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Blueberry

Blueberry : histoire, génétique et profil

Il y a des variétés qu’on cultive, et il y a des variétés qui en engendrent d’autres. La Blueberry appartient à la seconde catégorie. Née à la fin des années 1970 sur la côte Ouest américaine, elle est l’œuvre de DJ Short, un breeder que la presse spécialisée a fini par surnommer le Willy Wonka du cannabis, obsédé non par la puissance mais par les saveurs. Trente ans plus tard, sa création porte un nom reconnaissable entre tous : une Indica trapue, violette-bleutée, au nez de myrtille mûre si marqué qu’il a donné son nom à toute une famille — la fameuse lignée Blue.

Côté chiffres, les analyses agrégées sur les phénotypes modernes placent la Blueberry autour de 16 à 24 % de THC, avec un CBD inférieur à 1 %. Dominance affichée 80 % Indica / 20 % Sativa, floraison 8 à 10 semaines, parents reconstitués à partir de trois landraces : Thai Highland, Purple Thai et une Afghani indica. En 2000, la variété a remporté la High Times Cannabis Cup dans la catégorie Best Indica, consécration tardive pour une génétique déjà circulant sous le manteau depuis plus de vingt ans.

Cette fiche synthétise ce qu’on peut dire de sérieux sur la Blueberry originale (à ne pas confondre avec la Blueberry Haze, sa cousine hybride) : génétique, taux de THC, profil terpénique, effets rapportés, culture et descendance. Mis à jour en octobre 2026.

L’essentiel en 30 secondes
• Indica dominante (~80 % Indica / 20 % Sativa), créée par DJ Short à la fin des années 1970.
• Parents : Thai Highland × Purple Thai × Afghani, trois landraces travaillées sur plus de deux décennies.
• THC entre 16 et 24 %, moyenne autour de 20 %. CBD très faible (< 1 %).
• Profil terpénique mené par le myrcène, soutenu par caryophyllène et pinène : myrtille mûre, baies, vanille, note terreuse.
• Best Indica à la Cannabis Cup 2000, matriarche de la famille Blue (Blue Dream, Blueberry Haze, Blueberry Headband, Blue Cheese…).

Fiche technique de la Blueberry

Les valeurs ci-dessous recoupent les données publiées par DJ Short Seeds, Dutch Passion (qui édite depuis 2000 une version féminisée stabilisée) et Seedsman, croisées avec SeedFinder et Leafly. Les fourchettes reflètent la variabilité entre phénotypes, phénomène courant sur une génétique issue de landraces.

Critère Valeur
Nom Blueberry (parfois « DJ Short Blueberry » ou « Berry Blue »)
Breeder d’origine DJ Short, côte Ouest américaine, sélection initiée à la fin des années 1970
Parents Thai Highland × Purple Thai × Afghani (trois landraces)
Dominance Hybride à dominance Indica (~80 % Indica / 20 % Sativa)
Taux de THC 16 à 24 %, moyenne autour de 20 %
Taux de CBD Très faible, < 1 %
Floraison 8 à 10 semaines en intérieur
Récolte outdoor Début à mi-octobre (hémisphère nord)
Rendement indoor 450 à 550 g/m²
Rendement outdoor 500 à 700 g par plant en pleine terre
Taille Compacte, 90 à 130 cm, structure trapue typiquement Indica
Arômes Myrtille mûre, baies des bois, note vanillée, fond terreux
Palmarès Best Indica, High Times Cannabis Cup 2000

Génétique et histoire de la Blueberry

L’histoire de la Blueberry est inséparable de celle de DJ Short, breeder américain actif depuis la fin des années 1970 sur la côte Ouest. Dans ses propres textes repris par High Times et par Dutch Passion, il raconte avoir travaillé pendant près de vingt ans sur un trio de landraces avant de stabiliser le phénotype qu’on connaît aujourd’hui : une Thai Highland au port élancé, une Purple Thai aux teintes pourpres marquées, et une Afghani compacte et résineuse. Trois origines, deux dominances contradictoires, une seule obsession : la saveur.

La variété circule d’abord clone-only, sous forme de boutures, dans un cercle restreint de cultivateurs californiens et de l’Oregon. Il faudra attendre l’année 2000 pour qu’elle sorte de la semi-clandestinité : cette année-là, elle remporte la Cannabis Cup catégorie Indica à Amsterdam, et Dutch Passion en obtient les droits pour éditer une version féminisée en graines. C’est à partir de ce moment que la génétique se démocratise, et que la famille Blue explose dans les années 2000-2010.

Du côté des parents, les sources convergent sur le trio Thai × Thai × Afghani, mais DJ Short lui-même rappelle que les proportions ont varié au fil de ses croisements : certains lots sont plus marqués Sativa (dominance Thai), d’autres plus Indica (dominance Afghan). C’est pourquoi deux Blueberry achetées à deux banques différentes peuvent produire des phénotypes légèrement différents — un en-tête violet-pourpre très marqué, l’autre plus vert et plus trapu. Pour les fiches voisines, consulte notre page Afghani, la landrace du Hindu Kush, qui détaille la lignée indica mère.

Profil terpénique de la Blueberry : myrtille, vanille et terre

Le nez de la Blueberry est son premier argument commercial, et c’est aussi le trait le mieux documenté. Les analyses de laboratoires nord-américains et les fiches techniques des banques convergent : myrcène en tête, suivi du caryophyllène, et une signature pinène discrète qui tempère la masse fruitée. Pas de limonène de tête — ce qui la distingue des hybrides modernes à nez agrumes.

Terpène Arôme dominant Place dans la Blueberry
Myrcène Terreux, musqué, fruits rouges mûrs Terpène principal, donne le corps myrtille
Caryophyllène Poivre noir, bois, clou de girofle Deuxième terpène, note épicée
Pinène Pin, résine fraîche Fond frais, hérité des parents Thai
Linalol Lavande, floral doux En arrière-plan, parfume la finale
Humulène Houblon, boisé terreux Note secondaire, confère la profondeur

En bouche, la Blueberry se lit en trois temps bien marqués. L’attaque est franchement fruitée, décrite par les testeurs comme un confit de myrtille ou un sirop de baies. Le cœur bascule vers une note vanillée et crémeuse, parfois comparée à un cheesecake. La finale ressort terreuse et légèrement poivrée, signature myrcène-caryophyllène. Cette structure explique pourquoi la Blueberry se prête particulièrement bien à l’extraction : le profil baies reste perceptible sur les hash au tamis et les live rosins, là où d’autres variétés fruitées perdent leur signature au premier chauffage.

Autre spécificité : la variété exprime souvent des pigments anthocyaniques prononcés quand les températures de nuit baissent en fin de floraison, qui lui donnent ses teintes bleu-violet caractéristiques. Ce n’est pas qu’un gadget visuel : les mêmes composés accentuent la perception sucrée au nez et contribuent à la signature myrtille.

Effets rapportés par les consommateurs de Blueberry

Les retours agrégés sur Leafly et dans la base Strain Review de Dutch Passion décrivent une variété typiquement Indica, mais avec un démarrage plus cérébral qu’on ne l’attend d’une 80 % Indica. Les consommateurs rapportent une montée douce et chaleureuse dans les quinze premières minutes, qui bascule progressivement vers une sensation de body high enveloppant.

Les descripteurs qui reviennent le plus souvent dans les retours agrégés :

  • détente musculaire marquée, parfois décrite comme une chaleur qui descend des épaules vers les jambes ;
  • sensation de contentement calme, humeur apaisée sans euphorie bruyante ;
  • effet progressivement sédatif à dose élevée, propice à la fin de journée ;
  • profil peu propice aux activités qui demandent de la concentration, à la différence des sativas comme la Blue Dream.

Les effets indésirables rapportés par les mêmes sources ne sont pas négligeables sur les phénotypes les plus chargés : sécheresse buccale et oculaire, lourdeur des paupières, étourdissements au lever. Avec un CBD quasi nul, aucun composé ne vient tempérer le THC quand il dépasse 22 % — les consommateurs peu habitués aux variétés dosées décrivent parfois un endormissement rapide et profond.

Il ne s’agit évidemment ni d’une recommandation ni d’une allégation santé : les effets du cannabis contenant du THC varient d’une personne à l’autre et, en France, son usage reste interdit par la loi.

Statut légal en France

En France, le Δ9-THC est un stupéfiant classé (code de la santé publique, article L. 3421-1). Depuis l’arrêté du 30 décembre 2021, confirmé par la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022 n° 444887, un produit dérivé du chanvre ne peut être commercialisé que si son taux de Δ9-THC total équivalent reste inférieur à 0,3 %. Les fleurs et résines CBD de notre catalogue respectent ce seuil, à la différence de la Blueberry américaine d’origine, qui dépasse largement 15 % de THC et reste à ce titre un stupéfiant.

La détention, l’usage et la culture par un particulier d’une variété contenant du THC au-dessus du seuil restent interdits et pénalement sanctionnés. Pour approfondir le cadre juridique, voir notre fiche Δ9-THC : effets, usage et légalité. Les graines, elles, sont vendues comme objets de collection : elles ne contiennent pas de THC et peuvent circuler librement dans l’Union européenne.

Culture indoor et outdoor de la Blueberry

Les éléments ci-dessous sont strictement documentaires : ils reprennent les fiches techniques publiées par DJ Short Seeds, Dutch Passion et Seedsman. En France, la culture d’une variété au-dessus du seuil de 0,3 % de THC total équivalent reste interdite pour un particulier.

En intérieur

Grâce à son héritage Afghan, la Blueberry garde une structure compacte et trapue idéale pour les espaces réduits. Elle dépasse rarement 1,30 m en intérieur et répond très bien aux techniques Sea of Green et Low Stress Training. Sa floraison dure 8 à 10 semaines, l’une des plus courtes de la famille Blue. Rendement indoor : 450 à 550 g/m² selon DJ Short Seeds, confirmé par les retours sur SeedFinder. La variété est connue pour être un peu capricieuse sur la nutrition : elle supporte mal les excès d’engrais azoté et préfère des programmes légers et progressifs.

En extérieur

Outdoor, la Blueberry s’épanouit dans un climat sec et ensoleillé, avec des nuits fraîches en fin de saison — ces écarts thermiques déclenchent la pigmentation pourpre-bleutée emblématique. Elle reste sensible à la moisissure sur les grosses têtes denses, ce qui impose une bonne ventilation et une sélection soignée du site. Rendements observés : 500 à 700 g par plant sous climat optimal, récolte début à mi-octobre dans l’hémisphère nord.

Difficulté et besoins

Les banques la classent en difficulté moyenne. Elle n’est pas débutante : son exigence sur la nutrition, sa sensibilité à la moisissure et la variabilité de ses phénotypes réclament de l’attention. En contrepartie, elle récompense le cultivateur attentif par un visuel spectaculaire et des rendements solides. Pour maximiser la coloration pourpre, les growers expérimentés baissent la température nocturne de 4 à 6 °C sur les deux dernières semaines de floraison.

Graines Blueberry : versions et banques

Depuis que DJ Short a confié sa génétique à Dutch Passion au tournant des années 2000, plusieurs banques proposent leur propre version. Les plus fréquemment citées :

  • DJ Short Seeds et Dutch Passion : les versions historiques, considérées comme les plus proches du phénotype d’origine. Dutch Passion édite depuis 2000 une version féminisée stabilisée très régulière.
  • Seedsman et Barney’s Farm : chacune avec leur cut, parfois plus marqué sur la densité des buds ou sur l’intensité myrtille.
  • Versions autofloraison : plusieurs banques (Dutch Passion, FastBuds) proposent une Blueberry Auto rétrocroisée avec une ruderalis, pour une culture plus courte sans photopériode.
  • Versions à dominante CBD : Dinafem et quelques banques proposent une « Blueberry CBD » qui conserve une partie du profil myrtille sans dépasser le seuil légal européen de THC.

La Blueberry d’origine reste une génétique THC : à ce titre, les semences ne sont vendues que comme objets de collection, et aucune culture n’est autorisée en France pour un particulier. Pour la version CBD-rich, voir également notre sélection de graines féminisées de collection.

La famille Blue née de la Blueberry

Peu de variétés ont une descendance aussi étendue que la Blueberry. Toute une famille porte sa signature myrtille, directement ou par croisement :

  • Blue Dream : croisement Blueberry × Haze né à Santa Cruz, variété n°1 des dispensaires américains sur la décennie 2010 ;
  • Blueberry Haze : hybride à dominance sativa cousine de la Blue Dream, nez myrtille marqué, effet cérébral plus franc ;
  • Blueberry Headband : croisement Blueberry × Emerald Headband OG, génétique West Coast ;
  • Blue Cheese : Blueberry × UK Cheese, star britannique des années 2000 ;
  • Flo : autre création DJ Short, hybride Purple Thai × Afghani proche parent de la Blueberry.

C’est cette descendance qui explique l’importance historique de la Blueberry : au-delà de ses propres qualités, elle a servi de brique génétique à des dizaines de croisements modernes, y compris indirectement via la Blue Dream, elle-même parente de nombreuses variétés contemporaines. Pour explorer plus largement le catalogue, voir également notre page fleur CBD bio français.

Questions fréquentes sur la Blueberry

La Blueberry est-elle une Indica ou une Sativa ?

C’est un hybride à nette dominance Indica, souvent décrit autour de 80 % Indica / 20 % Sativa. Son effet est principalement corporel et relaxant, mais la part Sativa héritée de ses parents Thai Highland et Purple Thai apporte un démarrage plus cérébral qu’une pure Indica.

Quel est le taux de THC de la Blueberry ?

Entre 16 et 24 % selon les phénotypes et les banques, avec une moyenne autour de 20 % relevée sur les analyses de laboratoires nord-américains. Le CBD reste très faible, inférieur à 1 %, ce qui en fait une variété à l’effet psychotrope pur, sans modulation.

Qui a créé la Blueberry et quand ?

La Blueberry est l’œuvre de DJ Short, breeder américain actif sur la côte Ouest, qui l’a sélectionnée à partir de la fin des années 1970 à partir d’un trio de landraces : Thai Highland, Purple Thai et Afghani. La génétique a longtemps circulé en clone-only avant d’être éditée en graines féminisées par Dutch Passion à partir de 2000.

Pourquoi la Blueberry devient-elle violette ?

La variété exprime naturellement des pigments anthocyaniques quand les températures de nuit baissent en fin de floraison, en-dessous de 15 °C environ. Cette coloration bleu-violet est héritée de son parent Purple Thai et s’intensifie sur les phénotypes les plus marqués ou sous climat frais.

Peut-on cultiver de la Blueberry en France ?

Non. La culture d’une variété de cannabis contenant du Δ9-THC au-delà de 0,3 % est interdite aux particuliers en France (arrêté du 30 décembre 2021, confirmé par la décision du Conseil d’État n° 444887 du 29 décembre 2022). Les graines sont vendues comme objets de collection, pas comme intrants de culture.

Quelle est la différence entre la Blueberry et la Blueberry Haze ?

La Blueberry originale est une Indica dominante créée par DJ Short à partir de landraces Thai et Afghan, à l’effet corporel et sédatif. La Blueberry Haze est un hybride plus récent, à dominance Sativa, croisement entre la Blueberry et une Haze, à l’effet plus cérébral et à la plante plus élancée.

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Contenu informatif. En France, le cannabis contenant du THC est un stupéfiant et sa culture est interdite aux particuliers ; les graines sont vendues comme objets de collection.

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