Il y a des variétés qu’on connaît par leur nom, et d’autres par leur descendance. La Chemdawg (ou Chem Dog, ou simplement « la Chem ») appartient aux deux catégories. Apparue au début des années 1990 dans des circonstances qui tiennent plus de la légende de festival que du dossier botanique, elle a fini par se glisser dans l’arbre généalogique d’une bonne partie du cannabis américain moderne : Sour Diesel, OG Kush (de manière indirecte), Stardawg, Gorilla Glue et des dizaines de cousines.
Ce qui frappe d’abord, c’est son nez : un mélange de carburant, de cuir et de zeste de citron qui a fait école et qu’on désigne désormais d’un mot, « diesel ». Ce qui intrigue ensuite, c’est le flou qui l’entoure : un sachet de graines trouvé dans un sac de weed, un concert du Grateful Dead, des parents supposés thaïlandais et népalais que personne n’a jamais confirmés. Cette fiche démêle l’histoire connue de la légende, présente les phénotypes célèbres, les effets rapportés et le statut de cette variété en France.
Mis à jour en octobre 2026.
L’essentiel en 30 secondes
• Origine : États-Unis, vers 1991, à partir de graines trouvées dans un lot de weed acheté lors d’un concert du Grateful Dead (le « Deadhead mix »).
• Génétique : parents jamais confirmés, souvent présentés comme thaïlandais et népalais. Hybride à tendance sativa.
• THC : 15 à 20 % en général, CBD inférieur à 1 %.
• Profil aromatique : diesel, cuir, citron, fond terreux et poivré.
• Variété-mère de la Sour Diesel, de la Stardawg et, indirectement, de la famille OG Kush.
Fiche technique de la Chemdawg
Ces valeurs recoupent les fiches de banques de graines, SeedFinder et des relevés de laboratoires américains. Elles varient d’un phénotype à l’autre : la Chemdawg est une famille de « cuts », pas une plante figée.
| Critère | Valeur |
|---|---|
| Nom | Chemdawg (Chem Dog, Chemdog, Chem) |
| Origine | États-Unis, vers 1991 |
| Parents | Non confirmés (hypothèse thaïlandaise × népalaise) |
| Dominance | Hybride à tendance sativa |
| THC | 15 à 20 % (jusqu’à 22-23 % sur certains cuts) |
| CBD | < 1 % |
| Floraison | 9 à 10 semaines |
| Rendement | Moyen |
| Phénotypes connus | Chem 91, Chem D, Chem 4, Chem Sister |
| Profil aromatique | Diesel, cuir, citron, terre, poivre |
Origine de la Chemdawg : un sachet, un concert, des graines
L’histoire officielle de la Chemdawg tient en quelques lignes, et elle n’a jamais été vérifiée. Au début des années 1990, un amateur connu sous le pseudo Chemdog (le nom de Greg Krzanowski revient souvent dans les récits) se procure, lors d’un concert du Grateful Dead, un lot de weed vendu comme du « Dog Bud ». Le lot est truffé de graines. Il les met en terre, garde les plus belles plantes, et la lignée est lancée. On parle de Deadhead mix, 1991 étant l’année la plus citée, d’où le nom de « Chem 91 » donné au phénotype le plus célèbre.
Qui était « Chem Dog » ?
C’est le premier flou. Selon les versions, « Chem Dog » désigne le dealer qui vend le fameux sachet, ou au contraire l’acheteur qui en tire les graines. Les deux récits circulent depuis vingt ans, aucun ne s’appuie sur un document. Le nom est resté, d’abord « Chemdog », puis « Chemdawg ».
Des parents thaïlandais et népalais : une hypothèse, pas un pedigree
Les graines viennent d’un mélange, donc d’un croisement inconnu. Le récit habituel parle d’un côté de sativa thaïlandaise et d’un côté de cannabis népalais, ce qui collerait avec le caractère élancé, aromatique et assez cérébral de la plante. Mais aucun test génétique public ne l’a établi : c’est une reconstitution après coup. La généalogie exacte est perdue, et cela fait partie du mythe.
Pour situer l’ambiance génétique : l’Afghani, indica de montagne trapue et résineuse, et l’Original Haze, sativa tropicale étirée. La Chemdawg se place entre les deux, avec un caractère aromatique à des années-lumière de l’Afghani.
Les phénotypes de la Chemdawg : Chem 91, Chem D, Chem 4 et les autres
Les graines du Deadhead mix n’étaient pas identiques, et les cultivateurs ont gardé des pieds différents. Les plus cités :
- Chem 91 : le plus célèbre, considéré par beaucoup comme la version de référence. Nez fuel très net, structure plutôt sativa. Une fiche lui est consacrée : Chem 91.
- Chem D (ou Chemdog D) : phénotype à l’odeur très chimique, régulièrement cité dans les généalogies des variétés « diesel ».
- Chem 4 : un cut de la famille, connu notamment pour être l’un des deux parents de la Stardawg.
- Chem Sister (Chem’s Sister) : le phénotype « sœur », utilisé comme parent de plusieurs hybrides à succès, dont la Gorilla Glue.
- Headband : souvent rattachée à la famille Chem, même si son pedigree est d’abord présenté comme un croisement Sour Diesel × OG Kush. Voir la fiche Headband.
Un site qui annonce « Chemdawg 91 » et un autre qui parle de « Chem D » ne décrivent pas exactement la même plante : les écarts de THC et d’arôme entre sources viennent en grande partie de là.
Profil aromatique de la Chemdawg : diesel, cuir et citron
L’odeur de la Chemdawg est son marqueur. À l’ouverture du pot, on retrouve d’abord une note de carburant, âcre et presque métallique, puis un fond de cuir et de terre humide. Un zeste de citron tranche l’ensemble, avec parfois une touche de pin et de poivre noir. C’est ce mélange que la Sour Diesel a ensuite poussé vers le citron et l’essence.
| Terpène | Arôme associé |
|---|---|
| Caryophyllène | Poivre noir, épice, bois sec |
| Myrcène | Terre humide, herbe fraîche, fruit mûr |
| Limonène | Zeste de citron, agrumes |
| Pinène (selon les cuts) | Résine de pin, fraîcheur boisée |
Le profil est peu sucré : on est loin des variétés fruitées comme les Cookies ou les Runtz, et c’est précisément ce qui plaît aux amateurs de nez « old school ».
Effets de la Chemdawg rapportés par les consommateurs
La Chemdawg est décrite comme une variété cérébrale et énergique, avec une montée assez rapide. D’après les retours agrégés par des bases comme Leafly et Wikileaf, les consommateurs évoquent surtout :
- une montée rapide, tournée vers l’esprit, avec une sensation de concentration ou de créativité ;
- un effet plutôt social, qui se prête à la conversation ;
- une détente corporelle qui s’installe progressivement, sans l’effet « canapé » des indicas lourdes ;
- une durée d’environ deux à trois heures, avec une redescente assez nette.
Ces ressentis sont subjectifs et varient selon la dose, le phénotype et le consommateur. Ils décrivent la pharmacologie connue du Δ9-THC, aucune promesse sur la santé.
Côté inconvénients, les effets indésirables les plus fréquemment signalés sont la bouche sèche, les yeux rouges, l’accélération du rythme cardiaque et, à dose élevée ou chez les personnes sensibles, une impression d’anxiété ou de pensées qui s’emballent. Avec un CBD quasi nul pour tempérer le THC, la Chemdawg est une variété qu’on aborde en connaissance de cause. Sa teneur est modeste pour le marché américain actuel, mais son côté « tête » surprend ceux qui attendent un effet doux.
Chemdawg, variété-mère : une descendance qui a marqué le cannabis américain
C’est ici que la Chemdawg prend sa vraie dimension. Elle a surtout été croisée, et son empreinte aromatique se retrouve partout :
- Sour Diesel : la plus célèbre des filles supposées de la Chemdawg, ou du moins de sa famille. L’une des hypothèses les plus répandues parle d’un croisement Chemdawg 91 × Super Skunk. Voir notre fiche Sour Diesel.
- OG Kush : les généalogies de cette lignée mythique varient, mais plusieurs récits y font intervenir la Chemdawg, en général de façon indirecte. La famille OG regroupe aujourd’hui des centaines de variétés, dont l’Alien OG.
- Stardawg : croisement entre Chemdawg 4 et Tres Dawg, qui prolonge la veine « Chem » avec plus de résine. Voir la fiche Star Dawg.
- Gorilla Glue : sa généalogie fait intervenir la Chem Sister.
Résumé simple : une variété américaine au nez diesel, terre et agrumes a de grandes chances d’avoir un lien avec la Chemdawg, de près ou de loin.
Statut légal en France
En France, le cannabis dont le Δ9-THC dépasse 0,3 % est classé comme stupéfiant. L’arrêté du 30 décembre 2021, validé par la décision du Conseil d’État n° 444887 du 29 décembre 2022, fixe ce seuil pour la plante et les produits transformés. Une Chemdawg à 15-20 % de THC, telle qu’on la trouve dans les dispensaires américains, est donc interdite à la vente, à la détention et à la culture sur le territoire français. Pour le détail de la molécule et du cadre pénal, voir notre fiche Delta-9 THC : effets, usage et légalité.
Culture et floraison de la Chemdawg
Informations données à titre botanique et documentaire : la culture par un particulier est interdite en France.
Port et floraison
La Chemdawg est une plante de taille moyenne à grande, élancée, avec un étirement marqué après le passage en floraison. Les sommités sont denses, vert vif, parfois nuancées de pourpre, couvertes de trichomes. La floraison est de l’ordre de 9 à 10 semaines, nettement plus courte que celle d’une sativa pure comme l’Original Haze.
Rendement et sensibilité
Les rendements sont jugés moyens : on parle de 400 à 600 g/m² en intérieur et de 500 à 800 g par plante en extérieur dans les meilleures conditions, d’après les bases de données de variétés. Ses sommités compactes la rendent sensible à l’humidité en fin de cycle. Ce n’est pas une variété facile, d’où sa réputation de plante pour connaisseurs.
Chemdawg en France : graines et équivalents légaux
La Chemdawg d’origine se diffuse par clone, de cultivateur à cultivateur. Les graines en circulation sont des reconstitutions de banques, qui ne reproduisent jamais à l’identique la plante historique. En France, elles sont vendues comme objets de collection, et leur mise en terre reste interdite.
Pour qui apprécie les profils terreux et épicés sans sortir du cadre légal, les fleurs de chanvre à moins de 0,3 % de THC cultivées en France sont une porte d’entrée. Notre catégorie Fleurs CBD et notre catégorie Résines et Hash CBD permettent de comparer les profils aromatiques.
Questions fréquentes sur la Chemdawg
La Chemdawg est-elle une sativa ou une indica ?
La Chemdawg est un hybride à tendance sativa, souvent donné autour de 55 à 60 % sativa selon les sources. Sa croissance élancée et son effet plutôt cérébral la rapprochent des sativas, même si une détente corporelle s’installe progressivement.
Quel est le taux de THC de la Chemdawg ?
On la situe généralement entre 15 et 20 % de THC, avec des relevés plus élevés (22-23 %) sur certains cuts bien travaillés. Le CBD reste inférieur à 1 %. Les chiffres varient fortement d’un phénotype et d’un laboratoire à l’autre.
D’où vient le nom « Chemdawg » ?
« Chem » renvoie à l’odeur chimique de la plante, et « Dawg » au surnom de son découvreur supposé, Chem Dog, ainsi qu’au « Dog Bud » dont seraient issues les graines. Les récits divergent sur le rôle exact de ce personnage, dealer ou acheteur, et l’origine du nom reste elle aussi une reconstitution.
La Chemdawg est-elle la mère de la Sour Diesel et de l’OG Kush ?
La Sour Diesel est très souvent présentée comme une fille de la Chemdawg (croisement avec une Super Skunk), mais ce pedigree n’a jamais été prouvé. Pour l’OG Kush, la Chemdawg apparaît dans plusieurs récits, de façon indirecte. On parle de variété-mère par usage, pas par certitude génétique.
La Chemdawg est-elle légale en France ?
Non, dès lors que son THC dépasse 0,3 %, ce qui est le cas de toutes les versions classiques. L’achat, la détention et la culture sont interdits, contrairement aux fleurs de chanvre à moins de 0,3 % de THC.
Un assortiment 100 % français à moins de 0,3 % de THC
Contenu informatif. En France, le cannabis contenant du THC au-delà de 0,3 % est un stupéfiant et sa culture est interdite aux particuliers ; les graines sont vendues comme objets de collection.



