Il y a peu de variétés dont le nom précède la génétique. La Purple Haze est l’une d’elles. Jimi Hendrix enregistre Purple Haze fin 1966, le titre sort en mars 1967 ; à cette date, aucun cultivateur ne vend encore de « Purple Haze ». La variété telle qu’on la connaît — un croisement Purple Thai × Haze à dominance sativa — n’a été stabilisée que dans les années suivantes, pour coller à un nom déjà entré dans la culture populaire. La chanson a précédé la plante.
C’est ce qui en fait un cas à part dans la famille des Haze. Les autres descendantes — Super Silver, Amnesia, Lemon — sont nées d’un projet horticole, puis baptisées. La Purple Haze, elle, a d’abord été un refrain, puis un fantasme coloré, et enfin une sélection génétique conçue pour correspondre à l’image. Dans la décennie 1980, les banques hollandaises — Dutch Passion en tête — publient leurs propres versions, chacune revendiquant la paternité du « vrai » cut.
Dans cette fiche, tu trouveras ce que l’on sait précisément de la Purple Haze : la génétique Purple Thai × Haze, la lignée Haze Brothers des années 1970 qui en est la racine, le profil terpénique raisin-myrtille-épicé, les effets rapportés par les consommateurs, le statut légal en France et les versions commerciales encore disponibles. Mis à jour en octobre 2026.
L’essentiel en 30 secondes
• Sativa dominante environ 70/30, née d’un croisement Purple Thai × Haze.
• Taux de THC 17 à 20 %, CBD très faible (< 1 %), effet cérébral marqué.
• Floraison 9 à 10 semaines, feuilles qui virent au pourpre en fin de cycle sous nuits fraîches.
• Profil aromatique dominant : raisin, myrtille, épices boisées, finale sucrée.
• Variété immortalisée par le morceau Purple Haze de Jimi Hendrix (1967), reconstruite génétiquement dans les années 1970-1980.
Fiche technique de la Purple Haze
Les chiffres ci-dessous recoupent les données publiées par les banques qui travaillent aujourd’hui la variété (Dutch Passion, G13 Labs, Barney’s Farm), les fiches SeedFinder et Leafly et les retours de cultivateurs expérimentés. Les fourchettes sont larges parce qu’il n’existe pas un phénotype unique, mais plusieurs cuts commerciaux concurrents.
| Critère | Valeur |
|---|---|
| Nom | Purple Haze |
| Parents | Purple Thai × Haze |
| Lignée | Famille Haze (Haze Brothers, Santa Cruz, années 1970) |
| Dominance | Sativa dominante, environ 70 % sativa / 30 % indica |
| Taux de THC | 17 à 20 %, selon phénotype et banque |
| Taux de CBD | Très faible, < 1 % |
| Floraison | 9 à 10 semaines en intérieur |
| Récolte outdoor | Fin octobre, en climat chaud et sec |
| Rendement indoor | 400 à 500 g/m² |
| Rendement outdoor | Jusqu’à 600 g par plant en pleine terre |
| Taille | Moyenne indoor (100 à 140 cm), 200 cm et plus outdoor |
| Arômes dominants | Raisin, myrtille, bois, épices acidulées |
| Signature visuelle | Teintes pourpres sur calices et feuilles en fin de floraison |
Génétique et parents de la Purple Haze
La Purple Haze est le fruit d’un croisement entre deux variétés fondatrices du cannabis moderne : la Purple Thai et la Haze. Les deux appartiennent à l’univers des sativas tropicales, mais chacune apporte quelque chose de très distinct.
La Purple Thai est une sativa landrace thaïlandaise sélectionnée pour sa tendance naturelle à produire des pigments anthocyaniques — ces molécules qui donnent les teintes bleutées et violettes à l’automne. Elle apporte à la Purple Haze la couleur, un profil aromatique fruité et une structure aérée. Son parent est parfois décrit comme un croisement Highland Thaï × Oaxacan, selon les archives de SeedFinder.
La Haze, elle, est l’Original Haze californienne mise au point par les Haze Brothers à Santa Cruz dans les années 1970, à partir de quatre landraces sativas (mexicaine, colombienne, thaï, indienne). Elle apporte à la descendance l’ossature cérébrale et la finesse terpénique.
Le résultat tient en une variété à dominance sativa (environ 70 %), plus courte à faire fleurir que la Haze pure — 9 à 10 semaines contre 12 à 14 — grâce à la part de Purple Thaï qui raccourcit le cycle. La touche indica (~30 %), héritée du backcross de stabilisation, lui donne un rendement correct en indoor sans sacrifier la signature Haze. Il n’existe pas une seule Purple Haze : chaque banque reconstruit le phénotype à partir de ses propres parents, et les versions de Dutch Passion, G13 Labs, Positronics ou Barney’s Farm diffèrent sur le ratio sativa/indica, le temps de floraison et l’intensité des teintes pourpres.
Jimi Hendrix et la naissance d’un mythe
Purple Haze est enregistré par la Jimi Hendrix Experience à Londres en janvier 1967 et sort en single le 17 mars de la même année. Le titre devient immédiatement l’un des hymnes du rock psychédélique naissant. La plupart des commentateurs — y compris Hendrix lui-même — ont écarté la lecture purement cannabique : il parlait d’un rêve et du poème Night of Light de Philip José Farmer, pas d’une variété précise. C’est le public, et notamment la scène contre-culturelle de la fin des années 1960, qui a projeté sur la chanson une signification « weed » et nourri la demande pour une sativa colorée associée au morceau. À l’époque, le marché américain écoule du cannabis importé — mexicain, colombien, thaï — mais aucune génétique stabilisée ne porte ce nom.
C’est à partir du milieu des années 1970, dans la foulée du travail des Haze Brothers en Californie, que des cultivateurs commencent à croiser des Haze avec de la Purple Thai pour obtenir des plantes aux teintes effectivement pourpres. L’arrivée de ces graines aux Pays-Bas à la fin de la décennie, via Sam the Skunkman puis Nevil Schoenmakers, permet aux banques néerlandaises de les stabiliser. La Purple Haze devient alors une variété réelle, mais clairement a posteriori : la plante a été construite pour coller à la chanson, pas l’inverse. Les forums spécialisés débattent depuis vingt ans de la banque qui détient le cut le plus « authentique » ; la réponse honnête, défendue par High Times, c’est qu’aucune ne l’est : chaque version est une interprétation.
Profil terpénique de la Purple Haze : raisin, myrtille et épices
Si la Purple Haze a traversé les décennies, c’est en grande partie grâce à son nez. Le profil terpénique est marqué, immédiatement reconnaissable, et ne ressemble à aucune autre Haze. Les analyses publiées sur les versions Dutch Passion et Barney’s convergent sur un trio dominant : myrcène, caryophyllène, pinène, avec une note secondaire de linalol que l’on retrouve rarement dans la famille Haze.
| Terpène | Arôme dominant | Rôle dans la Purple Haze |
|---|---|---|
| Myrcène | Fruits mûrs, mangue, musqué | Terpène principal, apporte la note raisin-myrtille |
| Caryophyllène | Poivre noir, bois, clou de girofle | Deuxième, signe la finale épicée |
| Pinène | Pin frais, résine | Tiers haut, contribue à la clarté cérébrale |
| Linalol | Lavande, floral doux | Discret, hérité de la Purple Thai |
| Limonène | Agrumes | Trace, soutient l’ouverture gourmande |
En bouche, la lecture se fait en trois temps. L’attaque est fruitée et sucrée — on reconnaît la grappe de raisin noir, la myrtille à peine mûre, parfois une pointe de cassis. Le cœur bascule sur du bois sombre et des épices, cette signature poivrée que l’on doit au caryophyllène et à la lignée Haze. La finale est plus florale et acidulée, avec une légère note de lavande qui trahit la part Purple Thaï.
Le profil est inhabituel pour une Haze : le myrcène domine, là où la famille Haze est traditionnellement portée par le terpinolène. C’est cette singularité qui a nourri sa réputation de « Haze fruitée » et qui la distingue nettement de ses cousines Super Silver Haze ou Amnesia, plus citronnées et résineuses.
Effets rapportés par les consommateurs
Les retours agrégés sur Leafly, SeedFinder et les forums spécialisés décrivent une variété à l’effet cérébral marqué, à montée franche, qui reste gérable sur la durée. Avec son taux de THC de 17 à 20 %, la Purple Haze n’est ni la plus douce des sativas ni l’une des plus explosives : elle se situe dans un entre-deux qui lui vaut une réputation d’accessible, y compris pour les consommateurs peu habitués aux Haze pures.
Les descripteurs les plus fréquents sont :
- une élévation nette de l’humeur, souvent qualifiée d’uplifting ;
- un effet stimulant sur la créativité et la conversation, qui en fait une sativa de journée ;
- une sensation corporelle très légère, le caryophyllène apportant une détente modérée sans sédation ;
- une concentration qui reste possible, contrairement aux Haze pures qui peuvent disperser l’attention.
Les effets indésirables méritent d’être cités, puisque la Purple Haze n’est pas tempérée par du CBD : sécheresse buccale et oculaire, et, à dose élevée ou chez les consommateurs peu habitués aux sativas, épisodes d’anxiété ou de paranoïa et accélération du rythme cardiaque. Les consommateurs expérimentés recommandent une dose modérée, en journée.
Il ne s’agit ni d’une recommandation ni d’une allégation : les effets du cannabis contenant du THC varient d’un individu à l’autre et, en France, son usage reste interdit par la loi.
Statut légal en France
Le Δ9-THC est un stupéfiant classé en France au titre de l’article L. 3421-1 du code de la santé publique. Depuis l’arrêté du 30 décembre 2021, confirmé par la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022 n° 444887, un produit dérivé de chanvre ne peut être commercialisé que si son taux de Δ9-THC total équivalent reste inférieur à 0,3 %. Les fleurs CBD de notre catalogue respectent ce seuil, à la différence de la Purple Haze d’origine, dont le taux de THC dépasse largement 15 %.
La détention, l’usage et la culture par un particulier d’une variété au-dessus du seuil restent interdits et pénalement sanctionnés. Pour creuser le cadre juridique applicable à cette molécule, nous détaillons tout dans notre fiche Δ9-THC : effets, usage et légalité. Les graines, elles, sont vendues comme objets de collection : elles ne contiennent pas de THC et circulent librement dans l’Union européenne.
Culture indoor et outdoor de la Purple Haze
Les informations qui suivent sont strictement documentaires et reprennent les fiches publiées par Dutch Passion, G13 Labs et Barney’s Farm. En France, la culture d’une variété au-dessus du seuil de 0,3 % de THC total équivalent reste interdite pour un particulier.
En intérieur
La Purple Haze est plus accessible que sa parent Haze pure : sa floraison tient en 9 à 10 semaines, ce qui la place dans la fourchette haute des hybrides modernes mais la rend compatible avec la plupart des cycles indoor. Elle garde néanmoins le stretch caractéristique des sativas — la plante peut doubler de volume après le passage en 12/12. Les cultivateurs la travaillent souvent en Screen of Green ou en palissage pour maîtriser la hauteur, maintenue entre 100 et 140 cm sous lampe. Le rendement indoor réaliste s’établit entre 400 et 500 g/m².
Pour obtenir les teintes pourpres caractéristiques, il faut une chute marquée des températures nocturnes pendant les deux dernières semaines de floraison, sans jamais descendre sous 15 °C. L’anthocyane n’est pas garantie : certains phénotypes de Purple Haze finissent en vert.
En extérieur
Outdoor, la Purple Haze aime les climats chauds et secs — méditerranéen, californien, espagnol. Elle atteint sans peine 200 cm en pleine terre, parfois plus. La récolte se situe à la fin octobre, ce qui l’expose aux premières pluies et aux gelées précoces en climat continental. Les rendements rapportés sous climat idéal peuvent atteindre 600 g par plant, voire plus pour les phénotypes les plus vigoureux.
Difficulté et résistances
La difficulté est classée modérée par la plupart des banques. La structure aérée héritée de la Haze lui confère une bonne résistance aux moisissures de bud, mais sa floraison relativement longue en fait une variété à surveiller.
Les versions commerciales : Dutch Passion, G13 Labs, Barney’s
Parce que la Purple Haze a été reconstruite à partir d’un nom plutôt que d’un cut unique, chaque banque de graines propose aujourd’hui sa propre interprétation. Les versions diffèrent sur la dominance, le temps de floraison et l’intensité des pigments pourpres.
| Banque | Version | Particularités |
|---|---|---|
| Dutch Passion | Purple Haze (féminisée) | Version la plus ancienne et la plus distribuée, floraison 10 semaines, pigmentation marquée |
| G13 Labs | Purple Haze (féminisée) | Taux de THC élevé jusqu’à 20 %, phénotype orienté résine |
| Positronics | Purple Haze (féminisée) | Hybride plus équilibré, floraison 9 semaines |
| Barney’s Farm | Purple Punch × dérivés | Interprétation moderne, plus courte et plus indica |
| Original Sensible | Purple Haze Auto | Version autofloraison, cycle complet de 10 à 11 semaines, taille réduite |
Dutch Passion est la banque historique sur ce segment : son catalogue inclut la Purple Haze depuis la fin des années 1980 et elle a signé l’une des toutes premières versions féminisées commercialisées. Son travail sur la stabilisation du pourpre et de la signature raisin-myrtille a largement défini la perception moderne de la variété. Pour une autre descendance Dutch Passion aux pigments bleutés, voir notre fiche Blueberry.
Si tu veux explorer la famille Haze au-delà de la Purple, nous avons publié un comparatif complet dans l’article Top 15 des meilleures variétés Haze de tous les temps. Pour une autre sativa patrimoniale aux terpènes épicés, la fiche Jack Herer offre un bon point de comparaison.

Amnesia CBD
Une descendante CBD de la lignée Haze, cultivée en France. 0,3 % de THC maximum, nez haze typique, légale.
Pour prolonger la découverte, la catégorie fleurs CBD réunit toutes les lignées descendant de la famille Haze qui ont été ramenées à un taux de THC légal en France.
Contenu informatif. En France, le cannabis contenant du THC est un stupéfiant et sa culture est interdite aux particuliers ; les graines sont vendues comme objets de collection.


