Non, le cannabis n’est pas légal à Dubaï, et le CBD non plus. Aux Émirats arabes unis, la plante est un stupéfiant sous toutes ses formes : herbe, résine, huile, e-liquide, edibles. Il n’existe aucun seuil de tolérance, aucune exception pour les touristes ni pour le cannabis médical. Quelques milligrammes au fond d’une poche, ou de simples traces dans le sang ou les urines, suffisent à déclencher des poursuites.
Dubaï attire des millions de voyageurs, pour un séjour, un salon ou une escale entre l’Europe et l’Asie. C’est aussi une destination où la diplomatie française et britannique répète la même mise en garde : tolérance zéro, contrôles dès l’aéroport, y compris pour les passagers en transit. Beaucoup ignorent qu’un produit parfaitement légal chez eux, comme une fleur ou une huile de CBD, y est traité comme de la drogue.
La loi a pourtant bougé ces dernières années : une réforme en 2021, un décret sur le chanvre industriel et un durcissement des règles d’expulsion en décembre 2025. Voici ce que dit exactement le droit émirien au 26 septembre 2026, les peines réellement encourues, le cas du CBD, et les précautions à prendre avant de partir.
L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis : interdit à Dubaï et dans les sept émirats, pour tout usage, sans seuil minimal.
• CBD : interdit lui aussi ; le décret de décembre 2025 sur le chanvre exclut tout usage personnel, alimentaire ou à fumer.
• Touriste : au moins 3 mois de prison ou une amende dès la première infraction, et expulsion obligatoire des étrangers condamnés depuis décembre 2025.
• Un test positif vaut infraction, même si vous avez consommé en France avant le départ.
Que dit la loi à Dubaï en 2026 ?
Dubaï est l’un des sept émirats de la fédération des Émirats arabes unis (EAU), avec Abou Dhabi, Sharjah, Ajman, Oumm al-Qaïwaïn, Ras el-Khaïmah et Fujaïrah. En matière de drogues, c’est la loi fédérale qui s’applique partout : les règles sont les mêmes à Dubaï Marina, sur la corniche d’Abou Dhabi ou dans le désert de Ras el-Khaïmah.
Le texte de référence est le décret-loi fédéral n° 30 de 2021 sur la lutte contre les stupéfiants et les substances psychotropes, entré en vigueur le 2 janvier 2022. Il a remplacé la loi fédérale n° 14 de 1995, qui prévoyait quatre ans de prison minimum pour un simple usage. Il a été modifié en décembre 2025 pour durcir plusieurs points, notamment l’expulsion des étrangers.
Ce que ce cadre interdit, concrètement :
- la consommation, quelle que soit la forme (joint, vapotage, gâteau, huile) ;
- la détention, même d’une quantité infime : pas de seuil légal, des résidus dans un grinder ou sur un vêtement peuvent suffire ;
- l’importation, y compris dans un bagage en transit ;
- la culture, y compris d’un seul pied ; l’ambassade de France déconseille même de garder des graines de cannabis au fond d’un sac ;
- la présence de cannabinoïdes dans l’organisme, révélée par un test sanguin ou urinaire.
Le hashish (résine), la marijuana (herbe) et leurs dérivés sont explicitement cités par l’ambassade de France parmi les produits interdits, aux côtés de l’héroïne et de la cocaïne. Pour la justice émirienne, il n’y a pas de « drogue douce ».
Amendes, prison, expulsion : les peines
Depuis 2022, le juge peut choisir entre prison et amende pour un premier usage. Mais les peines restent lourdes, et elles montent vite en cas de récidive ou de soupçon de trafic.
| Situation | Peine prévue par la loi émirienne |
|---|---|
| Usage ou détention pour usage personnel, 1re infraction | Au moins 3 mois de prison ou une amende pouvant atteindre 100 000 dirhams (environ 23 000 €) |
| Récidive dans les 3 ans | Au moins 6 mois de prison ou une amende pouvant atteindre 100 000 dirhams |
| Troisième infraction | Au moins 2 ans de prison et une amende d’au moins 100 000 dirhams |
| Refus de se soumettre à un test | Puni plus sévèrement que l’usage : la loi prévoit au moins 2 ans de prison et 100 000 dirhams d’amende |
| Vente, trafic, importation pour autrui | Au moins 5 ans de prison, jusqu’à la perpétuité, voire la peine de mort, dans les cas les plus graves |
| Étranger condamné | Expulsion obligatoire après la peine (sauf rares exceptions familiales) |
Ce barème est un minimum légal, pas une promesse de clémence. L’ambassade de France aux Émirats prévient d’ailleurs que consommer ou détenir des stupéfiants, quelle que soit la quantité, « peut entraîner » quatre à dix ans d’emprisonnement, jusqu’à quinze ans en cas de circonstances aggravantes. La raison : c’est le parquet qui qualifie les faits, et quelques flacons ou sachets peuvent faire basculer un dossier d’usage vers le trafic.
L’affaire Billy Hood l’a montré. Ce Britannique de 24 ans, entraîneur de football installé aux Émirats, a été arrêté en janvier 2021 avec quelques flacons d’e-liquide au CBD dans sa voiture. Poursuivi pour trafic, il a été condamné à 25 ans de prison, alors que ces produits étaient légaux au Royaume-Uni.

Et le CBD à Dubaï ?
C’est le point qui surprend le plus les voyageurs français : le CBD est illégal à Dubaï, au même titre que le cannabis. Le taux de THC n’y change rien. Une fleur à 0,2 % de THC, une huile « sans THC » ou un e-liquide acheté en boutique en France sont traités comme des stupéfiants. Les cigarettes électroniques contenant des huiles de CBD sont même citées nommément par la diplomatie française : elles sont « formellement interdites » et assimilées à des produits narcotiques ou psychotropes.
Mi-décembre 2025, les EAU ont publié un décret-loi fédéral sur le chanvre industriel. Certains titres en ont conclu que le CBD devenait légal. C’est faux, et le texte est clair :
- il autorise, sous licence, le chanvre à 0,3 % de THC maximum pour le textile, la construction, le papier, l’emballage et des médicaments autorisés par les autorités sanitaires ;
- il interdit tout usage personnel ou récréatif du chanvre ;
- il exclut les aliments, compléments alimentaires, produits vétérinaires et produits à fumer ;
- il interdit les cosmétiques au chanvre, sauf ceux à base d’huile de graines ou de tiges ;
- chaque émirat peut restreindre encore davantage ces activités sur son territoire.
En pratique, il n’existe donc aucun « CBD shop » légal à Dubaï ni à Abou Dhabi, et aucune fleur, résine ou huile de CBD en vente libre. Les seuls produits au chanvre que vous croiserez en rayon sont des cosmétiques à l’huile de graines de chanvre, sans CBD. Vos produits habituels restent à la maison, et vous les retrouverez à votre retour.

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Ce que risque un touriste ou un passager en escale
La loi émirienne s’applique dès que vous posez le pied à l’aéroport, que vous restiez deux semaines ou deux heures. Les aéroports de Dubaï (DXB) et d’Abou Dhabi (AUH) sont des plaques tournantes pour les vols vers l’Asie, l’océan Indien et l’Australie : un passager en correspondance est soumis aux mêmes contrôles et à la même loi qu’un touriste. Si vous avez l’habitude de voyager avec du CBD en Europe, lisez notre guide voyager en avion avec du CBD : les règles européennes ne valent plus rien une fois arrivé dans le Golfe.
Les situations qui mènent le plus souvent à une interpellation :
- Le contrôle à l’arrivée : scanners, fouilles et chiens détecteurs. Un reste de CBD ou une vapoteuse oubliée au fond d’un sac suffit.
- Les traces : des résidus sur un vêtement, dans un étui ou un grinder peuvent justifier une arrestation, selon l’ambassade.
- Le test sanguin ou urinaire : il peut être demandé après un accident, une bagarre, un contrôle routier ou un simple comportement jugé suspect. Le cannabis se détecte plusieurs jours, parfois plusieurs semaines après la consommation, et la présence de stupéfiants dans l’organisme suffit à constituer l’infraction, même si vous avez consommé avant d’arriver. Pour comprendre ces délais, voir combien de temps le THC reste dans l’organisme.
- Les objets : la loi réprime aussi la promotion des drogues. Un vêtement ou un accessoire à l’effigie de la feuille de cannabis n’est pas une bonne idée.
En cas d’arrestation, la procédure (enquête, analyses, jugement) peut durer plusieurs mois. Vous pouvez être défendu par un avocat habilité aux Émirats et demander que votre consulat soit prévenu, mais le consulat ne peut pas intervenir dans la procédure judiciaire ni vous faire libérer. Pour un étranger, une condamnation se termine désormais par une expulsion, souvent assortie d’une interdiction de revenir sur le territoire.
2021, 2025 : ce qui a vraiment changé
Fin 2021, de nombreux articles ont titré que Dubaï « ne mettait plus les touristes en prison » pour du THC. La réalité est plus nuancée.
La réforme de 2021 (en vigueur le 2 janvier 2022) a apporté trois changements réels :
- la fin de la peine plancher de quatre ans pour un premier usage, remplacée par trois mois minimum ou une amende ;
- une voie de réhabilitation : un usager qui se présente de lui-même à un centre de traitement avant toute arrestation peut échapper aux poursuites, et le juge peut ordonner un programme de soins plutôt que la prison ;
- une expulsion des étrangers laissée, à l’époque, à l’appréciation du juge.
Cette voie de réhabilitation est surtout pensée pour les résidents : un touriste de passage, sans adresse ni emploi sur place, a peu de chances d’être orienté vers un programme de soins de plusieurs mois.
Décembre 2025 a marqué un net retour de balancier. Des amendements au décret-loi, annoncés le 11 décembre, ont rendu l’expulsion obligatoire pour tout étranger condamné pour une infraction liée aux stupéfiants, usage compris, une fois sa peine purgée. Seules exceptions : être le conjoint ou un parent au premier degré d’un citoyen émirien, ou le cas où le tribunal estime que l’expulsion nuirait gravement à la stabilité d’une famille installée sur place. Le même texte a durci les sanctions contre les médecins et pharmacies qui délivrent des stupéfiants sans justification, et confié la régulation des médicaments à la nouvelle Emirates Drug Establishment.
En résumé : la loi est un peu moins brutale qu’avant 2022 pour un primo-délinquant, mais rien n’a été dépénalisé, et les étrangers sont aujourd’hui plus exposés à l’expulsion qu’en 2022.
Médicaments, cannabis médical et bhang
Le cannabis médical n’est pas reconnu pour les voyageurs. Une ordonnance française, allemande ou thaïlandaise de cannabis thérapeutique n’a aucune valeur aux Émirats : vous ne pouvez pas entrer avec ces produits, même avec le document original. Le décret de 2025 ouvre la porte à des médicaments dérivés du chanvre, mais uniquement ceux autorisés et distribués par le circuit pharmaceutique émirien.
Pour vos autres traitements, la vigilance s’impose aussi. Certains médicaments courants en France, comme ceux qui contiennent de la codéine, sont classés parmi les substances contrôlées. L’ambassade de France recommande de voyager avec un certificat médical à votre nom, établi par un spécialiste et daté, et de demander en ligne une autorisation d’importation pour usage personnel auprès des autorités sanitaires émiriennes avant le départ.
Enfin, une partie des recherches sur le sujet concerne le bhang, cette préparation indienne à base de feuilles de cannabis traditionnellement consommée pendant la fête de Holi. La communauté indienne est très présente à Dubaï, mais la tradition ne crée aucune exception : le bhang est un produit du cannabis, donc interdit, tout comme le hashish ou les edibles.
Dubaï ou France : ce qui change
Le CBD en vente libre en France n’a pas d’équivalent aux Émirats. Pour le détail du droit français, consultez notre guide sur la légalité du CBD en France.
| Question | Dubaï (Émirats arabes unis) | France |
|---|---|---|
| Cannabis (THC) | Interdit, sans seuil | Interdit |
| Fleurs et résines de CBD | Interdites, traitées comme des stupéfiants | Légales jusqu’à 0,3 % de THC |
| Huile ou e-liquide au CBD | Interdits | Légaux jusqu’à 0,3 % de THC |
| Usage de cannabis, 1re fois | Au moins 3 mois de prison ou jusqu’à 100 000 dirhams, puis expulsion d’un étranger | Amende forfaitaire de 500 € (400 € minorée, 1 000 € majorée) |
| Test positif sans produit sur soi | Constitue une infraction | Sanctionné au volant (jusqu’à 3 ans et 9 000 €) |
Le contraste est total : ce qui se vend légalement dans une boutique française, comme nos fleurs de CBD ou nos résines de CBD, peut valoir une procédure pénale à Dubaï. La règle est simple : ces produits restent en France.
Questions fréquentes
Peut-on fumer du cannabis à Dubaï si l’on est touriste ?
Non. La loi fédérale s’applique aux touristes comme aux résidents : un premier usage expose à au moins trois mois de prison ou à une amende, et un étranger condamné est désormais expulsé.
Existe-t-il des CBD shops à Dubaï ou à Abou Dhabi ?
Non. Aucune fleur, huile ou résine de CBD n’est en vente légale aux Émirats. Pour le grand public, seuls des cosmétiques à l’huile de graines ou de tiges de chanvre, sans CBD, sont autorisés.
Le hash est-il toléré à Dubaï ?
Non. La résine de cannabis (hashish) est un stupéfiant au même titre que l’herbe, et aucune quantité n’est tolérée.
Peut-on transiter par Dubaï avec du CBD dans ses bagages ?
Non. Un passager en correspondance est soumis à la loi émirienne. Du CBD dans un bagage, même en transit, expose aux mêmes poursuites qu’à l’entrée sur le territoire.
Le mot de la fin : Dubaï se visite pour ses tours, ses plages et son désert, pas pour le chanvre. Voyagez sans aucun produit à base de cannabis ou de CBD, et vérifiez vos sacs avant de partir.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.


