Non : à Amsterdam, aucune boutique ni aucun coffee shop n’a le droit de vous vendre de l’huile de THC. La loi néerlandaise sur l’opium (Opiumwet) range l’huile de cannabis sur sa liste I, celle des drogues dures, à côté de la cocaïne ou de l’héroïne, alors que l’herbe et le haschich figurent sur la liste II des drogues douces. La tolérance des coffee shops ne couvre que ces dernières. La seule huile au THC légale aux Pays-Bas est l’huile médicale, délivrée en pharmacie sur ordonnance.
Ce que vous trouverez sans difficulté, en revanche, ce sont des huiles de CBD, en vente dans les boutiques spécialisées et certaines drogueries. Leur statut est pourtant moins limpide qu’on ne le croit : l’observatoire officiel des drogues néerlandais reconnaît que presque tous les produits au CBD vendus dans le pays restent, sur le papier, interdits, même si personne ne les poursuit.
Reste la question du retour. Une huile au THC rapportée en France, c’est une importation de stupéfiants, punie jusqu’à 10 ans de prison. Et depuis le 15 mai 2026, les huiles de CBD à avaler sont retirées de la vente en France. Voici ce que disent précisément les deux lois en 2026, et ce qui reste légal des deux côtés de la frontière.
L’essentiel en 30 secondes
• Huile de THC aux Pays-Bas : classée drogue dure (liste I de l’Opiumwet), jamais vendue légalement en coffee shop.
• Seule exception : l’huile de cannabis médicale, préparée par quelques pharmacies sur ordonnance, pour des patients suivis.
• Huile de CBD : en vente dans les faits à Amsterdam, mais officiellement interdite et simplement non poursuivie.
• Retour en France : huile de THC = importation de stupéfiants, jusqu’à 10 ans de prison ; les huiles de CBD à avaler sont retirées de la vente depuis le 15 mai 2026.
Huile de THC en Hollande : ce que dit la loi en 2026
On l’oublie souvent : le cannabis n’est pas légal aux Pays-Bas. Il est gedoogd, c’est-à-dire toléré dans un cadre précis. Toute la politique néerlandaise repose sur une distinction posée par l’Opiumwet, la loi sur l’opium de 1928, régulièrement mise à jour (version en vigueur depuis le 17 septembre 2026).
Deux listes, deux régimes
La loi classe les substances en deux listes :
- La liste II, celle des drogues douces : on y trouve le hennep (l’herbe : toute partie de la plante dont la résine n’a pas été extraite, graines exceptées) et le hasjiesj (le haschich, un mélange solide de résine et de matière végétale). C’est cette liste que visent la tolérance des coffee shops et celle de la petite détention.
- La liste I, celle des drogues dures : elle contient la hennepolie, définie mot pour mot comme un « concentré de plantes du genre Cannabis obtenu par extraction du chanvre ou du haschich, mélangé ou non à de l’huile ». Le THC lui-même, ses isomères, et le HHC y figurent aussi.
Autrement dit, dès que le cannabis est extrait pour devenir une huile, il change de catégorie juridique. La logique tient à la concentration : un extrait peut contenir bien plus de THC qu’une fleur, et la loi le traite comme un produit plus dangereux. Peu importe la présentation : un flacon d’huile, un distillat ou une cartouche de vapoteuse au THC sont des extraits, et le THC qu’ils contiennent figure lui-même sur la liste I.
Les peines prévues
Parce qu’elle est en liste I, l’huile de THC relève des peines les plus lourdes de la loi. Pour comparer, voici ce que prévoient les articles 10 (liste I) et 11 (liste II) de l’Opiumwet, en maximum légal :
| Infraction commise intentionnellement | Huile de THC (liste I) | Herbe ou haschich (liste II) |
|---|---|---|
| Détention | 6 ans de prison (1 an pour une petite quantité destinée à sa consommation) | 2 ans (1 mois ou une amende jusqu’à 30 g) |
| Vente, préparation, transport | 8 ans | 2 ans (6 ans à titre professionnel) |
| Faire entrer ou sortir du pays | 12 ans (1 an pour une petite quantité destinée à sa consommation) | 4 ans (6 ans pour une grande quantité) |
Ce sont des plafonds, pas des peines automatiques, mais ils montrent l’essentiel : aux yeux de la loi néerlandaise, une huile de THC n’a rien d’une « weed » de coffee shop.
Pourquoi les coffee shops d’Amsterdam n’en vendent pas
Un coffee shop n’est pas un commerce autorisé : c’est un lieu où la vente de petites quantités de drogues douces reste une infraction que le parquet renonce à poursuivre, tant que l’établissement respecte des critères stricts. Le gouvernement néerlandais les résume ainsi :
- 5 grammes au maximum par client et par transaction ;
- aucune drogue dure ;
- aucune vente aux mineurs et aucune publicité ;
- aucune nuisance pour le voisinage.
L’huile de THC étant une drogue dure au sens de la loi, un coffee shop qui en proposerait ne remplirait plus les critères de la tolérance et s’exposerait à des poursuites. C’est pour cela que vous ne verrez pas de flacons d’huile de THC sur les comptoirs d’Amsterdam : ce n’est pas une question de mode ou de clientèle, c’est une question de loi. Les menus s’en tiennent à l’herbe, au haschich et aux préparations comme les space cakes.
Et les offres « sous le manteau » ?
Une huile de THC proposée ailleurs, dans la rue, sur une messagerie ou sur un site qui se présente comme « coffee shop en ligne », n’entre dans aucune tolérance. Le gouvernement néerlandais le rappelle : la vente de drogues douces en dehors des coffee shops n’est pas tolérée et peut être poursuivie ; pour une drogue dure, c’est a fortiori le cas. S’ajoute un risque très concret : un produit sans étiquette ni contrôle, dont personne ne peut vous garantir ni la composition ni le dosage.
Depuis le 7 avril 2025, dix communes néerlandaises testent une filière d’approvisionnement légale des coffee shops (l’expérience dite wietexperiment). Amsterdam n’en fait pas partie, et l’expérience porte sur l’herbe et le haschich livrés aux coffee shops, pas sur les huiles. Pour tout le reste de la vie des coffee shops de la capitale (règles, quartiers, usages), consultez notre guide des coffee shops d’Amsterdam.
La seule huile au THC légale : l’huile médicale en pharmacie
Le circuit médical néerlandais est ancien : depuis le 1er septembre 2003, les pharmacies peuvent délivrer du cannabis médical sur ordonnance d’un médecin. Ce cannabis est produit sous le contrôle d’un organisme d’État, le Bureau voor Medicinale Cannabis (BMC), qui dépend du ministère de la Santé.
Pour l’huile, le BMC indique qu’un petit nombre de pharmacies préparent des huiles de cannabis standardisées à partir de son cannabis médical : il cite des établissements à La Haye, à Breukelen et dans le Limbourg. Ces huiles ne s’obtiennent que sur prescription, et le BMC précise qu’elles restent soumises à l’Opiumwet.
Ce circuit n’a rien d’un raccourci pour un visiteur :
- il est conçu pour des patients suivis par un médecin, dans le cadre d’un traitement ;
- il ne s’agit pas d’un produit en vente libre en pharmacie ou en droguerie ;
- même un patient néerlandais doit demander une attestation officielle avant de voyager à l’étranger avec son cannabis médical.
En clair, pour un touriste de passage à Amsterdam, il n’existe pas de voie légale pour acheter de l’huile de THC.
L’huile de CBD à Amsterdam : partout en rayon, pas si simple sur le papier
Le CBD (cannabidiol) est l’autre grand composé du chanvre. Contrairement au THC, la molécule elle-même ne figure pas sur les listes de l’Opiumwet, et les huiles de CBD sont faciles à trouver à Amsterdam : boutiques spécialisées, magasins de produits naturels, certaines drogisterijen (drogueries).
Leur situation juridique est pourtant plus floue qu’il n’y paraît, pour deux raisons :
- Côté Opiumwet : une huile de CBD est, elle aussi, un extrait de cannabis. La Nationale Drug Monitor, l’observatoire officiel des drogues du pays, l’écrit sans détour dans sa mise à jour d’août 2026 : officiellement, presque tous les produits au CBD vendus aux Pays-Bas restent interdits, mais les autorités n’interviennent pas.
- Côté alimentaire : dans l’Union européenne, le CBD destiné à être avalé est un « nouvel aliment » qui n’a jamais reçu d’autorisation. Sa présence en rayon aux Pays-Bas ne vaut donc pas autorisation.
Pour vous, cela signifie surtout une chose : la composition annoncée n’est garantie par aucun cadre clair. Si vous en achetez une sur place, choisissez un produit accompagné d’une analyse de laboratoire récente, et lisez la partie suivante avant d’envisager de la rapporter.

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Génétique néerlandaise cultivée en bio en France, 0,3 % de THC maximum : une fleur CBD conforme à la loi française.
Rapporter une huile d’Amsterdam en France : ce que vous risquez
Une huile de THC : importation de stupéfiants
En France, le THC et tout produit qui en contient au-delà du seuil légal sont des stupéfiants. Passer la frontière avec une huile de THC, même un petit flacon destiné à votre propre consommation, c’est l’importer :
- article 222-36 du code pénal : l’importation de stupéfiants est punie de 10 ans de prison et 7 500 000 € d’amende ;
- article 222-37 : le transport, la détention et l’acquisition sont punis des mêmes peines ;
- code des douanes : les stupéfiants sont des marchandises dangereuses pour la santé, et leur importation en contrebande est punie de 10 ans de prison et d’une amende pouvant atteindre dix fois la valeur de la marchandise.
Drogues Info Service le rappelle : franchir une frontière avec un stupéfiant, c’est l’importer, et la loi traite ce geste comme un acte de trafic, même si le produit est destiné à votre usage personnel. Côté néerlandais, faire sortir une huile de THC du pays est également interdit (articles 2 et 10 de l’Opiumwet). Les contrôles possibles selon votre moyen de transport sont détaillés dans notre article sur le trajet Amsterdam-Paris et ses risques, et les règles propres à l’avion dans notre guide pour voyager avec du CBD en avion.
La commande en ligne ne change rien : se faire expédier une huile de THC depuis les Pays-Bas, c’est aussi une importation. Nous avons consacré un article entier à ce mythe : peut-on acheter du cannabis hollandais en ligne ?
Une huile de CBD : deux obstacles
Une huile de CBD néerlandaise n’est pas pour autant la bonne idée de souvenir :
- en France, un produit du chanvre n’est légal que s’il contient 0,3 % de THC maximum ; une huile dont vous ne pouvez pas prouver le taux vous expose à une saisie, voire à des poursuites si elle dépasse ce seuil ;
- depuis le 15 mai 2026, les produits alimentaires au CBD, dont les huiles sublinguales et les compléments alimentaires, sont retirés de la vente en France, faute d’autorisation européenne.
Dernier point, souvent négligé : si vous avez consommé une huile de THC aux Pays-Bas, le THC reste détectable plusieurs jours. En France, la conduite après usage de stupéfiants est punie de 3 ans de prison et 9 000 € d’amende. Pour les délais de détection, voyez notre article sur la durée de présence du THC dans l’organisme.

Huiles de cannabis : Pays-Bas ou France, ce qui change
| Produit | Pays-Bas (Amsterdam) | France |
|---|---|---|
| Huile de THC | Drogue dure (liste I) : vente interdite, jusqu’à 8 ans de prison | Stupéfiant : détention, achat, importation jusqu’à 10 ans |
| Huile de THC médicale | Sur ordonnance, préparée par quelques pharmacies | Expérimentation terminée fin 2024 ; seuls les patients déjà traités poursuivent, à titre transitoire |
| Huile de CBD | En vente dans les faits, mais officiellement interdite (non poursuivie) | Huiles à avaler retirées de la vente depuis le 15 mai 2026 |
| Herbe et haschich au THC | Tolérés en coffee shop, 5 g par transaction | Interdits ; l’usage peut valoir une amende forfaitaire de 500 € |
| Fleurs et résines de CBD | En principe du chanvre ou du haschich au sens de la loi (liste II) ; vendues dans les faits, sans être poursuivies | Légales à 0,3 % de THC maximum |
| HHC | Liste I (drogue dure) | Stupéfiant depuis le 13 juin 2023 |
Ce qui est légal en France aujourd’hui
Si ce qui vous intéresse, c’est un produit du chanvre à la fois légal et contrôlé, la France offre en 2026 un cadre plus lisible que le flou néerlandais sur le CBD :
- les fleurs et résines de CBD sont légales à 0,3 % de THC maximum (arrêté du 30 décembre 2021, fleurs confirmées par le Conseil d’État le 29 décembre 2022) ;
- le HHC est classé stupéfiant depuis le 13 juin 2023, le H4-CBD et le THCP depuis le 3 juin 2024 : ils ne sont pas des alternatives légales ;
- le cannabis médical reste confidentiel : l’expérimentation de l’ANSM s’est achevée le 31 décembre 2024, et seuls les patients déjà inclus continuent leur traitement, pendant une période transitoire, en attendant un cadre définitif, dont les décrets d’application n’étaient toujours pas publiés à la mi-septembre 2026.
Le détail des règles, produit par produit, est dans notre guide de la loi sur le CBD en France.
Chez Jungle Kush, nous ne vendons pas d’huiles : nous produisons et sélectionnons des fleurs de CBD et des résines de CBD à 0,3 % de THC maximum. Avant tout achat, chez nous comme ailleurs, trois vérifications suffisent :
- un taux de THC affiché, au plus égal à 0,3 % ;
- une analyse de laboratoire récente, consultable pour le lot vendu ;
- aucune promesse d’effet « comme le cannabis », ni aucune molécule interdite (HHC, H4-CBD, THCP) dans la composition.

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Questions fréquentes
Peut-on acheter de l’huile de THC en Hollande ?
Non, pas légalement. L’huile de cannabis figure sur la liste I de l’Opiumwet, celle des drogues dures, et sa vente est interdite. Seule une huile médicale peut être délivrée par quelques pharmacies, sur ordonnance, à des patients suivis.
Trouve-t-on de l’huile de THC dans les coffee shops d’Amsterdam ?
Non. La tolérance des coffee shops ne couvre que les drogues douces (herbe et haschich), 5 g au maximum par transaction, et exclut toute drogue dure. Une huile de THC ferait sortir l’établissement de ce cadre.
L’huile de CBD est-elle légale à Amsterdam ?
Elle est vendue ouvertement et les autorités n’interviennent pas, mais l’observatoire officiel des drogues néerlandais reconnaît que la plupart des produits au CBD restent officiellement interdits. C’est une tolérance, pas une autorisation.
Peut-on rapporter en France une huile achetée à Amsterdam ?
Une huile de THC, non : c’est une importation de stupéfiants, jusqu’à 10 ans de prison. Une huile de CBD à avaler n’est plus vendue en France depuis le 15 mai 2026, et son taux de THC ne doit pas dépasser 0,3 %.
Le mot de la fin
Amsterdam a la réputation d’une ville où tout se trouve. Pour l’huile de THC, c’est l’inverse : c’est l’un des produits du cannabis que la loi néerlandaise traite le plus sévèrement, et le seul circuit légal passe par un médecin et une pharmacie. Laissez les flacons douteux là où ils sont, et préférez ce qui est légal en France, contrôlé et étiqueté.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.


