Il y a des variétés dont on connaît le nom sans jamais avoir croisé la plante. La White Widow en fait partie : la « Veuve blanche » a quitté les vitrines des coffee-shops d’Amsterdam au milieu des années 1990 pour devenir un nom commun du cannabis, cité dans les films, les chansons et les palmarès. Sa particularité est visible à l’œil nu : les fleurs sont tellement chargées en trichomes qu’elles semblent saupoudrées de givre, d’où ce « White » qui a fait sa légende.
Côté chiffres, la White Widow est un hybride équilibré (autour de 60 % Indica et 40 % Sativa selon les sources), avec un THC généralement rapporté entre 18 et 25 % et une floraison de 8 à 9 semaines. Elle a remporté la Cannabis Cup High Times en 1995, à peine un an après sa mise sur le marché, ce qui reste un joli coup de démarrage pour une génétique issue de deux variétés locales (landraces) du Brésil et d’Inde du Sud.
Attention à ne pas la confondre avec sa cousine à cycle court : cette fiche traite la White Widow photopériodique, l’originale. Si vous cherchez la version autofloraison, elle a sa propre page : White Widow Auto. On voit plus bas ce qui les distingue. Mis à jour en octobre 2026.
L’essentiel en 30 secondes
• Hybride Brazilian Sativa × South Indian Indica, dominance Indica (~60/40), née à Amsterdam en 1994-1995.
• Attribuée à Shantibaba et diffusée par Green House Seeds ; Cannabis Cup 1995.
• THC 18-25 %, floraison 8-9 semaines, couche de trichomes exceptionnelle.
• Arômes terreux, boisés, poivrés, avec une note de pin et une pointe sucrée.
• Version autofloraison distincte : voir la fiche White Widow Auto.
Fiche technique de la White Widow
Les valeurs ci-dessous synthétisent les fiches publiées par les banques de graines et les relevés de SeedFinder et Leafly. Comme toujours avec une variété ancienne, plusieurs sélections circulent sous le même nom : comptez des écarts d’un phénotype à l’autre.
| Critère | Valeur |
|---|---|
| Type | Hybride, photopériodique (la version autofloraison est une autre variété) |
| Dominance | Environ 60 % Indica / 40 % Sativa (parfois donnée 50/50) |
| Parents | Brazilian Sativa × South Indian Indica |
| Breeder | Shantibaba, Green House Seeds (Amsterdam, 1994-1995) |
| THC | 18 à 25 % |
| CBD | Faible, généralement inférieur à 1 % |
| Floraison | 8 à 9 semaines |
| Rendement indoor rapporté | 400 à 600 g/m² |
| Rendement outdoor rapporté | 500 à 900 g/plant en conditions idéales |
| Hauteur | 60 à 100 cm en intérieur, jusqu’à 2 m en extérieur |
| Arômes | Terre, bois, poivre, pin, touche sucrée |
| Palmarès | Cannabis Cup High Times 1995 |
Génétique et parents de la White Widow
La White Widow naît à Amsterdam au début des années 1990 et sort officiellement en 1994-1995 sous la bannière de Green House Seeds. La paternité est généralement attribuée au breeder Shantibaba, que certaines sources associent à Scott Blakey dans l’équipe de l’époque ; comme souvent dans l’histoire des banques de graines, le récit varie selon qui le raconte et la sélection d’origine a ensuite essaimé sous plusieurs étiquettes.
Ce qui fait consensus, ce sont les parents : une Sativa brésilienne (la Manga Rosa est parfois citée, sans certitude) croisée avec une Indica d’Inde du Sud. Deux landraces pures, deux tempéraments opposés. La première apporte la longueur, l’énergie et un côté aérien ; la seconde la structure trapue, la rapidité de floraison et surtout une production de résine hors norme. Le pari était de garder le meilleur des deux, et le résultat a été jugé suffisamment réussi pour que la variété devienne en quelques mois la référence « givrée » des vitrines hollandaises.
Sur le papier, la dominance se situe autour de 60 % Indica pour 40 % Sativa. Les banques ne s’accordent pas toutes, certaines parlant d’un 50/50, ce qui n’a rien d’étonnant : on mesure rarement la « part d’Indica » d’une plante autrement qu’à l’allure, à la structure et au cycle.
La White Widow à Amsterdam : Cannabis Cup 1995 et réputation
Le triomphe de la White Widow tient autant à son apparence qu’à son pedigree. Les fleurs, denses, vert clair, sont tellement recouvertes de trichomes cristallins qu’elles paraissent blanches, comme poudrées de sucre glace. C’est ce « manteau » qui lui vaut son nom, et c’est lui qui a fait d’elle la référence visuelle à laquelle on a comparé toutes les variétés givrées qui ont suivi.
En 1995, elle remporte la Cannabis Cup High Times, soit moins d’un an après sa sortie. Dans la foulée, elle s’impose dans les coffee-shops d’Amsterdam et sert de carte de visite à Green House Seeds, qui bâtit sur elle une partie de sa réputation. Trente ans plus tard, elle figure toujours dans les catalogues de la plupart des grandes banques et dans les classements de variétés classiques.
Son influence est considérable. Elle a servi de parent à une belle liste de croisements, dont la White Russian et la White Rhino, détaillées plus bas. Dans le même mouvement, elle a contribué à installer l’idée qu’une variété pouvait être un produit de marque, avec un nom, un visuel et une histoire reconnaissables d’un pays à l’autre.
Profil aromatique et terpènes de la White Widow
La White Widow n’est pas une variété « bonbon ». Son profil est celui d’une génétique des années 1990 : un fond terreux et boisé, une note d’encens et de pin, un côté poivré, et une douceur légèrement sucrée qui arrondit l’ensemble en fin de bouche. À l’ouverture du pot, l’odeur est franche, assez résineuse, sans la sucrosité des hybrides gourmands d’aujourd’hui.
| Terpène dominant | Arôme associé |
|---|---|
| Myrcène | Terre humide, herbe, base douce |
| Caryophyllène | Poivre noir, épices, bois sec |
| Pinène | Résine de pin, fraîcheur forestière |
| Limonène (en retrait) | Zeste d’agrume, pointe sucrée |
Cette signature terpénique est typique d’un hybride à dominante Indica de l’époque : myrcène et caryophyllène au premier plan, pinène en soutien. Elle se retrouve chez beaucoup de vieilles variétés néerlandaises, et c’est en partie pour cela qu’on parle de goût « old-school » dès qu’on la compare aux profils fruités et sucrés des variétés récentes.
Effets de la White Widow rapportés par les consommateurs
Avec 18 à 25 % de THC, la White Widow se situe dans la fourchette haute des hybrides classiques. Les retours agrégés par Leafly, SeedFinder et les banques décrivent une expérience en deux temps : une montée plutôt cérébrale et rapide, avec une sensation d’énergie et une humeur décrite comme enjouée, puis une détente corporelle progressive qui, selon les témoignages, reste « présente » sans verrouiller complètement le consommateur.
C’est cet équilibre qui lui vaut sa réputation d’hybride « polyvalent » : ni franchement stimulante, ni franchement sédative, avec une transition douce d’un registre à l’autre. Plusieurs retours évoquent aussi une sociabilité accrue et une créativité en roue libre ; ce sont des ressentis individuels, pas des propriétés garanties, et ils varient fortement selon la dose, le phénotype et la sensibilité de chacun.
Comme toute variété riche en THC, elle a son lot d’effets indésirables régulièrement mentionnés : bouche sèche, yeux rouges, fringales, parfois étourdissements. À dose élevée ou chez les personnes sensibles, certains retours évoquent de l’anxiété, un rythme cardiaque accéléré ou des idées de paranoïa passagères. Ces éléments sont reportés à titre informatif et documentaire ; ils ne constituent ni un conseil d’usage ni une promesse d’effet.
Culture, floraison et rendement de la White Widow
Les fiches des breeders s’accordent sur la réputation de robustesse de la White Widow : une plante vigoureuse, à la structure plutôt Indica, qui reste de taille raisonnable en intérieur (60 à 100 cm) mais peut dépasser les 2 mètres en extérieur. Elle développe une cola centrale dominante, des branches solides et des fleurs compactes qui retiennent l’humidité, un point de vigilance souvent mentionné en fin de floraison.
Le cycle de floraison est de 8 à 9 semaines, plutôt court pour un hybride. En intérieur, les rendements rapportés se situent entre 400 et 600 g/m² ; en extérieur, les chiffres les plus optimistes évoquent 500 à 900 g par pied dans de bonnes conditions. Côté climat, elle est décrite comme tolérante : elle apprécie les régions tempérées à méditerranéennes mais supporte les automnes plus frais mieux que beaucoup de génétiques longues. La récolte extérieure tombe généralement autour du mois d’octobre dans l’hémisphère nord.
Ces données proviennent des fiches breeders et sont données à titre purement informatif. En France, la culture de cannabis contenant du THC est interdite, y compris pour un usage personnel ; aucune recommandation de culture n’est donnée ici.
White Widow ou White Widow Auto : les différences
C’est la confusion la plus fréquente dans les recherches : « White Widow » et « White Widow Auto » ne désignent pas la même plante. La seconde est une dérivée de la première, croisée avec du Cannabis Ruderalis pour que la floraison se déclenche avec l’âge de la plante plutôt qu’avec la durée du jour. Résultat : un cycle complet d’environ 70 jours, mais un THC un peu plus bas et un rendement plus modeste.
| Critère | White Widow (originale) | White Widow Auto |
|---|---|---|
| Type | Photopériodique | Autofloraison |
| Génétique | Brazilian Sativa × South Indian Indica | Widow × Ruderalis |
| THC rapporté | 18-25 % | 16-19 % |
| Cycle | Végétation + 8-9 semaines de floraison | ~70 jours de la graine à la récolte |
| Palmarès | Cannabis Cup High Times 1995 | Aucun palmarès propre |
L’originale a l’avantage du pedigree et d’un potentiel un peu supérieur ; la version Auto, de la rapidité. Tout le détail est dans la fiche White Widow Auto.
Graines de White Widow et versions CBD
Les graines de White Widow sont proposées par à peu près toutes les grandes banques, en version régulière ou féminisée, et chaque sélection garde sa propre empreinte. Green House Seeds reste la banque historique, mais Royal Queen Seeds, Dutch Passion, Sensi Seeds ou Barney’s Farm ont leurs versions. Les écarts rapportés (taille, vigueur, taux de THC) s’expliquent par ces sélections différentes autour d’un même nom.
Il existe aussi des déclinaisons riches en CBD et pauvres en THC, parfois nommées White Widow CBD. Chez Jungle Kush, ce profil se retrouve en fleur bio française, conforme au seuil de 0,3 % de THC total équivalent, dans la catégorie fleurs CBD.
Cousines et lignée de la White Widow
Devenue parent de référence, la White Widow a donné naissance à toute une famille de « White » et d’hybrides qui s’en inspirent. Quelques-unes de ces cousines méritent d’être citées :
- la White Russian, croisement White Widow × AK-47 stabilisé par Serious Seeds et lauréate de la Cannabis Cup 1996 ;
- la White Rhino, une autre « White » de la maison Green House, plus massive ;
- la Northern Lights, autre grande figure de la scène néerlandaise des années 1990, indica de référence souvent citée en comparaison pour sa résine et sa floraison courte ;
- la Afghani, landrace indica qui illustre la branche « résineuse » du cannabis moderne, très présente dans l’arbre généalogique des hybrides de cette génération ;
- la Jack Herer, variété néerlandaise de la même époque et elle aussi régulièrement citée dans les palmarès de la High Times Cannabis Cup.
Ces fiches permettent de situer la White Widow dans son contexte : une génération de variétés qui ont posé les bases de la génétique européenne actuelle, avant l’arrivée des hybrides californiens, plus sucrés et souvent plus puissants.
Statut légal en France
En France, un cannabis qui contient du Δ9-THC au-delà de 0,3 % en THC total équivalent est un stupéfiant. L’usage, la détention, la culture et la vente sont réprimés par le code de la santé publique (articles L. 3421-1 et suivants). Le seuil de 0,3 % est fixé par l’arrêté du 30 décembre 2021, confirmé par la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022 (n° 444887).
La White Widow à profil THC classique (18-25 %) n’est donc pas commercialisée légalement en France. Les graines, qui ne contiennent pas de THC, sont vendues comme objets de collection. Les fleurs de profil CBD disponibles chez Jungle Kush respectent le seuil de 0,3 % de THC total équivalent et sont analysées en laboratoire.
Questions fréquentes sur la White Widow
La White Widow est-elle plutôt Indica ou Sativa ?
C’est un hybride équilibré, généralement donné à environ 60 % Indica pour 40 % Sativa, parfois 50/50 selon les banques. Ses parents sont une Sativa brésilienne et une Indica d’Inde du Sud.
Quel est le taux de THC de la White Widow ?
Les valeurs rapportées se situent entre 18 et 25 %, avec un CBD généralement inférieur à 1 %. Le taux réel dépend de la sélection de la banque et du phénotype.
Qui a créé la White Widow ?
Elle est attribuée au breeder Shantibaba et a été diffusée par Green House Seeds à Amsterdam en 1994-1995. Les récits varient selon les sources, comme souvent dans l’histoire des banques de graines.
Pourquoi s’appelle-t-elle « White » Widow ?
À cause de la couche de trichomes blancs qui recouvre ses fleurs en fin de floraison et leur donne un aspect givré, comme saupoudré de sucre glace.
Quelle est la différence entre la White Widow et la White Widow Auto ?
L’originale est photopériodique : elle fleurit quand la durée du jour baisse. La version Auto est croisée avec du Ruderalis et fleurit selon l’âge de la plante, pour un cycle d’environ 70 jours et un THC un peu inférieur.
Combien de temps dure la floraison de la White Widow ?
Les fiches des breeders donnent 8 à 9 semaines de floraison en intérieur, avec une récolte extérieure autour d’octobre dans l’hémisphère nord.
La White Widow est-elle légale en France ?
Pas dans sa version à THC classique : au-delà de 0,3 % de THC total équivalent, le cannabis est un stupéfiant. Seules les variétés et fleurs de profil CBD respectant ce seuil peuvent être vendues.

White Widow CBD
La White Widow en version CBD cultivée en France, moins de 0,3 % de THC total équivalent, profil terreux et poivré fidèle à l'originale.
Contenu informatif. En France, le cannabis contenant du THC est un stupéfiant et sa culture est interdite aux particuliers ; les graines sont vendues comme objets de collection.


