La Moby Dick doit son nom à sa stature : une plante massive, surdimensionnée, capable d’atteindre plus de trois mètres en pleine terre et de produire des quantités de fleurs qui ont marqué les cultivateurs de la fin des années 2000. Lancée par le breeder espagnol Dinafem Seeds, elle est le fruit d’un croisement entre deux piliers de la culture cannabis : la White Widow néerlandaise pour la résine et la robustesse, et une Haze pour la vigueur, la longueur de floraison et le profil cérébral.
Résultat : une hybride à dominance Sativa (75 % Sativa / 25 % Indica), avec un taux de THC rapporté entre 21 et 27 % selon les phénotypes, un cycle plus court que les Haze classiques et un bouquet marqué par le pin, l’encens et une douceur sucrée. Son rendement est l’un des arguments historiques de la variété : les fiches breeder évoquent jusqu’à 650 g/m² en indoor et des pieds pouvant dépasser 1,5 kg en pleine terre dans de bonnes conditions.
Cette fiche fait le point sur sa génétique, son profil terpénique, les effets rapportés par les consommateurs, ses performances en culture, les graines disponibles et son statut légal en France. Mise à jour en octobre 2026.
L’essentiel en 30 secondes
• Hybride à dominance Sativa 75 % / Indica 25 %, créée par Dinafem Seeds (Espagne).
• Parents : White Widow × Haze, souvent documentée comme G13 Haze côté Haze.
• THC 21-27 %, CBD inférieur à 1 %, floraison 9-10 semaines.
• Profil aromatique : pin, encens, bois, douceur sucrée, pointe d’agrumes. Rendement très élevé.
Fiche technique de la Moby Dick
Les valeurs rassemblées ici proviennent de la fiche breeder de Dinafem Seeds, croisée avec les relevés indépendants de SeedFinder et de Leafly. Comme pour toute Sativa dominante issue d’une lignée Haze, les chiffres varient d’un phénotype à l’autre : les banques qui ont ensuite commercialisé leur propre Moby Dick (Barney’s Farm, Royal Queen Seeds) donnent parfois des fourchettes légèrement différentes.
| Critère | Valeur |
|---|---|
| Type | Hybride à dominance Sativa, féminisée photopériodique |
| Dominance | 75 % Sativa / 25 % Indica |
| Parents | White Widow × Haze (souvent G13 Haze) |
| Breeder d’origine | Dinafem Seeds (Espagne), fin des années 2000 |
| THC | 21 à 27 % selon les phénotypes |
| CBD | < 1 % |
| Floraison | 9 à 10 semaines (60-70 jours) |
| Hauteur | 120-200 cm en indoor, jusqu’à 300 cm en pleine terre |
| Rendement indoor | 500 à 650 g/m² |
| Rendement outdoor | 1 000 à 1 500 g par plant en conditions optimales |
| Arômes | Pin, encens, bois, douceur sucrée, pointe d’agrumes |
| Climat conseillé | Méditerranéen, chaud et ensoleillé |
Génétique et parents de la Moby Dick
La Moby Dick est créée par Dinafem Seeds, banque espagnole fondée en 2005 et devenue l’un des piliers européens de la graine féminisée. L’objectif affiché par le breeder : condenser dans une seule variété le rendement et la résine de la Widow néerlandaise, et la puissance cérébrale d’une Haze de référence. Dinafem documente le parent Haze comme une G13 Haze, lignée Mr. Nice Seedbank issue elle-même du croisement G13 × Haze, utilisée pour sa vigueur de croissance et son high stimulant.
Côté Indica, la White Widow apporte sa Brazilian Sativa et son South Indian Indica originelle, documentées depuis la fiche breeder de Shantibaba au début des années 1990. Cette double racine est responsable de la couche de résine blanche caractéristique des buds de Moby Dick : on retrouve la densité trichomique de la White Widow sur une architecture de plante typiquement Haze, haute, ramifiée, à grands entre-nœuds.
La variété est rapidement passée du statut de nouveauté à celui de référence commerciale : plusieurs banques (Royal Queen Seeds, Barney’s Farm) proposent leur propre Moby Dick ou leur propre Moby Dick XXL, à partir de parents équivalents ou d’une sélection maison. Les phénotypes diffèrent d’une banque à l’autre, mais la trame reste la même : dominance Sativa large, pin, encens, rendement très élevé.
Le nom Moby Dick, emprunté au cachalot blanc de Melville, n’a rien de décoratif : Dinafem l’a choisi pour la stature de la plante et pour la couche de résine blanche héritée de la Widow, qui recouvre les buds en fin de floraison. L’image a nourri la réputation commerciale de la variété autant que ses chiffres de rendement.
Pour situer la Moby Dick dans la famille élargie, les variétés voisines les plus courantes sont l’Amnesia, autre Sativa à longue floraison dérivée de la Haze, et la Super Silver Haze, autre hybride qui mélange Widow et Haze.
Profil aromatique et terpènes de la Moby Dick
Le bouquet de la Moby Dick est l’un de ses traits les plus reconnaissables : l’attaque est franchement résineuse et boisée, dominée par le pin, suivie d’une couche d’encens typique de la lignée Haze. Vient ensuite une douceur sucrée, parfois presque vanillée, qui adoucit la finale. Certains phénotypes développent une pointe d’agrumes et de poivre.
Les analyses terpéniques publiées par Dinafem et par les laboratoires qui ont testé la variété convergent sur une base terpinolène / myrcène, caractéristique des Sativa modernes à profil « frais ».
| Terpène dominant | Arôme apporté |
|---|---|
| Terpinolène | Pin, fraîcheur résineuse, note florale |
| Myrcène | Herbacé, terreux, base douce |
| Ocimène | Sucré, boisé, légèrement citronné |
| Pinène | Pin frais, résine, encens |
| Caryophyllène (trace) | Poivre, épice, bois sec |
Ce quintet terpénique explique le contraste rapporté entre la fraîcheur boisée dominante et la douceur sucrée qui reste en bouche. Il différencie la Moby Dick des hybrides candy contemporains, où le limonène et le linalol prennent le dessus, et la rapproche des Haze historiques, plus résineuses et plus boisées.
Effets de la Moby Dick rapportés par les consommateurs
Avec un taux de THC compris entre 21 et 27 %, la Moby Dick est classée parmi les Sativa fortes. Les retours publiés sur Leafly et SeedFinder décrivent une montée cérébrale rapide, cohérente avec sa dominance Sativa 75/25 : les consommateurs mentionnent une sensation d’énergie, une humeur plus légère, une tendance à la stimulation mentale et à la créativité, puis en fin d’effet, une légère détente physique attribuée à la part Indica héritée de la Widow.
Comme toute variété à THC élevé, la Moby Dick comporte des effets indésirables fréquemment rapportés : bouche sèche, yeux rouges, sensation de fringale. Chez les personnes sensibles au THC ou en cas de consommation importante, les retours mentionnent de l’anxiété, une accélération du rythme cardiaque, parfois des épisodes de paranoïa. Son taux de THC la place dans la catégorie des variétés déconseillées aux débutants.
Les consommateurs la décrivent plutôt comme une variété de jour, incompatible avec la recherche de sommeil, et la rangent dans la catégorie des Sativa qui restent cérébrales du début à la fin de l’effet, sans véritable couch-lock. La durée perçue, comprise entre deux et trois heures, est cohérente avec un hybride à longue dominance Sativa.
Ces éléments sont présentés à titre documentaire. Ils proviennent de données déclaratives agrégées par Leafly, Dinafem et SeedFinder, et ne constituent ni un conseil d’usage ni une allégation thérapeutique. L’usage de cannabis contenant du THC reste interdit en France (voir plus bas).
Culture, floraison et rendement de la Moby Dick
C’est le point sur lequel la Moby Dick a bâti sa réputation : les fiches breeder la décrivent comme l’une des variétés les plus productives de son époque. Elle hérite de la vigueur de la Haze et de la robustesse de la Widow, avec une floraison raccourcie à 9-10 semaines, là où une Haze classique peut demander 12 à 14 semaines.
En indoor, la Moby Dick stretch fortement en début de floraison : les cultivateurs expérimentés passent en douze heures d’éclairage tôt, souvent après deux à trois semaines de végétatif seulement, pour limiter la hauteur finale. Les techniques de palissage classiques des grandes Sativa — SCROG, LST, étêtage — sont documentées par le breeder pour optimiser la pénétration lumineuse. Dinafem rapporte un rendement de 500 à 650 g/m² entre les mains d’un cultivateur expérimenté.
En outdoor, la variété donne toute sa mesure sous climat méditerranéen, chaud et ensoleillé. Elle peut dépasser trois mètres de haut en pleine terre et produire 1 000 à 1 500 g par pied dans les meilleures conditions, parfois davantage. La récolte intervient généralement en fin octobre dans l’hémisphère nord, ce qui demande un automne clément et sec. Les buds, denses et chargés en résine, sont sensibles à la moisissure si l’humidité dépasse 55-60 % en fin de cycle : une bonne ventilation et un bon drainage sont essentiels.
La Moby Dick est globalement classée dans les variétés accessibles, mais sa taille, son appétit en nutriments et sa densité florale demandent un minimum d’expérience. Ces données proviennent des fiches breeders et sont informatives. En France, la culture de cannabis contenant du THC est interdite aux particuliers, y compris pour un usage personnel. Les graines sont vendues comme objets de collection.
Graines de Moby Dick : versions des banques
Les graines de Moby Dick originelles sont celles de Dinafem, en version féminisée photopériodique. Le breeder propose également une Moby Dick Autoflowering, croisée avec du Ruderalis pour raccourcir le cycle à environ 70-75 jours, au prix d’un taux de THC un peu plus bas et d’un gabarit plus modeste.
D’autres banques commercialisent leur propre lecture de la variété :
- Moby Dick XXL Auto et versions féminisées chez Barney’s Farm, Royal Queen Seeds et Big Head Seeds, avec des fourchettes de rendement et de THC légèrement différentes ;
- versions à profil CBD plus équilibrées, parfois présentées comme Moby Dick CBD, à taux de THC inférieur à 1 % et CBD rapporté autour de 10 % ;
- sélections maison dans certains collectifs espagnols, à partir du matériel Dinafem d’origine.
Pour l’équivalent légal en France, les fleurs CBD du catalogue Jungle Kush respectent le seuil de 0,3 % de THC total équivalent et sont contrôlées en laboratoire. Elles n’ont pas les effets du THC et n’en reproduisent pas la pharmacologie.
Moby Dick : cousines et descendance
La Moby Dick s’inscrit dans la grande famille des Haze modernes à base Widow, aux côtés de plusieurs variétés qui partagent une partie de son matériel génétique :
- la Super Silver Haze, hybride Green House Seeds qui marie Haze, Northern Lights et Skunk, souvent comparée à la Moby Dick pour son high cérébral ;
- l’Amnesia, autre Sativa à longue floraison issue d’une lignée Haze, référence des coffee-shops néerlandais depuis le début des années 2000 ;
- la Moby Dick XXL Auto, dérivée autofloraison stabilisée par plusieurs banques à partir de la Moby Dick originale.
Côté descendance, la Moby Dick a surtout servi de parent dans des hybrides XXL commerciaux et dans des sélections maison : elle est plus connue comme strain propre que comme ancêtre d’une famille étendue, à la différence de la White Widow ou de la Haze d’origine.
Statut légal en France
En France, le cannabis qui contient du Δ9-THC au-delà de 0,3 % en THC total équivalent est un stupéfiant. L’usage, la détention, la culture et la vente sont punis par les articles L. 3421-1 et L. 3421-4 du code de la santé publique. Le seuil et les variétés de chanvre autorisées à la culture sont fixés par l’arrêté du 30 décembre 2021, confirmé par la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022 (n° 444887).
La Moby Dick à profil THC classique (21-27 %) n’est donc pas commercialisée légalement en France sous forme de fleur ou de résine. Les graines, qui ne contiennent pas de THC, sont vendues comme objets de collection. Les fleurs et résines CBD disponibles chez Jungle Kush respectent le seuil de 0,3 % de THC total équivalent et sont contrôlées à chaque lot.

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Contenu informatif. En France, le cannabis contenant du THC est un stupéfiant et sa culture est interdite aux particuliers ; les graines sont vendues comme objets de collection.


