Non : le cannabis est totalement interdit en Arabie saoudite, et le CBD aussi. Herbe, haschich, huile, e-liquide ou cosmétique au chanvre : aucune forme n’est tolérée, ni pour l’usage récréatif, ni pour un usage médical. Le Royaume applique une politique de tolérance zéro et ne fait aucune distinction entre drogues douces et drogues dures, comme le rappellent les autorités canadiennes dans leurs conseils aux voyageurs mis à jour en septembre 2026.
Les sanctions comptent parmi les plus lourdes au monde. Selon le ministère britannique des Affaires étrangères (FCDO), la détention d’une petite quantité peut valoir jusqu’à 5 ans de prison et 30 000 riyals d’amende, et le trafic ou la contrebande peuvent conduire à la peine de mort. Ce n’est pas une menace théorique : l’Arabie saoudite a exécuté 356 personnes en 2025, un record, dont 243 pour des affaires de drogue selon le décompte de l’AFP.
Le contraste avec la France est total : un produit acheté légalement dans une boutique française devient un stupéfiant à l’aéroport de Riyad ou de Djeddah. Voici la loi saoudienne en 2026, les peines, le cas du CBD et les pièges pour les touristes et les pèlerins.
L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis interdit sous toutes ses formes, sans usage médical reconnu.
• CBD interdit lui aussi, même à moins de 0,3 % de THC : aucun produit au CBD dans la valise.
• Petite quantité : jusqu’à 5 ans de prison et 30 000 riyals ; trafic : peine de mort possible.
• Bagages contrôlés à l’arrivée, y compris pour les pèlerins de l’Omra et du Hajj.
Que dit la loi en Arabie saoudite en 2026 ?
Le système judiciaire saoudien repose sur la charia, et la répression des stupéfiants s’appuie sur une loi nationale de lutte contre les stupéfiants et les substances psychotropes. Le cannabis y figure parmi les substances interdites, au même titre que l’héroïne ou les amphétamines. Il n’existe ni seuil de tolérance, ni amende forfaitaire, ni dépénalisation de la consommation personnelle.
Concrètement, sont interdits :
- la consommation, même occasionnelle et même en privé ;
- la détention, quelle que soit la quantité ;
- l’importation, la fabrication, la culture et la vente ;
- les produits qui contiennent des ingrédients de ces substances, ce qui vise directement les dérivés du chanvre.
Le cannabis médical n’existe pas davantage. Les médicaments contenant des stupéfiants ou des psychotropes sont strictement encadrés par l’Autorité saoudienne des aliments et des médicaments (SFDA), et une ordonnance étrangère de cannabis thérapeutique n’ouvre aucun droit sur place.
L’ouverture au tourisme portée par le programme Vision 2030 n’a rien changé sur ce point. Au contraire, le pays mène une « guerre contre la drogue », tournée surtout contre le Captagon, une amphétamine de contrebande : contrôles renforcés sur les routes et aux frontières, saisies massives, exécutions. Aucun assouplissement de la loi sur le cannabis n’est annoncé à la date de cette mise à jour.
Prison, amende, peine de mort : les peines
Le FCDO britannique (mise à jour du 20 septembre 2026) indique qu’une petite quantité peut entraîner jusqu’à 5 ans de prison et 30 000 riyals d’amende (environ 7 000 euros), et que la vente et la contrebande peuvent être punies de mort. Le Canada ajoute que les personnes condamnées pour des infractions liées à la drogue s’exposent à des châtiments corporels ou à la peine de mort.
| Situation | Ce que vous risquez |
|---|---|
| Consommation ou petite quantité pour soi | Jusqu’à 5 ans de prison et 30 000 riyals d’amende |
| Produit au CBD ou résidus dans les bagages | Considéré comme un produit stupéfiant : saisie, arrestation et poursuites possibles |
| Vente, trafic, contrebande | Peine de mort possible |
| Étranger en infraction | Détention ou expulsion ; une fois expulsé, plus aucune entrée autorisée dans le pays |
Après une pause d’environ trois ans, les exécutions dans des affaires de drogue ont repris en novembre 2022. Le pays a ensuite exécuté 338 personnes en 2024, puis 356 en 2025, dont 243 dans des affaires de stupéfiants. Selon Amnesty International, les étrangers représentent près de trois quarts des personnes exécutées pour des faits de drogue entre 2014 et mi-2025.
La procédure elle-même est une épreuve : le Canada prévient que les suspects peuvent être détenus longtemps sans accès à un avocat ni à l’assistance consulaire, dans une justice lente et peu transparente, et qu’une interdiction de quitter le territoire peut être prononcée.
Et le CBD en Arabie saoudite ?
Le CBD est interdit en Arabie saoudite, sans aucune nuance. Le Royaume ne reconnaît aucun taux de THC en dessous duquel un produit issu du chanvre serait autorisé : la règle européenne des 0,3 % de THC n’a aucune valeur sur place. Les autorités canadiennes rappellent que les sanctions visent aussi les « produits contenant leurs ingrédients ».
Sont donc concernés, sans exception :
- les fleurs et résines CBD, même achetées en boutique en France ;
- les huiles et gouttes de CBD, quel que soit l’usage prévu ;
- les e-liquides au CBD et les puffs ;
- les cosmétiques au chanvre, les gommes et les tisanes ;
- les accessoires portant des résidus (grinder, pipe, feuilles déjà utilisées).
Le réflexe à adopter est simple : aucun produit au CBD ne doit voyager avec vous, ni en soute, ni en cabine, ni dans une trousse de toilette. Notre guide pour voyager en avion avec du CBD rappelle les règles à connaître avant un vol ; pour l’Arabie saoudite, la réponse est simple : c’est non. En France, en revanche, le CBD reste légal sous conditions : les règles sont détaillées dans notre guide sur la loi CBD en France.

Haschich Libanais
Résine CBD inspirée du haschich libanais, 0,3 % de THC maximum : légale en France, à garder chez vous, jamais dans la valise.
Ce que risque un touriste ou un pèlerin
Un passeport étranger ne protège de rien : la loi saoudienne s’applique à tous, dès l’arrivée à l’aéroport. Le Canada précise que les bagages sont contrôlés à l’arrivée et que l’importation de stupéfiants est strictement interdite, comme celle de l’alcool.
Quelques situations méritent une attention particulière :
- Pèlerins de l’Omra et du Hajj : les règles sont exactement les mêmes. Le statut de pèlerin ne donne droit à aucune tolérance, et les bagages sont contrôlés à Djeddah ou à Médine comme partout ailleurs.
- Escale à Riyad ou Djeddah : même en simple correspondance, vous restez soumis à la loi saoudienne. Un produit au CBD découvert dans un bagage peut suffire à déclencher une procédure.
- Consommation avant le départ : la consommation est elle-même une infraction. Si vous avez consommé du cannabis en Europe, gardez en tête qu’il reste détectable plusieurs jours, voire davantage (voir notre article sur la durée de détection du THC).
- Médicaments : certains médicaments vendus en France, avec ou sans ordonnance, sont des substances contrôlées en Arabie saoudite. Le Canada recommande de garder l’emballage d’origine et une copie de l’ordonnance, et impose de demander en ligne une autorisation de la SFDA si le traitement est classé comme contrôlé ; le FCDO rappelle lui aussi qu’une autorisation saoudienne peut être nécessaire.
Enfin, le consulat ne peut pas vous faire libérer. Il peut prévenir vos proches, vous aider à trouver un avocat et suivre votre situation, mais il n’intervient pas dans la procédure judiciaire saoudienne.

Arabie saoudite ou France : ce qui change
| Arabie saoudite | France | |
|---|---|---|
| Cannabis récréatif | Interdit, tolérance zéro | Interdit |
| Usage simple | Jusqu’à 5 ans de prison et 30 000 riyals | Amende forfaitaire de 500 € (loi du 18 août 2026) |
| Trafic | Peine de mort encourue | Peines de prison |
| CBD (0,3 % de THC maximum) | Interdit | Légal, fleurs comprises |
| Cannabis médical | Inexistant | Accès médical très restreint |
En clair : ce qui est un produit de boutique en France devient un stupéfiant une fois la frontière saoudienne franchie. Pour un voyage dans la région, la logique est la même au Qatar et à Dubaï, ainsi qu’en Égypte.
Questions fréquentes
Le haschich est-il toléré en Arabie saoudite ?
Non. Le haschich est un dérivé du cannabis et relève exactement des mêmes interdictions : prison pour la détention, peine de mort possible pour le trafic et la contrebande.
Peut-on emporter de l’huile de CBD en Arabie saoudite ?
Non. Aucun taux de THC n’est toléré et les produits contenant des dérivés du cannabis sont visés par la loi. Une huile de CBD légale en France est considérée comme un produit stupéfiant à l’arrivée.
Une ordonnance de cannabis médical est-elle reconnue ?
Non. Le cannabis médical n’existe pas en Arabie saoudite. Pour tout autre traitement, vérifiez auprès de la SFDA s’il est contrôlé et demandez l’autorisation avant le départ.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.


