Avant les hybrides à 30 % de THC, avant les noms de bonbons et les packagings dorés, il y avait l’herbe d’île. Dans les années 1960 et 1970, sur les pentes volcaniques de Maui, des cultivateurs hawaïens et des surfeurs en quête de vagues et de fleurs trop belles pour être vraies ont donné naissance à une légende : la Maui Wowie, que l’on écrit aussi Maui Waui. Un nom qui sonne comme une exclamation, et qui a fini par désigner, sur le continent américain, à peu près n’importe quelle herbe venue d’Hawaï.
Sur le papier, la variété a tout d’une sativa pure : un THC modéré de 13 à 19 %, une floraison longue de 10 à 12 semaines, une plante qui monte haut et fin, et un nez d’ananas, de mangue et de fleurs tropicales que ses amateurs jugent inimitable. Cette fiche, mise à jour en octobre 2026, fait le point sur ce que l’on sait de son histoire (une bonne part relève de la tradition orale), de sa génétique, de ses arômes, de ce qu’en disent les consommateurs, de sa culture et de son statut en France.
L’essentiel en 30 secondes
• Sativa originaire de l’île de Maui (Hawaï), variété historique des années 1960-1970, rattachée aux sativas hawaïennes locales.
• Popularisée par les surfeurs et les hippies de l’ère flower power, puis diffusée sur le continent américain.
• THC de 13 à 19 %, CBD très faible.
• Floraison de 10 à 12 semaines, plante haute et aérée, rendement moyen.
• Nez ananas, mangue, fleurs hawaïennes, avec une base de pin et de bois ; effet rapporté plutôt diurne et créatif.
Carte d’identité de la Maui Wowie
| Critère | Valeur |
|---|---|
| Nom | Maui Wowie (variante : Maui Waui) |
| Origine | Île de Maui, archipel d’Hawaï |
| Époque | Années 1960-1970, variété historique |
| Type | Sativa pure, issue des sativas hawaïennes locales (lignée exacte discutée) |
| THC | 13 à 19 % selon les phénotypes et les lots |
| CBD | Très faible, souvent inférieur à 1 % |
| Floraison indoor | 10 à 12 semaines |
| Récolte outdoor | Mi à fin octobre (hémisphère nord) |
| Profil aromatique | Ananas, mangue, fleurs tropicales, pin, agrumes, poivre |
| Effet rapporté | Cérébral, énergique, plutôt de journée |

L’histoire de la Maui Wowie : de Maui aux plages de Californie
Il faut d’emblée prévenir : l’histoire de la Maui Wowie ne s’appuie pas sur un acte de naissance. Pas de breeder, pas de date, pas de croisement documenté. Elle s’appuie sur des récits de cultivateurs, des souvenirs de voyageurs et des articles de presse spécialisée, et il faut la lire comme telle.
Ce que l’on sait à peu près : à la fin des années 1960 et dans les années 1970, Hawaï (où le cannabis se dit pakalolo, mot souvent traduit par « fumée folle ») produit une herbe de plein air qui n’a rien à voir avec les briques compressées et pleines de graines qui circulent alors sur le continent. Le climat tropical, le soleil, les alizés et les sols volcaniques de l’île de Maui favorisent des plantes hautes, vigoureuses, bien résinées. Les cultivateurs locaux, dont certains autour de Hana, sélectionnent leurs plants de saison en saison, et on associe à l’archipel l’essor d’une herbe sans graines (la sinsemilla) qui paraît alors d’un autre monde.
Le nom fait le reste. Surfeurs, voyageurs et hippies de l’ère flower power rapportent l’herbe de Maui sur la côte californienne, et « Maui Wowie » devient une sorte de label de qualité, voire un nom générique pour désigner une herbe d’île réputée douce et fruitée. Le nom a voyagé plus vite que les graines : on ne sait jamais exactement quelle plante se cache derrière une étiquette « Maui Wowie » d’une époque donnée.
Maui Wowie : génétique, lignée et question de la landrace
Ce qui est établi, c’est l’ancrage dans les sativas hawaïennes, elles-mêmes issues de graines apportées sur l’archipel au fil des décennies, vraisemblablement d’Asie du Sud-Est et du Pacifique. C’est ce qui fait dire à beaucoup que la Maui Wowie est une landrace ou une variété proche de la landrace : une population locale, façonnée par un climat et des générations de cultivateurs plutôt que par un croisement de laboratoire.
Ce qui l’est moins : le terme « landrace » est ici un raccourci. Après cinquante ans de circulation entre îles, continent et banques de semences, la population d’origine s’est forcément mélangée. Certaines fiches mentionnent un croisement entre sativa hawaïenne et une autre souche indéterminée, d’autres parlent d’une dominance autour de 80 % sativa. C’est la signature d’une variété transmise de main en main avant l’ère des généalogies publiées : nous parlons ici de sativa hawaïenne historique, avec les réserves d’usage.
La descendance, en revanche, est mieux documentée. Leafly cite parmi ses variétés filles la Tropic Thunder et la Mai Tai, des hybrides tournés vers les mêmes notes tropicales. Pour voir ce que donne un croisement Hawaïen × Haze, la fiche de la Hawaiian Haze est un bon point de repère, tout comme celle de la Hawaiian Snow, la sativa de Green House Seeds primée à la Cannabis Cup 2003. Ce ne sont pas la même plante, mais elles partagent le même imaginaire.
Goût et arômes de la Maui Wowie : ananas, mangue et fleurs d’Hawaï
C’est le point sur lequel tout le monde s’accorde : la Maui Wowie sent l’été. À l’ouverture du bocal, c’est d’abord l’ananas, frais, légèrement acide, puis la mangue mûre, et une note florale que beaucoup décrivent comme une fleur hawaïenne. Derrière, un fond plus sec et plus vert : un peu de pin, de bois, quelques agrumes et une pointe de poivre en finale, qui rappelle que l’on a affaire à une sativa et non à un hybride-dessert.
Côté terpènes, les fiches publiques citent le plus souvent le myrcène (fruité, herbacé, musqué), le pinène (résine, aiguille de pin), le caryophyllène (poivre, épice) et le limonène (agrumes). Aucune analyse de référence ne fait autorité : l’ordre varie avec le phénotype, le séchage et l’affinage. On retiendra la combinaison plutôt que les pourcentages.
Si vous aimez cet univers, deux autres fiches de notre site explorent le même registre fruité : la Mango Haze, qui mise sur la mangue, et la Pineapple Express, qui pousse l’ananas côté hybride.
Effets de la Maui Wowie : ce qu’en disent les consommateurs
Les retours convergent d’une plateforme à l’autre : une variété cérébrale, légère et diurne. Les mots qui reviennent sont l’énergie, la bonne humeur, la créativité, la sociabilité et l’envie de bouger plutôt que de rester sur le canapé. On lui reconnaît un effet corporel discret, sans l’engourdissement que l’on prête aux indicas, et ses amateurs la placent en journée, rarement en fin de soirée.
Avec un THC de 13 à 19 %, la Maui Wowie est plutôt dans la moyenne basse des variétés actuelles, loin des sativas dosées à 25 %. Un taux modéré ne garantit rien pour autant : ces impressions sont subjectives et dépendent du phénotype, de la quantité, du mode de consommation, de la tolérance et du contexte.
Les effets indésirables du THC sont bien documentés (Inserm, OFDT) : bouche sèche, yeux rouges, accélération du rythme cardiaque, anxiété, paranoïa, troubles de la mémoire à court terme. Ils sont plus fréquents chez les personnes peu habituées, et une sativa très stimulante est réputée moins indulgente pour les profils anxieux. Les mises en garde habituelles s’appliquent (mineurs, grossesse, antécédents psychiatriques, conduite). Cette section ne constitue ni un conseil d’usage ni une promesse d’effet.
À quoi ressemble un plant de Maui Wowie ?
La Maui Wowie a le gabarit d’une sativa tropicale : une plante haute et élancée, qui peut dépasser les 2 mètres en extérieur, des feuilles fines, et des têtes allongées et aérées, d’un vert clair, parsemées de longs pistils orange et couvertes d’une résine qui donne un aspect givré. C’est cette structure peu compacte qui, selon les breeders, limite le risque de moisissure par rapport aux têtes denses des indicas, au prix d’un poids de fleurs plus modeste.

Floraison et rendement de la Maui Wowie
À titre strictement informatif, voici ce que documentent les breeders et les retours publiés. En France, la culture d’une variété à THC reste interdite aux particuliers : il ne s’agit pas d’un guide.
La Maui Wowie est une sativa patiente. Sa floraison dure de 10 à 12 semaines en intérieur, soit nettement plus que les variétés hybrides modernes, et en extérieur la récolte se fait traditionnellement à la mi-octobre ou fin octobre dans l’hémisphère nord, avec le risque que l’humidité d’automne gâche la maturité. Héritière du climat d’Hawaï, elle aime la chaleur et la lumière franche, supporte mal les saisons fraîches, et s’étire beaucoup : l’espace vertical est une contrainte, pas un détail.
Côté rendement, les fiches de banques de graines annoncent des valeurs de l’ordre de 350 à 450 g/m² en intérieur et de 450 à 900 g par plante en extérieur dans de bonnes conditions. Ce sont des plafonds, et les retours de terrain parlent plutôt d’un rendement moyen : une variété de passionnés, qu’on choisit pour son profil et son histoire plutôt que pour la quantité.
Graines de Maui Wowie : que vaut le nom ?
On trouve aujourd’hui des graines de « Maui Wowie » ou « Maui Waui » chez plusieurs banques, mais le nom ne garantit pas la même plante. L’originale des années 1970 n’a pas été diffusée comme une variété de breeder : ce que l’on trouve aujourd’hui est une reconstitution, à partir de sativas hawaïennes ou d’un croisement qui en reprend le profil. Un THC ou une floraison différents d’une banque à l’autre n’ont donc rien d’anormal, et c’est ce qui explique que les fiches publiques divergent autant.
Avant de se fier à une fiche, mieux vaut vérifier le nom du breeder, la date de la sélection et la dominance annoncée. Rappel : en France, les graines sont vendues comme objets de collection et leur mise en culture reste interdite.
Les cousines de la Maui Wowie : autres sativas historiques
La Maui Wowie fait partie des sativas « de voyage », ces plantes tropicales qui ont fait le tour du monde dans les valises des routards des années 1960-1970. Pour la situer :
- L’Acapulco Gold, sativa mexicaine dorée, autre grande figure de la même époque ;
- La Malawi Gold, landrace africaine, longue à fleurir elle aussi ;
- La Lambsbread, sativa jamaïcaine, autre grande voyageuse des années 1970 ;
- La Durban Poison, sativa sud-africaine à la floraison plus courte et au profil terpénique très différent (anis, pin).
Statut légal en France
La Maui Wowie, telle qu’elle est cultivée pour son taux de THC (13 à 19 %), est juridiquement un stupéfiant en France. Seule la commercialisation de fleurs de chanvre contenant moins de 0,3 % de THC total équivalent est autorisée (arrêté du 30 décembre 2021, confirmé par la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022, n° 444887). L’usage, la détention et la culture d’une Maui Wowie « classique » restent donc interdits aux particuliers. Les graines, qui ne contiennent pas de THC, sont vendues en Europe comme objets de collection. Pour le détail du cadre juridique, voir notre fiche Delta-9-THC : effets, usage et légalité. Pour rester dans le cadre légal, la catégorie fleurs de CBD regroupe des variétés cultivées en France sous le seuil de 0,3 %.
Questions fréquentes sur la Maui Wowie
La Maui Wowie est-elle une sativa ou une indica ?
C’est une sativa, issue des sativas hawaïennes. Certaines fiches la présentent comme pure, d’autres autour de 80 % sativa : la généalogie exacte n’a jamais été documentée, mais le profil (plante haute, floraison longue, effet cérébral) est bien celui d’une sativa.
Quel est le taux de THC de la Maui Wowie ?
Entre 13 et 19 % selon les phénotypes et les lots, avec un CBD très faible, le plus souvent inférieur à 1 %. C’est un niveau modéré comparé aux hybrides modernes.
D’où vient la Maui Wowie et pourquoi ce nom ?
Elle est originaire de l’île de Maui, à Hawaï, où elle s’est imposée dans les années 1960-1970. Le nom, orthographié aussi « Maui Waui », sonne comme une exclamation d’enthousiasme et a fini par désigner, sur le continent américain, l’herbe d’île en général. On l’associe aux surfeurs et aux hippies de l’époque.
Quel goût et quelle odeur la Maui Wowie a-t-elle ?
Un profil tropical : ananas, mangue et fleurs hawaïennes en tête, avec un fond de pin, d’agrumes et une pointe de poivre. Les terpènes les plus cités sont le myrcène, le pinène, le caryophyllène et le limonène.
Quelle est la différence entre la Maui Wowie et la Hawaiian Snow ?
La Maui Wowie est une sativa historique d’Hawaï, sans breeder ni généalogie officielle. La Hawaiian Snow est une sélection de Green House Seeds (Amsterdam), croisement présenté comme Hawaiian × Pure Haze, plus puissante et plus longue à fleurir.
Peut-on cultiver de la Maui Wowie en France ?
Non. La culture de cannabis contenant du THC est interdite aux particuliers en France (code de la santé publique). Les graines sont commercialisées en Europe comme objets de collection, mais les faire germer et cultiver la plante relève du régime des stupéfiants.

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Contenu informatif. En France, le cannabis contenant du THC est un stupéfiant et sa culture est interdite aux particuliers ; les graines sont vendues comme objets de collection.


