Non, le cannabis n’est pas légal au Brésil. Mais depuis juin 2024, détenir jusqu’à 40 grammes de maconha pour sa propre consommation n’est plus une infraction pénale : le Tribunal suprême fédéral (STF) a fait de cet usage une infraction administrative, sanctionnée par un avertissement ou un stage éducatif. La vente, le transport et la culture hors de ce cadre restent des crimes, et le trafic est puni de 5 à 15 ans de prison.
Toute la confusion vient de cette nuance entre dépénalisation et légalisation. Fumer dans la rue ou sur la plage reste interdit, la police peut vous contrôler, saisir le produit et vous conduire au commissariat (la delegacia), et un petit sachet suffit à une accusation de trafic si des indices de revente sont relevés. Le point le plus sensible pour un voyageur reste l’aéroport.
Côté CBD, le Brésil a choisi une voie strictement médicale : les produits au cannabidiol se vendent en pharmacie, sur ordonnance, ou s’importent avec l’autorisation de l’Anvisa, l’agence sanitaire nationale. Aucune boutique de fleurs CBD comme en France. Tout ce qui suit est à jour au 26 septembre 2026.
L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis : illégal, mais détenir 40 g maximum ou 6 plants femelles pour sa consommation n’est plus un crime depuis la décision du STF du 26 juin 2024.
• CBD : uniquement sur ordonnance, en pharmacie ou importé avec l’accord de l’Anvisa ; aucune fleur CBD en vente libre.
• Touriste : fumer en public reste interdit ; le trafic, y compris à l’aéroport, vaut 5 à 15 ans de prison, davantage en cas de passage de frontière.
• Propre au Brésil : la cigarette électronique est interdite dans tout le pays.
Que dit la loi au Brésil en 2026 ?
Le texte de référence est la loi n° 11.343 du 23 août 2006, appelée Lei de Drogas. Son article 2 interdit les drogues et la culture des plantes dont on peut les extraire, sauf autorisation, notamment à des fins médicales ou scientifiques. Cette loi fédérale s’applique à l’identique dans les 26 États et le district fédéral. Contrairement aux États-Unis, aucun État brésilien n’a légalisé le cannabis.
La loi distingue deux situations bien différentes :
- L’usage personnel (article 28) : acheter, garder, transporter ou avoir sur soi de la drogue pour sa propre consommation, ou cultiver quelques plants pour soi. Depuis 2006, ce comportement n’est plus puni de prison : le texte prévoit un avertissement, des travaux d’intérêt général ou un stage éducatif, ces deux dernières mesures durant cinq mois au plus (dix en cas de récidive).
- Le trafic (article 33) : importer, exporter, vendre, offrir, transporter, fournir, même gratuitement. La peine va de 5 à 15 ans de réclusion, avec 500 à 1 500 jours-amende.
Pendant près de vingt ans, aucun seuil chiffré n’existait : le juge appréciait au cas par cas (article 28, paragraphe 2), un flou accusé de faire poursuivre comme trafiquants de simples consommateurs, surtout dans les quartiers pauvres. La décision de 2024 a voulu y remédier.
La règle des 40 grammes, expliquée
Le 26 juin 2024, après neuf ans d’interruptions, le STF a conclu par 6 voix contre 3 le jugement du recours extraordinaire n° 635.659 (thème 506). Ce qu’il a décidé :
- Détenir du cannabis pour sa consommation personnelle n’est plus une infraction pénale. Le comportement reste illicite, mais ses conséquences deviennent administratives et n’ont plus d’effet pénal : elles ne peuvent pas être retenues comme antécédent judiciaire.
- Seuil de présomption : 40 grammes ou 6 plants femelles. En dessous, la personne est présumée simple usager (usuário), en attendant que le Congrès fixe lui-même un critère.
- Sanctions restantes : l’avertissement sur les effets des drogues et l’obligation de suivre un programme ou un stage éducatif, prononcés par un juge dans une procédure non pénale. Les travaux d’intérêt général disparaissent pour le cannabis.
- Pas d’arrestation en flagrant délit de l’usager : la police peut saisir le cannabis et vous conduire à la delegacia, où le délégué pèse le produit puis vous convoque devant le juge.
Le 14 février 2025, le STF a rejeté à l’unanimité les recours qui demandaient des éclaircissements : la décision est confirmée et s’applique dans tout le pays.
Ce que la décision ne change pas
- Fumer en public reste interdit, plage comprise.
- Le seuil n’est pas une garantie. La présomption est relative : même sous 40 grammes, la police peut arrêter pour trafic si elle relève des indices de vente (balance, sachets préparés, carnet de comptes, échanges de messages).
- Aucune vente légale n’existe. Pas de dispensaire, pas de coffee-shop, pas de club : celui qui vend, même quelques grammes, relève de l’article 33.
- Seul le cannabis est concerné. La détention des autres drogues pour usage personnel reste une infraction pénale au sens de l’article 28.
Amendes et prison : le tableau des peines
La loi brésilienne compte en « jours-amende », dont la valeur est fixée selon la situation économique du condamné, et distingue la réclusion (peines les plus lourdes) de la détention. Voici les principales situations.
| Situation | Ce que prévoit la loi | Texte |
|---|---|---|
| Cannabis pour usage personnel, jusqu’à 40 g ou 6 plants femelles | Infraction administrative : saisie, avertissement, stage éducatif, sans effet pénal | STF, RE 635.659 (2024) |
| Offrir occasionnellement et gratuitement à un proche, pour consommer ensemble | 6 mois à 1 an de détention et 700 à 1 500 jours-amende | Art. 33 § 3 |
| Vendre, transporter, donner, importer (trafic) | 5 à 15 ans de réclusion et 500 à 1 500 jours-amende | Art. 33 |
| Cultiver pour fournir d’autres personnes | Mêmes peines que le trafic | Art. 33 § 1 |
| Premier délit, bons antécédents, sans lien avec le crime organisé | Peine de trafic réduite d’un sixième à deux tiers | Art. 33 § 4 |
| Trafic international ou entre États brésiliens | Peine augmentée d’un sixième à deux tiers | Art. 40 |
| Trafic lié à une organisation criminelle « ultraviolente » ou à une milice | Peine doublée | Art. 40-A (loi n° 15.358 du 24 mars 2026) |
Ces chiffres ne sont pas théoriques : selon le ministère belge des Affaires étrangères (fiche du 27 mai 2026), les peines réellement prononcées, même pour de petits délits, tournent autour de 8 ans en moyenne, à purger entièrement, le plus souvent dans des prisons ordinaires aux conditions très dures.
Et le CBD au Brésil ?
Le CBD n’est pas en vente libre au Brésil : le cannabidiol y est un produit de santé contrôlé par l’Anvisa (Agence nationale de surveillance sanitaire). Trois voies légales existent, toutes médicales :
- En pharmacie, sur ordonnance : depuis la résolution RDC 327 de 2019, des produits à base de cannabis autorisés par l’Anvisa sont vendus en pharmacie. Début 2026, l’agence en recensait 49, fabriqués par 24 entreprises.
- Par importation personnelle : un patient muni d’une prescription peut demander à l’Anvisa l’autorisation d’importer un produit (résolution RDC 660 du 30 mars 2022). La démarche est gratuite et l’autorisation vaut deux ans. Plus de 660 000 autorisations individuelles ont été délivrées entre 2015 et 2025.
- Par le système public de santé (SUS), dans certaines villes : en août 2025, la ville de São Paulo a annoncé l’accès, dans son réseau public, à des médicaments au cannabidiol pour plus de 30 maladies dans leurs formes graves ou réfractaires, sur ordonnance spéciale (la receita B1, de couleur bleue).
Ce que cela signifie pour vous :
- Pas de fleurs ni de résine CBD en vente légale. Les produits autorisés sont des préparations pharmaceutiques (huiles, gélules, sprays…) ; aucune règle ne permet de vendre des fleurs de chanvre au grand public.
- Un site « CBD » brésilien n’est pas un gage de légalité. En octobre 2025, l’Anvisa a interdit la vente de gommes, huiles et baumes au CBD proposés sans enregistrement par deux sociétés (résolution 3.987/2025).
- Le seuil de 0,3 % de THC ne vous protège pas : la décision du STJ sur le chanvre pauvre en THC (voir plus bas) ne vise que sa culture encadrée à des fins médicales et scientifiques ; aucune règle ne permet à un particulier d’acheter ou de détenir des fleurs de chanvre.
Nos fleurs CBD sont légales en France parce qu’elles respectent le plafond de 0,3 % de THC fixé par l’arrêté du 30 décembre 2021 (tous les détails dans notre guide de la loi CBD en France). Ce seuil français ne vaut rien à la douane brésilienne : n’emportez ni fleurs ni résine CBD dans vos bagages, et gardez vos fleurs CBD pour la France.

Gorilla Glue
Génétique américaine cultivée en bio en France, 0,3 % de THC maximum : une fleur légale en France, à ne pas glisser dans la valise.
Cannabis médical : ce qui a changé en 2026
Le cannabis médical, lui, avance vite. L’Anvisa estimait début 2026 à plus de 670 000 le nombre d’utilisateurs de produits à base de cannabis, un accès obtenu surtout par voie judiciaire.
2024 : le STJ ouvre la porte au chanvre médical
En novembre 2024, le Tribunal supérieur de justice (STJ) a jugé que la loi sur les drogues ne vise pas les variétés très pauvres en THC (moins de 0,3 %) et ordonné de réglementer l’importation de leurs semences, leur culture, leur transformation et leur commercialisation, à des fins médicales et scientifiques uniquement. Le délai a été repoussé jusqu’au 31 mars 2026.
Janvier 2026 : trois résolutions de l’Anvisa
Le 28 janvier 2026, la direction de l’Anvisa a adopté un nouveau cadre en trois textes :
- RDC 1.013/2026 : culture réservée aux personnes morales sous autorisation spéciale, plantes à 0,3 % de THC maximum, sécurité renforcée des sites.
- RDC 1.014/2026 : les associations de patients à but non lucratif peuvent produire dans un « bac à sable réglementaire » expérimental, sans droit de vendre.
- RDC 1.015/2026 : révision de la RDC 327. Les produits dépassant 0,2 % de THC s’ouvrent aux patients atteints de maladies graves et invalidantes comme la fibromyalgie ou le lupus, et de nouvelles voies d’administration sont admises, notamment dermatologique, sublinguale et buccale.
Ce qui reste en suspens
Environ 500 décisions de justice autorisent déjà des particuliers ou des structures à cultiver, et cinq États ont voté des lois en ce sens. Mais en septembre 2026, des associations réunies à Fortaleza décrivaient encore saisies de colis et destructions de cultures par la police. Une note technique de 2026, cosignée par l’agence agricole publique Embrapa, juge aussi le seuil de 0,3 % mal adapté au climat tropical, et le débat porte désormais sur un plafond de 0,5 à 1 %. Rien de tout cela ne concerne l’usage récréatif, ni les voyageurs.
Réformes : ce qui peut encore changer
Deux mouvements opposés coexistent. D’un côté, les juges et l’Anvisa dépénalisent l’usage et structurent le médical. De l’autre, le Sénat a adopté en avril 2024 la proposition d’amendement constitutionnel PEC 45/2023, qui veut inscrire dans la Constitution la criminalisation de la détention de drogue ; la commission Constitution et Justice de la Chambre l’a déclarée recevable le 12 juin 2024 (47 voix contre 17), mais au 26 septembre 2026 le texte attend toujours sa commission spéciale. S’il était adopté, la règle des 40 grammes pourrait être remise en cause. Le législateur durcit aussi la lutte contre les réseaux : la loi n° 15.358 du 24 mars 2026 double les peines de trafic commis par des organisations ultraviolentes ou des milices. Aucune légalisation du cannabis récréatif n’est à l’ordre du jour.
Ce que risque un touriste
La loi brésilienne ne prévoit aucun régime particulier pour les étrangers. Voici les situations les plus fréquentes :
- Contrôle avec une petite quantité : saisie, passage à la delegacia et convocation devant un juge. Si l’usage personnel est retenu, pas de prison, mais une procédure qui pèse sur un séjour ; au moindre indice de vente, c’est l’article 33 qui s’applique.
- Achat dans la rue : le commerce de rue est tenu par des réseaux criminels, cible prioritaire des opérations de police.
- Aéroports et frontières : selon la diplomatie belge, les contrôles ont été renforcés, surtout dans les aéroports, où la Police fédérale recherche activement les trafiquants. Faire entrer ou sortir du cannabis du pays, même en petite quantité, expose à des poursuites pour trafic international (article 33), avec une peine aggravée par l’article 40.
- Cigarette électronique : elle est interdite au Brésil ; laissez votre vapoteuse à la maison.
Si vous suivez un traitement, sachez qu’un produit au cannabidiol, même prescrit en France, reste contrôlé par l’Anvisa : l’importation par un particulier suppose une autorisation préalable (RDC 660), délivrée sur prescription ; sans elle, le produit peut être saisi. Renseignez-vous auprès de l’ambassade du Brésil avant le départ. Pour les règles côté français, lisez notre guide voyager avec du CBD en avion.
Au retour, un dépistage routier en France peut encore détecter un cannabis consommé à l’étranger, et la conduite après usage de stupéfiants y est punie de 3 ans de prison et 9 000 € d’amende : voir notre article sur la durée de détection du THC.

Rio, São Paulo, Salvador : la même loi partout
La loi sur les drogues étant fédérale, les règles sont identiques de Manaus à Florianópolis. Ce qui change d’une ville à l’autre, c’est le contexte.
Rio de Janeiro
Sur les plages de Copacabana ou d’Ipanema, la consommation en public reste interdite. Le trafic y est tenu par des factions armées implantées dans certaines favelas, visées par des opérations fréquentes : en août 2026 encore, la Police fédérale a saisi près de 100 kg de cannabis destinés au Complexo do Alemão.
São Paulo
C’est la vitrine du débat : la 18e Marcha da Maconha y a réuni des dizaines de milliers de personnes le 21 juin 2026, et le STF a reconnu dès 2011 que ces marches relèvent de la liberté d’expression. Manifester pour la légalisation est permis ; consommer dans la rue ne l’est pas.
Salvador, Recife, Fortaleza et le Nordeste
Le Carnaval ne change rien à la règle : la loi s’applique pendant les fêtes comme le reste de l’année. Et même les associations de patients du Nordeste dénoncent encore des interventions policières : hors du cadre médical autorisé, la plante reste interdite.
Brésil ou France : ce qui change
| Point | Brésil | France |
|---|---|---|
| Cannabis récréatif | Illégal ; détention pour usage personnel jusqu’à 40 g ou 6 plants : infraction administrative | Illégal ; l’usage est un délit, sanctionné notamment par une amende forfaitaire de 500 € (loi du 18 août 2026) |
| Seuil chiffré | 40 g ou 6 plants femelles (présomption d’usage) | Aucun seuil |
| Fleurs et résine CBD | Pas de vente légale hors cadre médical | Légales si 0,3 % de THC maximum (fleurs autorisées depuis le 29 décembre 2022) |
| Produits au CBD | Sur ordonnance : pharmacie, importation autorisée par l’Anvisa, SUS dans certaines villes | En vente libre (hors aliments, retirés depuis le 15 mai 2026) |
| Conduite | Tolérance zéro pour l’alcool ; conduire sous l’influence d’une autre substance psychoactive est aussi sanctionné | Conduite après usage de stupéfiants : 3 ans et 9 000 € |
| Cigarette électronique | Interdite | Autorisée (les puffs jetables sont interdites depuis février 2025) |
Le paradoxe : le Brésil est plus souple que la France avec le consommateur de cannabis, mais bien plus strict avec le CBD, réservé au circuit médical. Pour retrouver des fleurs et des résines légales une fois rentré, notre sélection de CBD bio français respecte le plafond de 0,3 % de THC.

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Questions fréquentes
Le cannabis est-il légal au Brésil ?
Non. Depuis juin 2024, détenir jusqu’à 40 grammes pour sa consommation n’est plus une infraction pénale, mais reste interdit et sanctionné (saisie, avertissement, stage éducatif). Le trafic est puni de 5 à 15 ans de prison.
Combien de grammes de cannabis peut-on avoir au Brésil ?
Aucune quantité n’est autorisée. Le seuil de 40 grammes ou 6 plants femelles sert seulement à présumer l’usage personnel ; en dessous, des indices de vente suffisent à retenir le trafic.
Peut-on emporter du CBD au Brésil ?
Seulement un produit prescrit et couvert par une autorisation d’importation de l’Anvisa (démarche gratuite, autorisation valable deux ans). Les fleurs et résines CBD vendues en France n’y sont pas autorisées.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.


