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Cannabis en République dominicaine : loi, usage, législation

Non, le cannabis n’est pas légal en République dominicaine, et Punta Cana ne fait pas exception. La loi 50-88 sur les drogues et substances contrôlées, du 30 mai 1988, interdit la possession, l’usage, la culture et la vente de marijuana, quelle que soit la quantité. Jusqu’à 20 grammes, vous êtes classé « simple possesseur » et risquez de 6 mois à 2 ans de prison. Au-delà, la justice parle de distribution, puis de trafic, avec des peines qui montent à 20 ans.

Le CBD ne bénéficie d’aucune exception. La loi définit la marijuana comme toute partie de la plante Cannabis sativa ainsi que tout dérivé, extrait ou préparation qui en est tiré : une fleur de CBD achetée légalement en France reste, aux yeux d’un policier dominicain, de la marijuana. Aucune prescription médicale étrangère n’est reconnue sur place, et le pays n’a toujours pas de programme de cannabis médical en 2026.

Vous partez à Punta Cana, Saint-Domingue, Las Terrenas ou Puerto Plata ? Voici ce que prévoit la loi article par article, ce que risque un touriste, la situation du CBD à l’aéroport et ce qui change par rapport à la France, vérifié en septembre 2026 sur le texte de loi et les avis officiels aux voyageurs.

L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis interdit dans tout le pays, resorts de Punta Cana compris, pour l’usage récréatif comme médical.
• CBD non autorisé : la loi 50-88 vise tous les dérivés de la plante, sans seuil de THC.
• Un touriste risque 6 mois à 2 ans de prison jusqu’à 20 g, bien plus au-delà, et une possible détention provisoire avant le procès.
• Faire entrer ou sortir de la drogue du pays est puni au titre du trafic : 5 à 20 ans de prison, et 30 ans si elle est destinée au marché local.

Que dit la loi en République dominicaine en 2026 ?

Le texte de référence est la loi n° 50-88 sur les drogues et substances contrôlées (Ley 50-88 sobre Drogas y Sustancias Controladas), adoptée le 30 mai 1988 et modifiée notamment par la loi n° 17-95 du 17 décembre 1995. La marijuana y figure dans la catégorie I, celle des substances les plus contrôlées, aux côtés du LSD ou de la psilocybine.

Sa définition est très large : toutes les parties de la plante, qu’elle soit en croissance ou non, ses graines, sa résine et tout composé, dérivé ou préparation tiré de la plante, de ses graines ou de sa résine. Seuls échappent à cette définition les tiges mûres, les fibres qui en sont tirées et l’huile ou la pâte faite à partir des graines. Le texte cite d’ailleurs les noms locaux de l’herbe : yerba, material, mafafa, clavo.

La loi classe chaque affaire selon la quantité saisie (article 6). Pour la marijuana :

  • 20 grammes ou moins : simple possession, la personne est classée « amateur » (aficionado) ;
  • de 20 grammes à une livre (environ 454 g) : distributeur ;
  • plus d’une livre : trafiquant.

Pour le haschich, les seuils sont bien plus bas : 5 grammes pour la simple possession, un quart de livre (environ 113 g) avant de basculer dans le trafic. Point capital : si les enquêteurs estiment que la drogue était destinée à la vente ou à la distribution, vous êtes considéré comme distributeur quelle que soit la quantité.

Situation Qualification Peine prévue par la loi 50-88
Jusqu’à 20 g d’herbe ou 5 g de haschich Simple possession 6 mois à 2 ans de prison et 1 500 à 2 500 pesos d’amende (art. 75)
De 20 g à 1 livre d’herbe (5 g à 1/4 de livre de haschich), ou intention de vendre Distributeur 3 à 10 ans de prison et 10 000 à 50 000 pesos d’amende (art. 75)
Plus d’une livre d’herbe ou d’un quart de livre de haschich Trafiquant 5 à 20 ans de prison, amende d’au moins 50 000 pesos (art. 75)
Culture de 20 plants ou moins Culture illicite 2 à 5 ans de prison (art. 64)
Entrée ou sortie du territoire avec de la drogue Trafic international 5 à 20 ans de prison et au moins 250 000 pesos d’amende ; 30 ans si la drogue est introduite pour être écoulée dans le pays (art. 59)

Les amendes, fixées en 1988, sont aujourd’hui modestes : ce qui coûte cher, c’est la prison et la procédure. Autre point souvent ignoré : pour la simple possession, les complices encourent la même peine que l’auteur (article 77). Dans un groupe d’amis, chacun peut donc être poursuivi.

Le nouveau Code pénal dominicain (loi n° 74-25), entré en vigueur le 5 août 2026, n’a pas remplacé la loi 50-88 : depuis cette date, les personnes arrêtées par la direction nationale de contrôle des drogues (DNCD) continuent d’être poursuivies sur son fondement.

Et le CBD à Punta Cana ?

La réponse est claire : le CBD n’est pas légal en République dominicaine. La loi 50-88 ne mentionne pas le cannabidiol en tant que tel, mais elle n’en a pas besoin. En couvrant « tout composé, dérivé ou préparation » de la plante, elle englobe les fleurs de CBD, la résine de CBD, les huiles extraites des fleurs et même les graines. Il n’existe aucun seuil de THC comparable aux 0,3 % de la loi française.

Dans son avis du 13 mars 2026, l’ambassade des États-Unis à Saint-Domingue le formule sans détour : les autorités ne font pas la différence entre la marijuana et de nombreux produits dérivés du cannabis, y compris certains produits au CBD. En pratique, les produits saisis sont envoyés pour analyse à l’Institut national des sciences forensiques (INACIF) : la saisie et l’arrestation viennent d’abord, l’analyse ensuite.

Vous lirez peut-être, sur la foire aux questions du site de l’aéroport international de Punta Cana, que les règles de sûreté aéroportuaire (CESAC) admettent l’huile de CBD en cabine, dans la limite de 100 ml, ou en soute. Il s’agit d’une règle de sûreté sur les bagages, pas d’une autorisation au regard de la loi sur les drogues, et le site précise que des contrôles supplémentaires restent possibles. Elle ne concerne ni les fleurs ni la résine, et elle ne modifie pas la loi 50-88, que la DNCD continue d’appliquer.

Le conseil est donc simple : n’emportez aucun produit au CBD, ni fleur, ni résine, ni huile, ni graines. Les règles générales pour voyager avec du CBD sont détaillées dans notre guide CBD en avion et à la douane.

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Fleur de CBD bio cultivée en France, moins de 0,3 % de THC : légale en France. À retrouver au retour, jamais dans la valise.

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Ce que risque un touriste

La loi ne prévoit aucun régime particulier pour les visiteurs étrangers, et les avis officiels aux voyageurs vont tous dans le même sens. La diplomatie belge, dans sa fiche mise à jour le 13 juillet 2026, rappelle que les infractions à la loi sur les stupéfiants sont durement réprimées, qu’il s’agisse de détention ou de consommation, même en faible quantité, et signale une vigilance accrue dans les aéroports et les zones touristiques. Avant de partir, consultez aussi la fiche « Conseils aux voyageurs » de France Diplomatie.

Concrètement, une interpellation pour quelques grammes peut entraîner, après l’arrestation :

  • une mesure de coercition (medida de coerción) décidée par un juge, qui peut aller jusqu’à la détention provisoire ou à l’interdiction de quitter le pays, avec un billet retour perdu ;
  • une procédure en espagnol, et des frais d’avocat si vous faites appel à un avocat privé ;
  • une condamnation pénale inscrite au dossier, qui peut compliquer de futurs voyages, notamment vers les États-Unis.

La loi prévoit une porte de sortie limitée : un simple possesseur reconnu dépendant peut être orienté vers un centre de réhabilitation, dont la durée s’impute sur la peine (article 54). Ce n’est pas une dépénalisation, et la décision appartient au tribunal.

Les aéroports sont particulièrement surveillés. La DNCD et le corps de sûreté aéroportuaire (CESAC) travaillent ensemble aux contrôles, notamment par passage des bagages aux rayons X. Une ressortissante canadienne de 25 ans, arrivée par un vol en provenance du Canada, a ainsi été arrêtée à l’aéroport de Punta Cana : l’inspection de sa valise a révélé 23 paquets de marijuana. Faire entrer ou sortir de la drogue du pays est puni au titre du trafic international : de 5 à 20 ans de prison, et 30 ans lorsque la drogue est destinée au pays (article 59).

Deux réflexes recommandés par la diplomatie belge : refusez toujours de transporter un colis pour quelqu’un d’autre, quel que soit le prétexte, et surveillez vos bagages pour éviter que quelqu’un n’y glisse de la drogue.

Punta Cana, Saint-Domingue, Las Terrenas : la réalité sur place

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Punta Cana, Bávaro et Cap Cana

La région de Punta Cana, dans la province de La Altagracia, concentre une grande partie des hôtels tout compris du pays. Un resort n’est pas une zone de non-droit : la loi s’y applique comme partout ailleurs, et le règlement intérieur des hôtels interdit en général toute consommation de drogue. Une proposition faite par un vendeur de rue n’a rien d’anodin : accepter, c’est s’exposer à une arrestation pour simple possession, voire pour distribution si la quantité dépasse 20 grammes.

La police antidrogue est très présente dans la zone. Début juin 2026, la DNCD et le ministère public ont annoncé dix arrestations et la saisie de plus de 1 400 grammes de drogues, dont 1 159 grammes de marijuana, lors d’opérations contre les points de vente de plusieurs secteurs de la commune de Verón-Punta Cana, dont Verón et Lotificación Bávaro. Punta Cana n’est pas une bulle touristique à l’écart des contrôles.

Saint-Domingue

La capitale, sa Zona Colonial classée au patrimoine mondial de l’Unesco et ses quartiers de sortie suivent les mêmes règles. Comme tous les aéroports du pays, celui de Las Américas fait l’objet d’une vigilance accrue.

Samaná, Las Terrenas, Puerto Plata et la côte nord

Las Terrenas, dans la péninsule de Samaná, accueille une importante communauté francophone, et la côte nord (Sosúa, Cabarete, près de Puerto Plata) attire elle aussi de nombreux expatriés. L’ambiance plus décontractée de ces villages ne change rien au droit : résident ou vacancier, la loi 50-88 est la même, et un expatrié qui cultive quelques plants chez lui s’expose à 2 à 5 ans de prison.

Cannabis médical : toujours interdit

La République dominicaine n’a aucun programme de cannabis médical. La loi 50-88 ne fait aucune différence entre usage médical et récréatif, et aucun texte ne l’a modifiée sur ce point : en septembre 2026, le cannabis thérapeutique reste aussi interdit que le cannabis récréatif.

Conséquence directe : une ordonnance ou une carte de patient délivrée à l’étranger n’a aucune valeur sur place : l’ambassade des États-Unis a rappelé en mars 2026 que les cartes de patient américaines n’y sont pas reconnues. Si vous suivez un traitement à base de cannabinoïdes, parlez-en à votre médecin avant le départ.

Le contraste est net avec la Colombie, qui encadre le cannabis médical depuis 2016, ou le Mexique, qui autorise l’usage médical. La République dominicaine garde l’une des lignes les plus fermes des Caraïbes.

République dominicaine ou France : ce qui change

Sujet République dominicaine France
Cannabis (THC) Interdit (loi 50-88) Interdit
Petite quantité pour soi 6 mois à 2 ans de prison jusqu’à 20 g Amende forfaitaire de 500 € dans la plupart des cas
Fleurs et résine de CBD Assimilées à la marijuana Légales jusqu’à 0,3 % de THC
Huiles de CBD Aucune exception prévue Légales jusqu’à 0,3 % de THC (hors aliments)
Graines de cannabis Incluses dans la définition légale Vendues en boutique, culture interdite aux particuliers

En France, les produits au CBD sont légaux s’ils contiennent 0,3 % de THC maximum, fleurs comprises depuis la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022. Le détail des règles est dans notre guide de la loi CBD en France.

Le plus simple est donc de profiter de l’île sans rien emporter, et de retrouver vos produits en rentrant : nos fleurs de CBD, nos résines et notre gamme CBD bio français sont conformes au seuil de 0,3 % et livrées en France.

Le mot de la fin

Plages, merengue et baleines de Samaná : la République dominicaine a tout pour réussir des vacances, à condition de laisser cannabis et CBD de côté. La loi 50-88 ne distingue ni le touriste de l’habitant, ni la fleur de CBD de la marijuana.

Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.

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