Non : le cannabis est illégal au Suriname, pour les Surinamais comme pour les visiteurs. La loi sur les stupéfiants du 12 février 1998 (Wet verdovende middelen) interdit de cultiver, d’acheter, de transporter et de détenir de l’herbe ou du haschich, sans quantité tolérée pour l’usage personnel. La détention peut valoir jusqu’à 13 ans de prison, et l’importation ou l’exportation jusqu’à la perpétuité.
Une nuance importante : depuis 2018, le cannabis contenant au plus 0,3 % de THC échappe aux interdictions de cette loi, le même seuil qu’en France. Mais aucun cadre de vente n’existe, et sur le terrain un produit au CBD reste un produit suspect, susceptible d’être saisi et envoyé à l’analyse.

L’essentiel en 30 secondes
• Le cannabis est interdit au Suriname : culture, achat, transport, détention, sans exception pour l’usage personnel.
• Le chanvre à 0,3 % de THC maximum est sorti de la loi sur les stupéfiants en 2018, mais le CBD n’a aucun cadre de vente et les produits suspects sont saisis.
• Un touriste pris avec de l’herbe risque la garde à vue, des poursuites et une peine de prison.
• Les postes de contrôle routiers, dont Stolkertsijver sur la route d’Albina, fouillent les véhicules et y saisissent régulièrement de l’herbe.
Que dit la loi au Suriname en 2026 ?
Le texte de référence est la Wet verdovende middelen du 12 février 1998 (Staatsblad 1998 n° 14), entrée en vigueur le 20 janvier 1999. Elle a remplacé l’ancienne loi sur l’opium (Opiumwet de 1955) et a été modifiée en 2002, puis à deux reprises en 2018.
La loi range le cannabis dans deux listes :
- la liste II : la plante (hennep) et les mélanges usuels, que le texte nomme : haschich, ganja, marihuana ;
- la liste I, la plus sévère : le THC et les préparations à base de résine (huile de haschich, extraits).
Sont interdits l’importation, l’exportation, la vente, le transport, la détention et la fabrication, et l’article 2 interdit la culture. Aucun seuil d’usage personnel : comme le rappelle la diplomatie belge (fiche du 8 septembre 2026), la prison est prévue quelle que soit la quantité.
Le cannabis (wiet, ganja, stickie) est prohibé depuis le début du XXe siècle, à l’époque coloniale. Nous n’avons trouvé, dans la presse surinamaise de 2025 et 2026, aucun projet de légalisation.
Prison et amendes : l’échelle des peines
La réforme du 13 juillet 2018 (Staatsblad 2018 n° 64) a durci les sanctions :
| Infraction | Peine maximale prévue |
|---|---|
| Détention, transport, vente d’herbe ou de haschich (volontaire) | 13 ans de prison et amende de 5e catégorie |
| Mêmes faits commis sans intention | 7 ans de prison et amende de 5e catégorie |
| Importation, exportation ou transit de cannabis | Perpétuité ou jusqu’à 50 ans, et amende de 5e catégorie |
| Vente ou fabrication d’huile de haschich, d’extraits ou de THC | Perpétuité ou jusqu’à 50 ans |
| Drogue trouvée dans un véhicule ou un logement | Amende de 1re catégorie pour l’utilisateur, le locataire ou le propriétaire, sauf s’il est établi qu’il a pris toutes les mesures pour l’empêcher |
S’y ajoutent la confiscation de la drogue et du matériel et, quand la marchandise a une valeur élevée, une amende pouvant atteindre quatre fois cette valeur.
Les peines prononcées restent loin de ces plafonds, mais la prison ferme tombe, même pour quelques dizaines de grammes, comme dans ces deux affaires jugées à Paramaribo. En décembre 2025, un homme jugé pour 255 g d’herbe et 1,5 g de haschich, considéré comme revendeur, a écopé de 8 mois de prison, dont 3 avec sursis, et de 2 000 dollars surinamais d’amende. En mai 2026, pour détention de 52 g d’herbe et 78 g de haschich, le parquet requérait 24 mois ; le juge a prononcé 12 mois, dont 8 avec sursis.
Et le CBD ? Le seuil de 0,3 % de THC
En janvier 2018, l’Assemblée nationale a sorti des interdictions le cannabis contenant au plus 1,5 % de THC. Jugé contraire aux conventions internationales, ce plafond a été ramené à 0,3 % par la loi du 6 septembre 2018 (Staatsblad 2018 n° 65). Depuis, la plante à 0,3 % de THC maximum n’est plus visée par les interdictions de la liste II.
Le CBD n’est pas pour autant en vente libre :
- les méthodes d’analyse du THC devaient être fixées par décret, et aucun texte n’a été publié à notre connaissance : en cas de contrôle, c’est une analyse qui tranche, pas l’étiquette ;
- les extraits contenant de la résine (huiles, concentrés) relèvent de la liste I, que la réforme de 2018 n’a pas touchée ;
- il n’existe aucun cadre de vente : ni boutique autorisée, ni règles d’étiquetage.
En février 2024, des bonbons « CBD Gummy Bears » trouvés chez un suspect ont ainsi été testés par la Narcoticabrigade.
Notre conseil : ne partez pas au Suriname avec vos produits au CBD, même conformes au droit français. Voir notre guide sur le CBD en avion et à la douane et celui sur la loi du CBD en France.

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Fleur de CBD bio cultivée en France, moins de 0,3 % de THC : légale en France, à retrouver au retour de voyage.
Chanvre industriel et cannabis médical
La loi sur la culture du chanvre industriel (Wet Industriële Hennepteelt) a été adoptée par l’Assemblée nationale le 1er septembre 2023. Elle réserve la culture à des exploitants titulaires d’une licence, sur des terrains désignés et avec des semences certifiées ; d’après le groupe de travail chargé de sa mise en œuvre, le plafond retenu est un taux de THC inférieur à 1 %. Nous n’avons pas pu consulter le texte final ni vérifier s’il a aussi relevé le seuil de 0,3 % de la loi sur les stupéfiants.
Fin 2024, un Institut national du chanvre industriel était encore en préparation et une centaine de serres avaient été autorisées. Cette filière agricole et industrielle n’ouvre aucun droit aux particuliers.
Côté médical, à notre connaissance, aucun programme de cannabis médical n’est ouvert aux patients : une conférence avec l’Organisation panaméricaine de la santé (2019) et des normes techniques (2020) n’ont pas débouché sur une filière. Pour voyager avec un traitement à base de cannabis, interrogez l’ambassade du Suriname avant le départ.
Ce que risque un touriste
À Paramaribo, croiser des fumeurs de wiet ne signifie pas que c’est toléré : en août 2026, la police menait des opérations à Tourtonne, où plus de vingt lieux de vente présumés avaient été repérés. Après une interpellation, le parquet décide de la garde à vue ; les affaires de détention sont jugées par le juge de canton (kantonrechter).
Trois situations concentrent les ennuis :
- les postes de contrôle routiers : Stolkertsijver sur la route d’Albina, Burnside vers l’ouest, Redi Doti vers l’intérieur. En novembre 2025, à Stolkertsijver, un habitant de Guyane qui roulait vers Albina a été arrêté avec une quantité importante de haschich et d’herbe, puis placé en garde à vue avec son passager ;
- l’aéroport Johan Adolf Pengel, à Zanderij : de la drogue dans une valise, c’est une importation ou une exportation, passible de la perpétuité ;
- l’achat dans la rue : risque pénal et produits sans aucun contrôle ; le locataire d’une voiture ou d’un logement où de la drogue est trouvée risque en plus une amende.
Depuis la Guyane : Albina et le retour en France
Depuis la Guyane, on passe le Maroni entre Saint-Laurent-du-Maroni et Albina. Sur l’autre rive, c’est la loi de 1998 qui s’applique, avec ses contrôles routiers.
Au retour, vous êtes en France : l’usage de cannabis y est puni d’une amende forfaitaire de 500 € depuis la loi du 18 août 2026, et seul le CBD à 0,3 % de THC maximum est autorisé. Pour la région, voir aussi le Guyana et le Brésil.
Suriname ou France : ce qui change
| Suriname | France | |
|---|---|---|
| Cannabis récréatif | Interdit | Interdit |
| Sanction pour un consommateur | Détention punie de 13 ans de prison au plus | Amende forfaitaire de 500 € (400 € minorée, 1 000 € majorée) |
| Chanvre à 0,3 % de THC maximum | Exclu des interdictions de la loi sur les stupéfiants depuis 2018 | Légal (arrêté du 30 décembre 2021) |
| Vente de fleurs de CBD | Aucun cadre, produits saisis en cas de doute | Légale depuis la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022 |
En résumé : au Suriname, on n’achète rien, on ne transporte rien, et on garde son CBD pour le retour en France.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.


