Certaines variétés doivent leur réputation à un nom bien trouvé. La Peace Maker, c’est « le faiseur de paix » : un hybride sorti des Pays-Bas à la fin des années 1990 par la banque De Sjamaan, qui la présentait comme la plante capable de « calmer les choses » en période d’agitation. Derrière le slogan, il y a surtout une génétique solide, croisement de deux poids lourds de l’époque, la Brazilian Super Skunk et la South Indian White Widow.
Côté chiffres, rien de spectaculaire mais tout est cohérent : un THC de 15 à 20 % selon les sources, une floraison d’environ 9 semaines (56 à 70 jours), un rendement indoor annoncé jusqu’à 450 g/m², et un profil aromatique fruité plus original que le « skunk » attendu. Elle reste une variété de niche : on la croise bien moins souvent que la White Widow ou la Super Skunk, et son nom est partagé par plusieurs autres variétés qui n’ont rien à voir avec elle, ce qui entretient pas mal de confusion.
Cette fiche remet les choses à plat : qui est le breeder, quels sont ses parents, ce qu’on sait réellement de sa réputation, son profil aromatique, les effets rapportés par les consommateurs et sa situation au regard de la loi française. Mis à jour en octobre 2026.
L’essentiel en 30 secondes
• Breeder : De Sjamaan (Pays-Bas), fin des années 1990.
• Parents : Brazilian Super Skunk × South Indian White Widow, hybride à tendance Sativa.
• THC 15-20 %, CBD faible, floraison 56-70 jours (environ 63), rendement indoor jusqu’à 450 g/m².
• Arômes : fruité (nectar, abricot, fleur d’oranger), fond skunk et terre.
• Variété de niche, à ne pas confondre avec la White Shark ni avec les autres « Peacemaker » du marché.

Fiche technique de la Peace Maker
Les données ci-dessous viennent de la fiche du breeder relayée par SeedFinder, complétées par les valeurs courantes rapportées pour cette variété. Comme souvent pour une génétique ancienne et peu diffusée, elles varient d’une source à l’autre : prenez-les comme des ordres de grandeur.
| Critère | Valeur |
|---|---|
| Nom | Peace Maker (écrit aussi Peacemaker) |
| Breeder | De Sjamaan (Pays-Bas) |
| Parents | Brazilian Super Skunk × South Indian White Widow |
| Type de graines | Régulières (pas de version féminisée d’origine) |
| Dominance | Hybride, tendance Sativa (autour de 60 / 40) |
| THC | 15 à 20 % |
| CBD | Faible, généralement inférieur à 1 % |
| Floraison | 56 à 70 jours (environ 63) |
| Rendement indoor annoncé | Jusqu’à 450 g/m² |
| Cycle extérieur indiqué | Du printemps (mai-juin) à octobre |
| Arômes | Fruité, nectar, abricot, fleur d’oranger, fond skunk et terre |
Génétique et parents de la Peace Maker
La Peace Maker est un croisement de deux lignées emblématiques de la scène néerlandaise. D’un côté la Brazilian Super Skunk, une plante vigoureuse qui fait le lien entre la famille Skunk (voir la fiche Super Skunk) et des Sativas d’origine brésilienne : de l’envergure, un effet cérébral, un bouquet franc. De l’autre une South Indian White Widow, déclinaison de la célèbre White Widow, réputée pour son manteau de résine blanche et la densité de ses têtes.
L’idée est lisible : prendre la vigueur et le nez de l’une, la production de trichomes et la compacité de l’autre. Sur le papier, on obtient un hybride à légère dominance Sativa, souvent donné autour de 60 % Sativa pour 40 % Indica. Comme toujours, ce pourcentage est une approximation fondée sur l’allure de la plante et la durée de son cycle, pas une mesure génétique précise.
À noter : la lignée White Widow a énormément essaimé depuis. On la retrouve par exemple dans la White Russian (croisement avec l’AK-47), dans la White Rhino ou dans la version autofloraison décrite dans la fiche White Widow Auto. La Peace Maker en est une cousine peu connue mais bien née.
Peace Maker, De Sjamaan et sa réputation
De Sjamaan (« le chaman ») est l’une des banques néerlandaises nées dans l’effervescence des coffee-shops d’Amsterdam, à une époque où les breeders se mesuraient chaque année dans les concours. C’est dans ce contexte que la Peace Maker apparaît, à la fin des années 1990. Le texte du breeder joue la carte de l’apaisement : la plante serait là pour calmer les choses, avec des effets décrits comme « très forts et durables ».
Côté palmarès, la fiche SeedFinder crédite la variété d’une première place à la High Times Cannabis Cup de 1997 (catégories relayées à travers le coffee-shop De Dampkring) et d’une première place pour le THC à la Highlife Cup en 2002. D’autres sources évoquent une troisième place à la Highlife Cup de 1999. Les récits divergent sur les années et les catégories, comme c’est fréquent pour des palmarès de cette époque : on retiendra surtout que la Peace Maker a été remarquée dans les concours des années 1990-2000, sans pouvoir détailler précisément chaque podium.
Autre trait marquant, rapporté par la même fiche : la variété n’a jamais été proposée en graines féminisées. Dans un marché désormais dominé par les féminisées et les autofloraisons, c’est l’une des raisons pour lesquelles elle est restée confidentielle. Pour un panorama de ces génétiques qu’on ne trouve presque plus, l’article sur les variétés de cannabis les plus rares donne un bon point de comparaison.
Peace Maker, White Shark et homonymes : ne pas confondre
Le nom « Peace Maker » est l’un des plus mal définis du catalogue. Plusieurs plantes sans lien entre elles circulent sous ce nom ou sous des variantes :
- la Peace Maker de De Sjamaan, objet de cette fiche (Brazilian Super Skunk × South Indian White Widow) ;
- la Peacemaker de Gage Green Genetics, une sélection américaine distincte ;
- la Peacemaker OG de Reberth Genetics, de la famille OG Kush ;
- la Peace Maker de Finest Medicinal Seeds, autre sélection de banque.
S’y ajoute une confusion fréquente avec la White Shark (ou Great White Shark), célèbre variété de Greenhouse Seeds issue d’une autre combinaison de parents. Les deux plantes partagent des ancêtres Skunk et White Widow dans l’imaginaire des cultivateurs, d’où les amalgames, mais ce sont des variétés distinctes avec des breeders et des croisements différents. Quand une fiche mélange les deux, la source est à vérifier. Avant tout achat de graines, le plus sûr est de contrôler le nom du breeder et la génétique annoncée, pas seulement le nom commercial.
Profil aromatique de la Peace Maker
C’est probablement ce qui distingue le mieux la Peace Maker d’une Skunk classique. Le breeder décrit un bouquet fruité, avec des notes de nectar, d’abricot et de fleur d’oranger. Les retours de consommateurs ajoutent de l’orange mûre et du zeste de citron, sur un fond qui rappelle la terre humide et le skunk hérité de ses ancêtres, avec une pointe poivrée en fin de bouche.
| Terpène | Arôme associé |
|---|---|
| Myrcène | Terre humide, fruit mûr, note musquée |
| Limonène | Zeste d’agrume, orange, citron |
| Caryophyllène | Poivre, épices, bois sec |
Ce tableau reflète les terpènes le plus souvent cités pour cette famille de génétiques : il n’existe pas, à notre connaissance, de relevé de laboratoire de référence spécifique à la Peace Maker. Un séchage et un affinage soignés, le curing, révèlent d’ordinaire les notes fruitées, qui s’estompent quand la récolte est bâclée.
Effets de la Peace Maker rapportés par les consommateurs
Les descriptions convergent sur une expérience en deux temps, ce qui colle à son héritage hybride. D’abord une entrée plutôt cérébrale, associée à une humeur légère et à une certaine bavardise. Puis un registre corporel plus chaud et enveloppant qui s’installe, sans forcément virer à l’écrasement. Le breeder insiste de son côté sur la puissance et la durée de l’effet, ainsi que sur une tolérance qui s’installerait lentement : à prendre avec prudence, ce sont des descriptions de banque de graines et non des mesures.
Avec 15 à 20 % de THC, la Peace Maker se situe dans la fourchette des hybrides classiques, avec une marge haute qui n’a rien d’anodin pour un consommateur peu habitué. Ces ressentis restent individuels : ils varient fortement selon la dose, le phénotype, le mode de consommation et la sensibilité de chacun, et rien ne les garantit.
Comme toute variété contenant du THC, elle peut provoquer des effets indésirables régulièrement mentionnés : bouche sèche, yeux rouges, fringales, étourdissements. À dose élevée ou chez les personnes sensibles, certains retours évoquent de l’anxiété, une accélération du rythme cardiaque ou des idées de paranoïa passagères. Ces éléments sont rapportés à titre informatif ; ils ne constituent ni un conseil d’usage ni une promesse d’effet. La consommation de produits contenant du THC est déconseillée avant de conduire ou de travailler sur machine.

Floraison, rendement et culture de la Peace Maker
Sur le papier, la Peace Maker coche des cases intéressantes pour un hybride à tendance Sativa. Sa floraison est courte : 56 à 70 jours, avec une valeur moyenne autour de 63 jours, ce qui la place plutôt du côté rapide pour une plante de cette lignée. Côté rendement, le breeder annonce jusqu’à 450 g/m² en indoor, avec un bon rapport fleur/feuille et des têtes dures et compactes recouvertes de résine, héritage évident de la White Widow.
La plante tire vers le haut, comme beaucoup d’hybrides à parent Sativa : taille moyenne à élevée, branches qui s’étirent en début de floraison. L’indication du breeder pour l’extérieur situe le cycle de mai-juin à octobre, ce qui en fait une génétique à floraison relativement tôt pour le plein air dans un climat chaud. Les descriptions de banques évoquent aussi une bonne tolérance aux moisissures, ce que la densité des fleurs contredit en partie en fin de cycle : un détail à garder en tête si l’on se fie aux seules promesses commerciales.
Ces données proviennent des fiches des breeders et sont données à titre purement informatif. En France, la culture de cannabis contenant du THC est interdite, y compris pour un usage personnel ; aucune recommandation de culture n’est donnée ici.
Graines de Peace Maker et cousines en CBD
Les graines de Peace Maker (De Sjamaan) sont proposées en version régulière : la banque n’a jamais lancé de féminisées, ce qui explique leur rareté actuelle. Les autres « Peacemaker » du marché sont des plantes différentes, avec leurs propres génétiques. Pour les curieux de génétiques CBD, la page graines de CBD permet de repérer des variétés à teneur en THC conforme.
Si c’est le profil qui vous attire, un nez fruité sur fond terreux et résineux, des fleurs de CBD cultivées en France reprennent cet esprit dans le cadre légal. Elles se trouvent dans la catégorie fleurs CBD. Pour une autre lignée dérivée de la Skunk, voir aussi la Blue Cheese.
Statut légal en France
En France, un cannabis qui contient du Δ9-THC au-delà de 0,3 % en THC total équivalent est un stupéfiant. L’usage, la détention, la culture et la vente sont réprimés par le code de la santé publique (articles L. 3421-1 et suivants). Le seuil de 0,3 % est fixé par l’arrêté du 30 décembre 2021, confirmé par la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022 (n° 444887).
La Peace Maker à profil THC classique (15-20 %) n’est donc pas commercialisée légalement en France sous forme de fleurs. Les graines, qui ne contiennent pas de THC, circulent comme objets de collection. Les fleurs de profil CBD proposées chez Jungle Kush respectent le seuil de 0,3 % de THC total équivalent.

Pack Bio Français
Une sélection de fleurs CBD bio cultivées en France, à moins de 0,3 % de THC, pour retrouver des profils fruités et résineux dans le cadre légal.
Contenu informatif. En France, le cannabis contenant du THC est un stupéfiant et sa culture est interdite aux particuliers ; les graines sont vendues comme objets de collection.


