2 % de THC ; un projet de loi est en préparation.
  • Les produits de synthèse sont interdits. Les fleurs « boostées », gommes ou vapoteuses à base de HHC, de CC9 ou d’autres molécules de la même famille, vendues ouvertement à Malte en 2024 et 2025, sont désormais traitées comme du cannabis illégal.
  • Attention au seuil. En France, une fleur CBD peut contenir jusqu’à 0,3 % de THC. Entre 0,2 et 0,3 %, elle est légale chez nous mais dépasse la limite maltaise : juridiquement, à Malte, c’est du cannabis, avec les règles d’importation qui vont avec.

En pratique, garde tes fleurs et résines CBD pour la France, où leur statut est clair : notre guide de la loi sur le CBD en France fait le point sur le seuil de 0,3 % et sur les molécules interdites.

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Cannabis médical : un cadre depuis 2018

Malte a ouvert l’accès au cannabis médical avant l’usage adulte. Depuis une modification de 2018, tout médecin enregistré à Malte peut prescrire des préparations à base de cannabis lorsqu’il estime qu’il n’existe pas d’alternative viable, au regard des protocoles en vigueur, de l’intérêt du patient et du coût. Le cadre est strict :

  • aucune préparation destinée à être fumée ;
  • demande faite par le médecin au nom du patient, selon les directives du Superintendent of Public Health, avec une carte de contrôle (control card) ;
  • délivrance uniquement en pharmacie, importation réservée aux grossistes et fabricants agréés ;
  • aucune ordonnance en urgence.

La même année, une loi du 17 avril 2018 (Production of Cannabis for Medicinal and Research Purposes Act) a ouvert la production de cannabis à usage médical et de recherche à des entreprises titulaires d’une licence.

Pour un voyageur, retiens surtout ceci : la délivrance en pharmacie maltaise suppose une prescription par un médecin enregistré à Malte, patient par patient. Si tu voyages avec un traitement prescrit en France, renseigne-toi avant le départ sur les documents exigés. Et depuis 2026, présenter sa carte de contrôle après un test salivaire positif n’exonère pas de sa responsabilité pénale au volant.

Malte ou France : ce qui change

Les deux pays sont presque opposés sur le cannabis. Voici les écarts qui comptent pour un voyageur français.

Sujet Malte France
Cannabis pour les adultes Légal dans des limites (7 g sur soi, 50 g chez soi) Interdit
Usage constaté Pas d’infraction jusqu’à 7 g ; 235 € en public Amende forfaitaire de 500 € (400 € minorée, 1 000 € majorée)
Autoculture 4 plants par foyer Interdite
Accès légal Associations réservées aux résidents Aucun
Seuil de THC du CBD 0,2 %, fleurs comprises 0,3 %, fleurs comprises
HHC et dérivés de synthèse Interdits depuis mai 2025 Stupéfiants depuis juin 2023 (HHC) et juin 2024 (H4-CBD, THCP…)
Conduite après usage 4 000 € minimum et suspension de 6 mois au moins Jusqu’à 3 ans de prison et 9 000 € d’amende

Dernier point, souvent oublié : rapporter en France du cannabis obtenu légalement à Malte reste une importation de stupéfiants. La légalité maltaise s’arrête à la passerelle de l’avion.

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Questions fréquentes

Où acheter du cannabis à Malte ?

Légalement, uniquement dans une association agréée par l’ARUC, et seulement si tu résides à Malte. Il n’existe ni coffee shop ni dispensaire : un touriste n’a aucune source légale.

Un touriste peut-il fumer du cannabis à Malte ?

Pas dans la rue, à la plage, dans un bar ni dans un lieu ouvert au public : c’est 235 € d’amende. Et sans accès aux clubs, il n’a aucun moyen légal de s’en procurer.

Peut-on emporter du CBD français à Malte ?

C’est déconseillé pour les fleurs et résines : au-dessus de 0,2 % de THC, elles dépassent le seuil maltais et sont juridiquement du cannabis. L’ordonnance maltaise interdit en outre d’importer toute résine de cannabis, sans exception claire pour le CBD. Mieux vaut les laisser en France.

Le mot de la fin

Malte a fait un choix rare : légaliser sans commercialiser. Pour les habitants, cela signifie des clubs contrôlés et des amendes à la place de la prison ; pour les visiteurs, presque rien ne change. Profite des criques, de La Valette et des temples mégalithiques : ton CBD t’attendra au retour.

Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifie-les avant chaque départ.

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