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Cannabis Légal en Roumanie

Cannabis en Roumanie : loi, tolérance, usage et amendes 2026

Un road trip dans les Carpates, un week-end à Bucarest ou quelques jours au bord de la mer Noire : autant être fixé tout de suite, le cannabis n’est pas légal en Roumanie. Ni pour le plaisir, ni vraiment pour se soigner. La loi n° 143/2000 punit la simple détention pour sa propre consommation de 3 mois à 2 ans de prison ou d’une amende, sans seuil de tolérance, et le pays n’applique aucune politique de « petite quantité ».

Le CBD en Roumanie se trouve pourtant en vente libre, sous forme d’huiles et de cosmétiques sans THC. Mais la ligne officielle reste dure : pour le parquet antidrogue roumain (DIICOT), tout produit contenant du THC, quelle que soit sa concentration, relève de la notion de drogue. Les fleurs de CBD vivent donc dans une zone grise où un voyageur n’a rien à gagner.

Voici, textes à l’appui, ce que prévoit le droit roumain en septembre 2026 : peines, CBD, HHC, risques pour un touriste et différences avec la France.

L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis : interdit. Acheter, cultiver ou détenir pour soi est un délit puni de 3 mois à 2 ans de prison ou d’une amende.
• CBD : huiles et cosmétiques sans THC en vente libre ; fleurs et résine de CBD à éviter, le parquet considérant toute trace de THC comme une drogue.
• Touriste : même loi que pour les Roumains ; franchir la frontière avec du cannabis peut être poursuivi comme une importation (5 à 15 ans).
• Particularité : le HHC est classé comme drogue depuis mars 2025, et le cannabis médical reste quasiment introuvable.

Que dit la loi en Roumanie en 2026 ?

Le texte de référence est la loi n° 143 du 26 juillet 2000 sur la lutte contre le trafic et la consommation illicite de drogues, modifiée notamment par la loi n° 45/2023 (peines de trafic durcies) et la loi n° 30 du 25 mars 2025 (nouvelles substances interdites).

Cette loi range les stupéfiants en deux familles :

  • les droguri de risc, « drogues à risque », inscrites au tableau III : on y trouve le cannabis, la résine de cannabis et l’huile de cannabis ;
  • les droguri de mare risc, « drogues à haut risque », inscrites aux tableaux I et II : héroïne, cocaïne, mais aussi le tétrahydrocannabinol (THC) en tant que substance.

Le cannabis est donc une « drogue à risque », sanctionnée moins lourdement que la cocaïne. Mais c’est une infraction pénale, jamais une simple contravention : l’article 4 vise la culture, l’achat et la détention « pour consommation propre », sans seuil minimal. Un gramme suffit.

Les conseils aux voyageurs de la diplomatie belge (juin 2026) le résument ainsi : commerce, possession et consommation de drogues y sont « strictement interdits et sévèrement réprimés ».

Côté culture, la loi n° 339/2005 sur le régime des plantes et substances stupéfiantes (article 12) réserve la culture des plantes contrôlées aux usages techniques (tiges, fibres, graines, huile), médicaux ou scientifiques, avec autorisation du ministère de l’Agriculture. Un pied sur un balcon relève de l’article 4, voire du trafic.

Amendes et prison : le barème roumain

Peines tirées du texte consolidé de la loi n° 143/2000 et du Code pénal roumain. Pour le trafic et l’importation, s’y ajoute l’interdiction de certains droits.

Infraction Texte Peine prévue
Acheter, cultiver ou détenir du cannabis pour soi Loi 143/2000, art. 4 al. 1 3 mois à 2 ans de prison ou amende
Même chose avec une drogue à haut risque (THC pur, cocaïne…) art. 4 al. 2 6 mois à 3 ans de prison
Vendre, offrir, transporter, distribuer du cannabis art. 2 al. 1 3 à 10 ans de prison
Même chose avec une drogue à haut risque art. 2 al. 2 5 à 15 ans de prison
Faire entrer ou sortir du cannabis du pays art. 3 al. 1 5 à 15 ans de prison
Même chose avec une drogue à haut risque art. 3 al. 2 10 à 20 ans de prison
Conduire sous l’influence de substances psychoactives Code pénal, art. 336 al. 2 1 à 5 ans de prison

Attention : l’article 2 vise aussi l’offre et la livraison « à quelque titre que ce soit ». Partager ou donner du cannabis peut donc être poursuivi comme du trafic, même sans argent en jeu. Et ces peines ont été relevées en 2023 : le trafic de cannabis était auparavant puni de 2 à 7 ans.

Seule porte de sortie : le programme intégré d’assistance aux consommateurs. Si la personne le suit jusqu’au jugement, le tribunal peut renoncer à la peine ou en reporter l’application (articles 19 et 20). C’est une faculté du juge, pas un droit.

Et le CBD en Roumanie ?

Le cannabidiol (CBD) ne figure dans aucun des tableaux de la loi n° 143/2000. Dans la pratique, les huiles, baumes, crèmes et savons au CBD sans THC sont en vente libre. Tout se complique dès qu’il est question de THC, même à l’état de traces.

En janvier 2021, après 23 perquisitions dans quatre départements chez des commerçants soupçonnés de trafic de drogues à risque pour avoir vendu des produits au chanvre contenant du THC, la DIICOT a publié une position très claire :

  • le seuil de THC autorisé (0,2 % à l’époque) s’applique à la plante cultivée avec autorisation, pas au produit fini qui en est tiré ;
  • tout produit contenant du THC, quelle que soit sa concentration, entre dans la notion de drogue à risque ;
  • la Roumanie n’a aucune réglementation spécifique pour les aliments contenant des dérivés du cannabis.

Conséquence directe : les fleurs et la résine de CBD sont au mieux en zone grise. Une fleur de CBD ressemble trait pour trait à du cannabis : en cas de contrôle, saisie et analyse en laboratoire sont la suite logique, et c’est l’acheteur qui en répond. Mieux vaut s’en tenir aux huiles et cosmétiques étiquetés, avec un certificat d’analyse.

Et le HHC ?

Inutile de chercher un « équivalent légal » : la loi n° 30 du 25 mars 2025 a inscrit l’hexahydrocannabinol (HHC) au tableau III, celui du cannabis. Le détenir expose donc aux mêmes peines. La vente de produits « à effets psychoactifs » non autorisés est par ailleurs réprimée par une loi dédiée, la loi n° 194/2011. En France aussi, le HHC est classé comme stupéfiant depuis le 13 juin 2023.

Pour voyager, la règle la plus simple reste la meilleure : laisse tes fleurs et ta résine de CBD en France (voir notre guide voyager avec du CBD en avion). Chez nous, le cadre est plus lisible : fleurs et résines sont légales jusqu’à 0,3 % de THC, comme le détaille notre guide de la loi CBD en France.

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Ce que risque un touriste

Être étranger ne protège de rien : la loi s’applique de la même façon aux visiteurs.

  • À la frontière et à l’aéroport. Membre de l’espace Schengen ou non, la Roumanie garde le droit de contrôler bagages et passagers, notamment à l’aéroport Henri-Coandă de Bucarest. Faire entrer du cannabis peut être poursuivi sur le fondement de l’article 3 : 5 à 15 ans de prison. Selon la Haute Cour de cassation et de justice (décision de 2022), un passager arrivant en avion a « introduit » la drogue dès que l’appareil entre dans l’espace aérien roumain, que le contrôle douanier ait eu lieu ou non.
  • Dans la rue. Accepter une offre, à Bucarest comme sur la côte, c’est commettre soi-même l’infraction d’achat de l’article 4.
  • Au volant. Conduire sous l’influence de substances psychoactives est puni de 1 à 5 ans de prison (Code pénal, art. 336). Le THC reste détectable plusieurs jours selon les tests : voir notre article sur la durée de détection du THC.
  • Après une condamnation. Le Code pénal roumain prévoit, parmi les peines complémentaires, l’interdiction pour un étranger de séjourner sur le territoire roumain.

Sous traitement à base de cannabinoïdes ? Emporte l’ordonnance et la boîte d’origine, et interroge l’ambassade de Roumanie avant le départ.

Cannabis Légal en Roumanie
Cannabis Légal en Roumanie

Cannabis médical : légal sur le papier, absent des pharmacies

On lit souvent que la Roumanie a « légalisé le cannabis médical en 2013 ». Sur le papier, la loi n° 339/2005 permet un usage médical sous contrôle strict, et la réforme souvent citée ne visait que des dérivés pauvres en THC. Mais le cannabis n’a jamais quitté les listes de stupéfiants et l’accès reste quasi inexistant en pratique : les patients traités sont très rares.

Une proposition de loi plus ambitieuse, surnommée Victoria en hommage à la mère de sa promotrice, emportée par un cancer, a été déposée au Parlement en 2019, portée par une pétition citoyenne et soutenue par près d’une centaine de parlementaires. Après des années d’attente, la commission de la santé de la Chambre des députés a voté contre en février 2025, ce qui laisse au texte des chances minimes. À notre connaissance, aucune loi sur le cannabis médical n’a été adoptée depuis.

Cânepă : la Roumanie, ancien géant du chanvre

En roumain, le chanvre se dit cânepă, le cannabis canabis et l’herbe, familièrement, iarbă. Dès 1928, une loi sur les stupéfiants visait le haschisch, alors que le chanvre textile faisait vivre les campagnes.

Jusqu’en 1989, la Roumanie était l’un des tout premiers producteurs de chanvre d’Europe, avec plusieurs dizaines de milliers d’hectares cultivés. La surface s’est effondrée après la chute du régime communiste, à environ 1 450 hectares en 2018. Aujourd’hui, elle repose sur des variétés homologuées et une autorisation administrative.

Le débat sur une réforme existe, mais il reste minoritaire :

  • en 2023, le parti REPER a porté l’initiative 3grame, qui voulait faire de la détention de 3 grammes au plus une simple contravention : le texte a reçu des avis négatifs et a été rejeté ;
  • au début des années 2010, la vague des boutiques d’etnobotanice (produits psychoactifs vendus sous couvert de « plantes ») a débouché sur la loi n° 194/2011 et durci le climat politique.

La répression, elle, ne faiblit pas : début juillet 2026, policiers et procureurs de la DIICOT ont découvert à Dragomirești (Neamț) une serre de 2 669 pieds, soit environ 2,4 tonnes de plantes ; deux personnes ont été placées en garde à vue pour trafic.

Roumanie ou France : ce qui change

Sujet Roumanie France
Détention de cannabis pour soi Délit : 3 mois à 2 ans de prison ou amende Délit, le plus souvent réglé par une amende forfaitaire de 500 € (400 € minorée, 1 000 € majorée)
Fleurs et résine de CBD Zone grise : le parquet considère toute trace de THC comme une drogue Légales jusqu’à 0,3 % de THC (arrêté du 30 décembre 2021, Conseil d’État du 29 décembre 2022)
Seuil de THC Aucun seuil pour les produits : le seuil légal ne vise que la plante cultivée (0,2 % selon la DIICOT en 2021) 0,3 %, mesuré sur le produit
Aliments au CBD Aucun cadre spécifique Retirés de la vente depuis le 15 mai 2026
HHC Drogue à risque depuis mars 2025 Stupéfiant depuis le 13 juin 2023
Conduite après usage 1 à 5 ans de prison Jusqu’à 3 ans de prison et 9 000 € d’amende

En clair, ce qui est légal en France ne l’est pas forcément en Roumanie : tes fleurs et résines de CBD restent en France.

Questions fréquentes

Peut-on acheter du CBD à Bucarest ?

Oui pour les huiles et cosmétiques sans THC, en vente libre. Les fleurs et la résine de CBD restent en zone grise, car le parquet considère tout produit contenant du THC comme une drogue.

Peut-on emporter son CBD français en Roumanie ?

C’est déconseillé pour les fleurs et la résine : le seuil français de 0,3 % n’a aucune valeur en Roumanie, et entrer avec un produit assimilé à du cannabis peut être poursuivi comme une importation.

Comment dit-on chanvre en roumain ?

Le chanvre se dit cânepă, le cannabis canabis. Dans le langage courant, l’herbe se dit iarbă.

Le mot de la fin

La Roumanie se visite pour ses monastères peints et ses montagnes, pas pour sa tolérance. N’y emporte ni cannabis, ni HHC, ni même tes fleurs de CBD. Au retour, ta sélection de CBD bio français t’attend, légale en France et cultivée ici.

Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifie-les avant chaque départ.

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