Non, le cannabis n’est pas légal à Cuba, ni pour le plaisir ni pour se soigner. Le Code pénal de 2022 (Ley 151) punit la simple détention de marihuana ou de haschich de 6 mois à 2 ans de prison ou d’une amende, et le trafic de 4 à 10 ans. En cas de trafic international, la peine monte à 10 à 30 ans, voire la réclusion à perpétuité ou la peine de mort. Un touriste est jugé comme un Cubain.
Le texte ne prévoit ni seuil de tolérance ni exception pour le chanvre « légal », et Cuba n’a aucun programme de cannabis médical. Il vise expressément les graines et les parties de la plante, ce qui laisse une fleur de CBD achetée en boutique en France exposée aux mêmes poursuites qu’une herbe de rue. La seule nuance, rappelée par le Tribunal suprême cubain en 2024 : la consommation elle-même n’est pas un délit. Mais on ne consomme pas sans détenir.
Loi, peines, CBD, risques pour le voyageur et comparaison avec la France : le point à jour au 28 septembre 2026, dans un pays que le Canada et le Royaume-Uni déconseillent désormais de visiter sans raison essentielle.
L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis interdit : ni légalisation, ni dépénalisation, ni programme médical.
• CBD : aucun seuil de THC dans la loi ; fleurs, résines, huiles et graines restent du cannabis ou ses dérivés.
• Un touriste risque 6 mois à 2 ans de prison (ou une amende) pour une simple détention, 4 à 10 ans pour avoir fourni ou transporté, et la détention pendant toute l’enquête.
• La loi de 2022 prévoit encore la peine de mort pour le trafic aggravé, international notamment, même si aucune exécution n’a eu lieu depuis 2003.
Que dit la loi à Cuba en 2026 ?
Le texte de référence est la loi n° 151 du 15 mai 2022, Code pénal, votée par l’Assemblée nationale du pouvoir populaire et publiée à la Gaceta Oficial (édition ordinaire n° 93) le 1er septembre 2022. Entrée en vigueur 90 jours plus tard, elle a remplacé le Code pénal de 1987 (loi n° 62). Beaucoup de sites s’appuient encore sur l’ancien code.
Les drogues sont traitées dans une section entière, consacrée aux « délits liés aux drogues illicites ou aux substances aux effets similaires » (articles 235 à 238). Le cannabis y est nommé (Cannabis, conocida por marihuana) et la loi distingue trois grands cas.
- La simple détention (article 236) : posséder du cannabis ou ses dérivés « sans autorisation ni prescription médicale ». Le texte ne fixe aucune quantité minimale : un gramme suffit.
- Le trafic au sens large (article 235.1) : produire, transporter, acheter, vendre, faire entrer sur le territoire ou en sortir, procurer de la drogue à quelqu’un « de quelque manière que ce soit », mais aussi cultiver le cannabis ou détenir sciemment ses graines ou des parties de la plante.
- Le trafic aggravé (article 235.2) : trafic international, quantités « relativement grandes », groupe organisé, faits commis près d’une école ou d’un lieu fréquenté par des jeunes, recours à un mineur, ou récidive, y compris quand la première condamnation vient d’un tribunal étranger. Selon le Tribunal suprême (dictamen n° 476 de 2025), la pratique judiciaire retient une livre (460 grammes) comme repère des « quantités relativement grandes ».
Deux dispositions de l’article 235 complètent le tableau : le fait de ne pas dénoncer un trafic dont on a connaissance est lui-même un délit, et le tribunal peut prononcer la confiscation des biens du condamné. À l’inverse, la consommation seule n’est pas incriminée : un article publié le 2 mai 2024 par le Tribunal suprême populaire le rappelle, « seules la détention et le trafic » étant punis.
Les peines prévues, infraction par infraction
Barème de la loi n° 151 de 2022. Les amendes sont calculées en « quotes-parts » (cuotas) dont le juge fixe la valeur entre 10 et 200 pesos cubains selon les revenus du condamné (article 40).
| Infraction | Article | Peine prévue |
|---|---|---|
| Consommer du cannabis | – | Pas un délit en soi, mais la détention l’est |
| Détenir du cannabis ou du haschich, sans autorisation ni ordonnance | 236 b | 6 mois à 2 ans de prison, ou 200 à 500 cuotas d’amende, ou les deux |
| Détenir des cannabinoïdes de synthèse (el químico) | 236 a | 1 à 3 ans, ou 300 à 1 000 cuotas, ou les deux (dictamen n° 476 de 2025) |
| Cultiver, détenir des graines ou des parties de la plante | 235.1 d | 4 à 10 ans |
| Vendre, transporter, procurer à autrui, faire entrer ou sortir du pays | 235.1 a | 4 à 10 ans |
| Trafic international, grandes quantités, groupe organisé, près d’une école, récidive | 235.2 | 10 à 30 ans, perpétuité ou peine de mort |
| Ne pas dénoncer un trafic dont on a connaissance | 235.3 | 2 à 5 ans |
| Conduire sous l’effet de drogues | 226 | 6 mois à 2 ans, ou 200 à 500 cuotas, ou les deux |
| Étranger condamné | 54 | Expulsion possible en peine complémentaire |
La peine de mort, exécutée par fusillade selon l’article 33, reste inscrite dans la loi pour le trafic aggravé. Elle est présentée comme exceptionnelle et ne s’applique ni aux moins de 20 ans ni aux femmes enceintes. Cuba n’a procédé à aucune exécution depuis avril 2003, et la diplomatie belge précise qu’elle n’est pas appliquée. Les autres peines du barème, elles, restent pleinement en vigueur.
Et le CBD à Cuba ?
Cuba ne fait aucune différence entre le CBD et le cannabis. Le Code pénal ne mentionne ni le taux de THC, ni le chanvre industriel, ni le cannabidiol. Il vise le cannabis « et ses dérivés » pour la détention, et, pour le trafic, la simple possession de graines ou de parties de la plante, que le Tribunal suprême illustre par « les feuilles, les tiges et les racines ».
Concrètement :
- une fleur de CBD est botaniquement une sommité de cannabis, une partie de la plante ;
- une résine ou une huile full spectrum est un dérivé du cannabis ;
- des graines, même vendues en France comme objets de collection, relèvent de l’article 235 et de ses 4 à 10 ans de prison ;
- une vapoteuse ou une cigarette électronique, avec ou sans cannabinoïde, est de toute façon interdite à l’importation et confisquée à l’arrivée, selon les diplomaties belge et canadienne.
La douane cubaine range les « drogues et stupéfiants » et les « substances psychotropes » dans la liste des produits interdits à l’importation, sans exception pour le CBD. Une ordonnance française n’offre aucune garantie : le Code pénal vise la détention « sans autorisation ni prescription médicale », mais Cuba n’a aucun programme de cannabis médical, et aucun médicament à base de cannabis n’y est, à notre connaissance, autorisé.
Conclusion : aucun produit CBD dans vos bagages pour Cuba, ni fleur, ni huile, ni graine. Notre guide pour voyager en avion avec du CBD le rappelle : c’est la loi du pays d’arrivée qui compte. En France, en revanche, le CBD est légal tant qu’il contient 0,3 % de THC maximum, comme l’explique notre guide de la loi CBD en France.

Pack FR Bio
Fleurs et hash CBD bio produits en France, 0,3 % de THC maximum : légaux en France, à retrouver au retour, pas dans la valise.
Ce que risque un touriste
Un visiteur étranger est soumis au même Code pénal qu’un Cubain. Le Royaume-Uni résume la position de l’île en deux mots : tolérance zéro pour l’usage, la détention et le trafic. La Belgique prévient que même la détention de faibles quantités est punie de longues peines de prison.
- L’arrivée : à l’aéroport José-Martí de La Havane comme ailleurs, la douane inspecte les bagages et confisque les articles interdits. Tout ce qui ressemble à du cannabis, fleur de CBD comprise, peut valoir une arrestation.
- La procédure : à Cuba, les charges ne sont formalisées qu’à la fin de l’enquête. Le Canada prévient qu’une personne arrêtée sera probablement détenue pendant toute l’enquête, qui peut être longue, et ne pourra pas quitter le pays avant le jugement.
- La rue : proposer, céder ou acheter pour quelqu’un d’autre fait basculer dans l’article 235 (4 à 10 ans). Une proposition faite dans la rue n’a rien d’une zone grise : la loi ne prévoit aucune quantité tolérée.
- Le départ : sortir de la drogue du territoire est puni comme le trafic (4 à 10 ans), et peut être qualifié de trafic international (10 à 30 ans).
- Après la peine : le tribunal peut ordonner l’expulsion du condamné étranger.
Le conseil du Royaume-Uni vaut pour tous : faites vos bagages vous-même et ne transportez rien pour autrui. Enfin, conduire sous l’effet de drogues est un délit (article 226), et le THC reste détectable plusieurs jours après usage, comme l’explique notre article sur la durée de détection du THC.

Tolérance zéro dans un pays en crise
Aucune réforme en vue
Cuba n’a jamais légalisé ni dépénalisé le cannabis, et n’a aucun programme de cannabis médical. La plante n’y est pourtant pas une inconnue : introduite en 1793 comme culture textile, elle a été délaissée par les planteurs au profit de la canne à sucre, plus rentable. Le Tribunal suprême présente le Code pénal de 2022 comme un texte qui a « ratifié et renforcé » la lutte contre les drogues, et écrit que Cuba « ne tolère ni ne tolérera jamais » ce « fléau universel ». Aucun assouplissement n’a été annoncé depuis, à notre connaissance.
Les cannabinoïdes de synthèse punis plus sévèrement
En 2025, la justice cubaine a durci le sort des cannabinoïdes de synthèse, surnommés el químico : des substances fabriquées en laboratoire, qu’elle juge plus toxiques et plus addictives que la plante. Par son dictamen n° 476 du 20 juin 2025, le Tribunal suprême a demandé aux juges de punir leur simple détention comme celle de la cocaïne (article 236 a) : 1 à 3 ans de prison ou 300 à 1 000 cuotas, ou les deux. Pour le trafic, le seuil d’une livre ne s’applique pas : la circonstance aggravante s’apprécie selon la toxicité du produit, quelle que soit la quantité saisie. Toute « herbe » proposée dans la rue peut en contenir.
Un voyage déconseillé en 2026
Au-delà du cannabis, le contexte a changé. Le Royaume-Uni (mise à jour du 25 septembre 2026) et le Canada (24 septembre 2026) déconseillent désormais tout voyage non essentiel à Cuba : pénuries de carburant, d’électricité, d’eau, de nourriture et de médicaments, coupures de courant quotidiennes, manifestations. Londres signale des aéroports internationaux privés de kérosène, et toutes les compagnies canadiennes ont suspendu leurs vols vers l’île. Avant de réserver, consultez la fiche Cuba des conseils aux voyageurs de France Diplomatie.
Cuba ou France : ce qui change
| Cuba | France | |
|---|---|---|
| Cannabis récréatif | Interdit | Interdit |
| Sanction de l’usage | Consommer n’est pas un délit, mais détenir : 6 mois à 2 ans de prison ou amende | Amende forfaitaire de 500 € (400 € minorée, 1 000 € majorée) depuis la loi du 18 août 2026 |
| CBD | Aucun seuil de THC : fleurs, résines, huiles et graines assimilées au cannabis | Légal à 0,3 % de THC maximum, fleurs comprises depuis décembre 2022 |
| Conduite après usage | 6 mois à 2 ans de prison ou amende | Jusqu’à 3 ans de prison et 9 000 € d’amende |
| Peine maximale pour trafic | Perpétuité ou peine de mort (non appliquée depuis 2003) | Réclusion criminelle à perpétuité pour la direction d’un réseau |
En clair, ce qui est un produit de boutique en France devient une affaire pénale à Cuba, avec une détention probable avant même le procès. Partez sans rien et retrouvez votre CBD au retour, dans notre sélection bio et française.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.


