Non, le cannabis n’est pas légal en Jordanie, et le CBD non plus. La loi jordanienne sur les stupéfiants, la loi n° 23 de 2016, interdit toute détention, tout usage, toute culture et tout commerce de cannabis, sans faire de différence entre l’herbe, la résine et les produits au CBD. Il n’existe ni cannabis médical accessible, ni seuil de tolérance, ni exception pour les touristes. Même une petite quantité constitue une infraction pénale.
Le pays se visite pour Pétra, le Wadi Rum, la mer Morte ou Amman, et il accueille volontiers les voyageurs. Mais en matière de drogues, la Jordanie reste très ferme : elle se trouve sur la route du trafic venu de Syrie, et ses services antidrogue traitent chaque année des milliers d’affaires, surtout de simples consommateurs.
Voici ce que prévoit le droit jordanien au 28 septembre 2026 : loi, peines, CBD, médicaments, contrôles et situation sécuritaire.
L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis : interdit en Jordanie, pour tout usage, récréatif comme médical (loi n° 23 de 2016).
• CBD : interdit lui aussi, la loi ne distinguant pas le CBD du cannabis ; fleurs, huiles, résines et e-liquides sont concernés.
• Touriste : détention possible jusqu’à 2 semaines sans inculpation, puis lourdes peines de prison et amendes en cas de condamnation.
• Première infraction : depuis 2021, un premier usage personnel n’est plus inscrit au casier judiciaire, mais il reste puni.
Que dit la loi en Jordanie en 2026 ?
Le texte de référence est la loi n° 23 de 2016 sur les stupéfiants et les substances psychotropes, qui a remplacé la loi de 1988. Son article 3 pose une interdiction générale : importer, produire, posséder, acheter, vendre ou céder un stupéfiant, « sous quelque forme que ce soit », est prohibé. Seule exception : les usages médicaux ou scientifiques, sur autorisation écrite du ministre de la Santé. L’article 6 interdit en outre la culture, l’achat et la détention des plantes et de leurs graines, et les affaires de stupéfiants relèvent de la Cour de sûreté de l’État (article 33).
Pour le cannabis, cela interdit concrètement :
- consommer, même une seule fois ;
- détenir de l’herbe, de la résine (le hashish) ou de l’huile, même en très petite quantité ;
- acheter ou importer un produit issu de la plante, même légal dans le pays de départ ;
- cultiver, quel que soit le nombre de pieds.
Ce qui a changé depuis 2015
La Jordanie n’a pas assoupli l’interdiction, mais elle a modifié la façon de traiter les consommateurs :
- 2015 : la loi de 1988 est amendée pour distinguer, pour la première fois, les primo-usagers des récidivistes ;
- 2016 : une nouvelle loi remplace l’ancienne et prévoit jusqu’à la peine de mort pour les cas de trafic les plus graves ;
- 2021 : un amendement prévoit qu’une première infraction commise pour sa propre consommation (usage, achat, détention, culture) n’est plus inscrite au casier judiciaire ; fournir de la drogue à une personne qui n’en consomme pas devient en revanche un crime, et non plus un délit.
Ce n’est pas une dépénalisation : comme l’ont rappelé des juristes réunis par l’ONG jordanienne ARDD, l’amendement ne signifie pas l’impunité. Il évite le casier, pas l’arrestation.
Aucune légalisation ni dépénalisation n’est à l’ordre du jour en 2026. Les avis aux voyageurs mis à jour entre juillet et septembre 2026 (Canada, Belgique, Royaume-Uni) décrivent toujours une interdiction lourdement sanctionnée.
Prison, amendes, peine de mort : les peines
La loi de 2016 punit plus durement la vente que la consommation. Les gouvernements étrangers parlent de lourdes peines de prison et d’amendes élevées ; les peines ci-dessous sont celles du texte de la loi, dans sa version modifiée, le juge gardant une marge d’appréciation.
| Infraction | Ce que prévoit la loi |
|---|---|
| Usage, achat, détention ou culture pour sa consommation (article 9) | Jusqu’à 3 ans de prison et 3 000 dinars d’amende, selon le tableau où figure la substance (1 à 3 ans et 1 000 à 3 000 dinars pour les plus sévères) |
| Première infraction de ce type | Mêmes peines encourues, mais pas d’inscription au casier judiciaire ; le tribunal peut ordonner un traitement à la place de la peine |
| Revente, distribution (article 15) | Travaux forcés d’au moins 5 ans et au moins 5 000 dinars d’amende |
| Culture, production, import ou vente en vue du trafic (article 19) | Travaux forcés d’au moins 15 ans et 10 000 à 20 000 dinars d’amende |
| Trafic en récidive, avec un mineur ou par un agent de la lutte antidrogue | Travaux forcés à perpétuité et 20 000 à 30 000 dinars d’amende |
| Trafic lié à un réseau international (article 20) | Peine de mort |
Le dinar jordanien valant un peu plus d’un euro, l’amende d’un simple usager peut se compter en milliers d’euros. La peine de mort, présente dans deux articles de la loi, vise le trafic international et le meurtre d’un agent chargé d’appliquer la loi, jamais la simple consommation ; depuis la reprise des exécutions fin 2014, celles qui sont connues concernent surtout des meurtres ou du terrorisme.

Et le CBD en Jordanie ?
Le CBD est interdit en Jordanie. Le droit jordanien ne fait aucune différence entre le CBD et le cannabis : une fleur de chanvre à 0,3 % de THC, une huile ou une résine de CBD sont des dérivés de la plante, donc des stupéfiants au sens de la loi de 2016. Il n’existe donc aucun commerce légal de CBD dans le pays.
Trois cas reviennent souvent :
- L’huile de CBD glissée dans la trousse de toilette : c’est un dérivé du cannabis, quel que soit son taux de THC.
- Les e-liquides au CBD : même interdiction que les fleurs.
- Les graines : l’article 6 de la loi interdit de les importer, de les acheter ou de les détenir, quelle que soit la variété.
En France, la situation est inverse : le CBD est légal tant que le produit contient 0,3 % de THC maximum, fleurs comprises depuis la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022. Toutes les règles françaises sont détaillées dans notre guide de la loi CBD en France.

Haschich Libanais CBD
Résine de CBD de tradition libanaise, conforme au droit français avec 0,3 % de THC maximum. À garder en France, jamais dans la valise.
Ce que risque un touriste
Visa à l’arrivée ou Jordan Pass, peu importe : la loi jordanienne s’applique aux visiteurs exactement comme aux résidents.
Aux frontières
Que vous arriviez par l’aéroport Queen Alia d’Amman, par Aqaba ou par un poste terrestre (pont Roi-Hussein depuis la Cisjordanie, pont Cheikh-Hussein ou Wadi Araba depuis Israël), les douanes participent à la lutte antidrogue. Un produit au CBD acheté légalement en France n’a rien à faire dans vos bagages : comme le rappellent nos règles pour voyager en avion avec du CBD, pour la Jordanie, on n’emporte rien.
Sur place
La police procède à des contrôles d’identité aléatoires, y compris à des points de contrôle routiers : gardez toujours votre passeport ou une copie sur vous. En cas de soupçon d’infraction liée à la drogue, le Canada prévient qu’un étranger peut être détenu jusqu’à 2 semaines sans être inculpé, et que la police peut garder suspects et témoins longtemps sans accès à un avocat.
Même la possession ou la consommation d’une petite quantité constitue une infraction pénale, et acheter sur place expose aux mêmes poursuites que détenir. Le marché noir, où circulent aussi des cannabinoïdes de synthèse (le Joker), est dangereux à tous points de vue. Quant au THC consommé avant le départ, il reste détectable plusieurs jours, voire des semaines (voir notre article sur la durée de détection du THC).
En cas d’interpellation, l’ambassade de France peut vous rendre visite et vous aider à trouver un avocat, mais elle ne peut pas intervenir dans la procédure ni obtenir votre libération.
Médicaments et cannabis médical
Le cannabis médical n’existe pas en pratique en Jordanie, et une ordonnance étrangère de cannabis thérapeutique n’y est pas reconnue. Vos autres traitements voyagent dans leur emballage d’origine, avec une copie de l’ordonnance, en bagage à main ; vérifiez avant le départ qu’ils sont autorisés.
Hachich, Captagon et frontière syrienne
Cette fermeté s’explique : la Jordanie est depuis longtemps un pays de transit, que le hachich venu du Liban, de Syrie, de Turquie ou d’Iran traversait déjà vers l’Égypte au milieu du XXe siècle. Aujourd’hui, la frontière syrienne est l’une des principales routes du trafic régional, pour le hachich comme pour le Captagon, une amphétamine fabriquée à grande échelle en Syrie ces dernières années.
Quelques repères sur l’ampleur du phénomène :
- les saisies de cannabis ont plus que triplé entre 2013 et 2018, passant de 444 kg à 1 478 kg ;
- en 2019, le département antidrogue (AND) a traité environ 19 500 affaires, dont 16 000 pour consommation et un peu plus de 3 100 pour trafic, selon son directeur.
Le débat public porte sur la prise en charge des usagers, comme l’a montré l’amendement de 2021, pas sur une légalisation.
La Jordanie est-elle dangereuse en ce moment ?
La question dépasse le cannabis. La criminalité y reste faible par rapport aux normes régionales, selon le Canada, mais le contexte régional s’est tendu :
- le Royaume-Uni déconseille tout voyage à moins de 3 km de la frontière syrienne et signale des frappes iraniennes dans la région, Jordanie comprise, depuis la mi-juillet 2026, dont des attaques et interceptions autour d’Aqaba début septembre ;
- le Canada recommande d’éviter tout voyage non essentiel en Jordanie et tout déplacement à moins de 5 km des frontières irakienne et syrienne (sauf le site d’Umm Qais) ;
- à Pétra, le site archéologique applique des horaires stricts : s’y trouver en dehors des heures d’ouverture peut valoir une arrestation.
Avant de réserver, consultez la fiche « Conseils aux voyageurs » de France Diplomatie, qui fait foi pour les ressortissants français, et inscrivez-vous sur Ariane.
Jordanie ou France : ce qui change
| Situation | En Jordanie | En France |
|---|---|---|
| Fleur ou résine de CBD (0,3 % de THC max.) | Interdite, traitée comme un stupéfiant | Légale |
| Usage de cannabis | Délit : jusqu’à 3 ans de prison et 3 000 dinars d’amende | Délit ; amende forfaitaire de 500 € possible |
| Cannabis médical | Aucun accès, ordonnance étrangère non reconnue | Accès très encadré |
| Trafic | Travaux forcés d’au moins 15 ans ; peine de mort si lien avec un réseau international | Peines de prison, pas de peine de mort |
| Alcool | Autorisé dans les bars, hôtels et lieux privés ; interdit dans la rue | Légal dès 18 ans |
Ce que vous achetez légalement en France, comme nos fleurs de CBD ou nos résines de CBD, peut valoir une procédure pénale à Amman : ces produits restent en France.
Dans la région, les règles varient : Israël encadre un cannabis médical, tandis que l’Arabie saoudite applique la peine de mort au trafic.
Questions fréquentes
Peut-on emporter du CBD en Jordanie ?
Non. La loi jordanienne ne distingue pas le CBD du cannabis : fleurs, huiles, résines et e-liquides au CBD sont des stupéfiants, même avec 0,3 % de THC. Les importer expose à une arrestation.
Un touriste risque-t-il la prison pour un joint en Jordanie ?
Oui. Même une petite quantité est une infraction pénale. Un étranger peut être détenu jusqu’à 2 semaines sans inculpation, et la loi prévoit jusqu’à 3 ans de prison et 3 000 dinars d’amende pour l’usage.
Le cannabis médical est-il autorisé en Jordanie ?
Non. La loi ne prévoit qu’une autorisation ministérielle à des fins médicales ou scientifiques, sans programme pour les patients, et une ordonnance étrangère n’est pas reconnue.
Le mot de la fin : de Pétra au Wadi Rum, voyagez léger : aucun produit à base de cannabis ou de CBD dans vos bagages.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.


