L’Original Haze, celle que les anciens appellent simplement « la Haze », n’est pas une variété commerciale comme une autre : c’est la souche-mère d’une famille entière. Sans elle, pas de Super Silver Haze, pas d’Amnesia, pas de Lemon Haze. Elle est née dans les années 1970 à Santa Cruz, en Californie, de la main de deux cultivateurs restés sous pseudonyme — les Haze Brothers — qui ont pris le temps de croiser quatre landraces sativas importées des tropiques. Le résultat tient en une plante qui fleurit presque quatre mois, qui dépasse deux mètres sans effort et dont le nez d’encens poivré a redéfini ce qu’une sativa pouvait sentir.
On parle d’une génétique rare, longtemps réservée au cercle restreint des growers californiens, puis diffusée aux Pays-Bas à la fin des années 1970 par Sam the Skunkman et stabilisée par Neville Schoenmakers à The Seed Bank of Holland. C’est de là que viennent toutes les Haze modernes, chacune ayant été croisée avec une variété à floraison plus courte pour la rendre commercialement viable. L’Original Haze, elle, est restée fidèle à ses origines : 12 à 14 semaines de floraison, du vrai patrimoine sativa.
Dans cette fiche, tu trouveras ce que l’on sait de l’Original Haze avec les sources d’origine en appui : les quatre parents landrace, le profil terpénique dominé par un cocktail terpinolène-caryophyllène-pinène, les effets rapportés par les consommateurs, la question de la légalité en France et la généalogie des Haze modernes qui en descendent. Mis à jour en octobre 2026.
L’essentiel en 30 secondes
• Polyhybride landrace à dominance sativa quasi pure (~95 %), créée à Santa Cruz dans les années 1970.
• Parents : Mexicaine × Colombienne × Thaï × Indienne du Sud, les quatre grandes landraces sativas des tropiques.
• Taux de THC 15 à 20 %, CBD très faible (< 1 %), profil très cérébral.
• Floraison 12 à 14 semaines, plante haute, aérée, récolte outdoor très tardive.
• Ancêtre directe de la Super Silver Haze, de l’Amnesia, de la Neville’s Haze et de la Lemon Haze.
Fiche technique de l’Original Haze
Les données ci-dessous reprennent les relevés publiés par les banques qui travaillent encore la souche d’origine (Flying Dutchmen, Mr. Nice Seedbank) et les fiches de SeedFinder qui recoupent les retours de cultivateurs expérimentés. Les fourchettes reflètent la variabilité importante entre phénotypes, caractéristique des landraces.
| Critère | Valeur |
|---|---|
| Nom | Original Haze (aussi « Haze », « ’70s Haze ») |
| Breeders d’origine | Les Haze Brothers, Santa Cruz, Californie, années 1970 |
| Parents | Mexicaine × Colombienne × Thaï × Indienne du Sud (polyhybride landrace) |
| Dominance | Sativa quasi pure, environ 95 % sativa |
| Taux de THC | 15 à 20 %, selon phénotype et sélection |
| Taux de CBD | Très faible, < 1 % |
| Floraison | 12 à 14 semaines en intérieur, parfois 16 |
| Récolte outdoor | Fin octobre à mi-novembre (hémisphère nord) |
| Rendement indoor | Modéré, 400 à 500 g/m² |
| Rendement outdoor | Élevé en climat tropical, 500 à 800 g/plant |
| Taille | Grande, 150 cm indoor, 200 à 300 cm outdoor |
| Arômes | Encens, bois de santal, poivre, agrumes, note terreuse |
| Descendance | Super Silver Haze, Amnesia, Neville’s Haze, Lemon Haze, Haze x Skunk |
Génétique et parents de l’Original Haze
L’Original Haze est un polyhybride landrace, c’est-à-dire un croisement entre plusieurs variétés sauvages adaptées depuis des siècles à leur région d’origine. Les Haze Brothers n’ont pas inventé la génétique sativa : ils ont assemblé quatre lignées pures ramenées d’Amérique du Sud, du Mexique et d’Asie du Sud-Est, à une époque où ces graines circulaient encore dans les cargaisons de cannabis importé.
Les quatre parents, confirmés par les témoignages de Sam Selezny (dit Sam the Skunkman) et par les archives de Nevil’s Seed Bank, sont :
- la Mexicaine, probablement de type Acapulco Gold ou Oaxaca, qui apporte la vigueur, les feuilles fines et la montée cérébrale rapide ;
- la Colombienne (Colombian Gold), pour la hauteur, les arômes citronnés et la résistance à la chaleur ;
- la Thaï, pour la floraison interminable, les buds effilés et le nez d’encens caractéristique ;
- la South Indian, probablement une sativa de Kerala, pour une touche de robustesse et de douceur en bouche, à ne pas confondre avec la Hindu Kush qui est une indica.
Le croisement a été fait sur plusieurs générations, avec une sélection phénotypique rigoureuse. Le but était d’obtenir une plante qui exprime le meilleur de chaque landrace sativa sans perdre la finesse aromatique. Le compromis assumé par les Haze Brothers : une floraison démesurée (12 à 14 semaines minimum), incompatible avec les cycles indoor rapides des années 1980, mais tolérable sous le soleil californien.
Petite subtilité importante : l’« Original Haze » n’existe pas comme phénotype unique. Chaque cut conservé par les cultivateurs historiques — A, B, C, D — a ses propres caractéristiques, et chaque banque (Flying Dutchmen, Mr. Nice) revendique une filiation directe. On parle en pratique d’une famille de phénotypes partageant un ancêtre commun.
Histoire : Santa Cruz, les Haze Brothers et l’exil hollandais
L’histoire commence vers 1969 dans la région de Santa Cruz, en Californie. Deux cultivateurs restés anonymes — on les connaît sous l’alias R. Haze et J. Haze — se mettent à travailler des graines issues du cannabis importé qu’ils trouvent sur le marché local : du mexicain, du colombien, puis du thaï et de l’indien. L’objectif n’est pas commercial : ils veulent cultiver pour eux-mêmes la meilleure sativa possible, sans contrainte de rendement ni de temps. Le climat chaud et sec de la côte nord-californienne autorise des cycles de dix mois : ils peuvent se permettre une variété qui finit en novembre, ce qui est impensable en indoor sous les lampes à sodium d’alors.
Le tournant intervient à la fin des années 1970, quand Sam the Skunkman — figure centrale de la génétique moderne — récupère des graines d’Original Haze et commence à les stabiliser. Fuyant les poursuites judiciaires américaines, il émigre aux Pays-Bas au début des années 1980 avec, dans ses bagages, les graines qui ouvriront l’ère commerciale néerlandaise. C’est là que la souche croise des indicas afghanes importées, donnant naissance aux Haze hybrides à floraison plus courte qui feront la fortune des coffeeshops.
Neville Schoenmakers, fondateur de The Seed Bank of Holland, travaille à son tour la Haze à partir du milieu des années 1980. Il la croise avec de la Northern Lights puis de la Skunk #1 et crée les premières versions commercialement viables, notamment la Haze x Northern Lights #5. Nevil raconte lui-même, dans une interview de 1988, qu’il a « payé Sam en milliers de florins pour quelques graines » — c’est dire la valeur accordée à cette génétique à l’époque.
Profil terpénique de l’Original Haze : encens, bois et agrumes
Le nez de l’Original Haze est l’une des signatures les plus reconnaissables du cannabis old school. Il ne ressemble en rien aux hybrides modernes dominés par le limonène ou le caryophyllène tonitruant. Chez elle, le profil est plus discret, plus complexe, plus parfumé au sens strict du mot. Les analyses publiées par les laboratoires qui ont travaillé sur les cuts historiques (Pinene Analytics, Steep Hill) convergent sur trois terpènes dominants, dans un équilibre inhabituel.
| Terpène | Arôme dominant | Place dans l’Original Haze |
|---|---|---|
| Terpinolène | Pin, résineux, floral, note de muscade | Terpène principal, signature haze |
| Caryophyllène | Poivre noir, bois, clou de girofle | Deuxième, apporte la note épicée centrale |
| Pinène (α-pinène) | Pin frais, résine, aiguille | Tiers haut, contribue à la clarté cérébrale |
| Myrcène | Terreux, musqué, mangue mûre | Modéré, arrondit la finale |
| Humulène | Houblon, bois, note sèche | Trace, soutient le fond boisé |
En bouche, le profil se lit en trois temps. L’attaque est franchement résineuse et épicée, proche de l’encens que l’on brûle dans un temple — c’est la combinaison terpinolène-caryophyllène. Le cœur ouvre sur une touche citronnée et poivrée, héritage de la Colombienne et de la Mexicaine. La finale, plus terreuse et musquée, trahit la part thaï et indienne du croisement, avec un fond sucré-boisé qui persiste longtemps.
Ce profil terpinolène-dominant est aujourd’hui rare : la quasi-totalité des Haze modernes ont vu leur terpinolène dilué par les croisements avec Skunk ou Northern Lights, qui apportent du myrcène et du limonène.
Effets rapportés par les consommateurs
Les retours des consommateurs sur les versions modernes de l’Original Haze — telles que proposées par Flying Dutchmen ou Mr. Nice Seedbank — convergent sur un même tableau : un effet cérébral puissant, à montée progressive, qui dure plusieurs heures. On est loin des hybrides modernes qui frappent fort et vite. La Haze, elle, s’installe sur dix à vingt minutes puis déploie un plateau long et uplifting.
Les descripteurs les plus fréquents, agrégés depuis les fiches Leafly, SeedFinder et les retours de forums spécialisés comme Grasscity ou IC Mag, sont :
- Élévation de l’humeur et sensation d’énergie mentale, souvent décrite comme « lucide » ;
- stimulation de la créativité et de la conversation, utile en contexte social ou artistique ;
- effet sativa classique : focus mental, sans sédation corporelle ;
- sensation très subtile sur le corps, le myrcène et le caryophyllène apportant une légère détente qui évite le pic speed pur.
Les effets indésirables rapportés par les mêmes sources méritent d’être pris au sérieux, précisément parce que le THC n’est pas tempéré par du CBD. On retrouve la sécheresse buccale et oculaire habituelle, mais aussi des épisodes d’anxiété ou de paranoïa plus fréquents que la moyenne, surtout chez les consommateurs peu habitués aux sativas très cérébrales, et parfois une accélération marquée du rythme cardiaque. Les consommateurs expérimentés la décrivent comme « à consommer en petite quantité, en journée » — c’est une sativa de connaisseur.
Il ne s’agit évidemment ni d’une recommandation ni d’une allégation : les effets du cannabis contenant du THC varient d’un individu à l’autre et, en France, son usage reste interdit par la loi.
Statut légal en France
En France, le Δ9-THC est un stupéfiant classé au titre de l’article L. 3421-1 du code de la santé publique. Depuis l’arrêté du 30 décembre 2021, confirmé par la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022 n° 444887, un produit dérivé de chanvre ne peut être commercialisé que si son taux de Δ9-THC total équivalent reste inférieur à 0,3 %. Les fleurs et résines CBD de notre catalogue respectent ce seuil, à la différence de l’Original Haze d’origine, qui dépasse largement les 15 % de THC.
La détention, l’usage et la culture par un particulier d’une variété au-dessus du seuil restent interdits et pénalement sanctionnés. Pour aller plus loin, nous détaillons tout cela dans notre fiche Δ9-THC : effets, usage et légalité. Les graines, elles, sont vendues comme objets de collection : elles ne contiennent pas de THC et circulent librement dans l’Union européenne.
Culture indoor et outdoor de l’Original Haze
Les informations ci-dessous sont strictement documentaires et reprennent les fiches techniques publiées par Flying Dutchmen et Mr. Nice Seedbank. En France, la culture d’une variété au-dessus du seuil de 0,3 % de THC total équivalent reste interdite pour un particulier.
En intérieur
L’Original Haze est l’une des sativas les plus exigeantes qui soient à travailler sous lampe. Son stretch de floraison est démesuré — la plante peut tripler de volume après le passage en 12/12 — et sa floraison dure 12 à 14 semaines, parfois plus. Les cultivateurs qui la travaillent sérieusement passent systématiquement par du Screen of Green (ScrOG) ou du palissage intensif pour maîtriser sa hauteur, souvent limitée à 150 cm sous lampe. Le ratio azote/phosphore doit être adapté : une Haze continue à végéter longtemps après le passage en floraison, ce qui déroute les cultivateurs habitués aux hybrides modernes. Rendement indoor réaliste : 400 à 500 g/m², soit la moitié d’une Super Silver Haze bien conduite.
En extérieur
Outdoor, la variété aime les climats tropicaux, subtropicaux ou méditerranéens très chauds. Elle atteint sans peine deux mètres, souvent trois, et donne ses meilleurs résultats en pleine terre, sous un soleil fort et une saison longue. Récolte très tardive — fin octobre à mi-novembre dans l’hémisphère nord — ce qui la rend sensible aux pluies et aux premières gelées. Les rendements observés sous climat espagnol ou californien peuvent atteindre 800 g par plant, voire plus pour les phénotypes les plus vigoureux.
Difficulté et résistances
Mr. Nice Seedbank classe l’Original Haze comme variété de difficulté élevée. Sa structure aérée, héritée de la Thaï et de la Colombienne, lui confère une bonne résistance aux moisissures. En revanche, sa floraison extrêmement longue l’expose aux attaques tardives et exige une attention soutenue en fin de cycle. C’est une variété réservée aux cultivateurs patients et expérimentés.
La descendance Haze : Super Silver, Amnesia, Lemon et les autres
C’est ici que l’Original Haze prend toute sa dimension. Elle n’est pas une variété parmi d’autres : elle est la souche-mère de toute la lignée Haze commerciale, celle qui a nourri l’âge d’or des sativas néerlandaises des années 1990 et 2000. Toutes les grandes Haze modernes descendent, directement ou indirectement, du travail des Haze Brothers californiens.
| Variété descendante | Lignée | Époque |
|---|---|---|
| Super Silver Haze | Haze × Northern Lights × Skunk | Green House, années 1990 |
| Amnesia Haze | Haze × Afghan × Hawaiian × Jamaican | Hollande, fin des années 1990 |
| Neville’s Haze | Haze × Northern Lights #5 | Nevil Schoenmakers, fin 1980 |
| Super Lemon Haze | Lemon Skunk × Super Silver Haze | Green House, 2008 |
| Lemon Haze | Lemon Skunk × Silver Haze | Reprise générique, années 2000 |
| Purple Haze | Haze × Purple Thai | Rétro-sélection moderne |
Dans toutes ces variétés, la part de Haze a été diluée par un parent indica à floraison courte — c’est tout l’enjeu de la commercialisation. L’Original Haze, elle, est restée pure, longue et aérienne. C’est ce qui fait sa valeur patrimoniale : elle est au cannabis moderne un pool génétique sur lequel les sélectionneurs continuent à puiser.
Si tu veux explorer la famille, commence par la Super Silver Haze, la plus proche de l’originale dans ses effets, puis bifurque vers l’Amnesia pour une version plus moderne et citronnée. La fiche Jack Herer apporte un autre angle sur la lignée haze-skunk que Nevil a stabilisée.

Amnesia CBD
La fille moderne de l'Original Haze, version CBD légale. Culture française, 0,3 % de THC maximum, nez haze typique.
Pour continuer dans la famille sativa aromatique, c’est la catégorie fleurs CBD qu’il faut parcourir : nous y rangeons toutes les lignées descendant de la Haze qui ont été ramenées à un taux de THC légal.
Contenu informatif. En France, le cannabis contenant du THC est un stupéfiant et sa culture est interdite aux particuliers ; les graines sont vendues comme objets de collection.


