Non, le cannabis n’est pas légal en Belgique. La loi du 24 février 1921 sur les stupéfiants interdit d’en cultiver, d’en détenir, d’en acheter ou d’en vendre, et elle s’applique à tout le monde, Belges comme visiteurs. Ce qui brouille les pistes, c’est la tolérance : un adulte qui détient 3 grammes au plus ou une seule plante pour son usage personnel, sans indice de vente ni circonstance aggravante, relève du plus bas niveau de priorité des poursuites. Toléré ne veut pas dire autorisé : la police dresse un procès-verbal et saisit le produit.
Et depuis le 1er septembre 2026, le barème a changé. Avec l’entrée en vigueur du nouveau Code pénal belge, la loi du 16 mars 2026 a réécrit les peines de la loi de 1921 : 200 € d’amende pour une première détention à usage personnel, 400 € puis 800 € en cas de récidive, de la prison en théorie pour la détention dans la rue ou dans un lieu public, et des peines alourdies pour le trafic.
Le CBD suit une autre logique. Les fleurs de chanvre sous 0,3 % de THC (THC et THCA cumulés) sont traitées comme du chanvre, pas comme un stupéfiant : elles se vendent en boutique, mais comme des produits à fumer, sous le régime du tabac. Les huiles à avaler, bonbons et boissons au CBD, eux, sont interdits à la vente.
L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis : interdit par la loi de 1921, mais 3 g ou une plante chez un adulte restent la priorité de poursuite la plus basse.
• CBD : fleurs légales sous 0,3 % de THC + THCA, vendues comme produits à fumer (règles du tabac, pas de vente en ligne) ; CBD alimentaire interdit.
• Touriste : même loi que les Belges, avec PV, saisie et, depuis le 1er septembre 2026, 200 € d’amende prévus pour une première détention personnelle.
• Belgique : la tolérance ne couvre ni les mineurs, ni la vente, ni la détention ostentatoire en public, ni les abords des écoles ; la conduite après usage est punie à part.
Que dit la loi en Belgique en 2026 ?
Le socle n’a pas bougé depuis plus d’un siècle : la loi du 24 février 1921 « concernant le trafic des substances vénéneuses, soporifiques, stupéfiantes, psychotropes » fixe les interdictions et les sanctions. Son arrêté d’application est l’arrêté royal du 6 septembre 2017 réglementant les substances stupéfiantes et psychotropes, qui place le cannabis sous contrôle. Aucun texte belge n’a jamais légalisé l’usage récréatif.
La zone grise actuelle vient de cette histoire :
- 2003 : les lois des 4 avril et 3 mai 2003 prévoient un simple « enregistrement policier » pour le cannabis à usage personnel ; la Cour d’arbitrage l’annule le 20 octobre 2004 (arrêt n° 158/2004), jugeant trop floues les notions de nuisances publiques et d’usage problématique.
- 25 janvier 2005 : une directive commune de la ministre de la Justice et des procureurs généraux pose le repère des 3 grammes ou une plante.
- 18 juin 2018 : la circulaire COL 15/2015, révisée après l’arrêté de 2017, fixe la politique des poursuites ; c’est la dernière version rendue publique à ce jour.
Retiens la hiérarchie : la loi interdit, la circulaire dit aux parquets quelles affaires poursuivre en priorité. Une circulaire ne crée aucun droit, et un procureur peut s’en écarter en motivant sa décision.
La tolérance des 3 grammes : ce qu’elle couvre vraiment
La circulaire COL 15/2015 classe au degré de priorité le plus bas la détention de cannabis qui remplit toutes ces conditions :
- la personne est majeure (18 ans ou plus) ;
- la quantité ne dépasse pas 3 grammes, ou il s’agit d’une seule plante cultivée ;
- c’est pour un usage personnel, sans aucun indice de vente ou de trafic ;
- aucune circonstance aggravante prévue par la loi (mineur impliqué, organisation criminelle) ;
- pas de détention dans une école, une prison ou une institution pour mineurs, ni à leurs abords ;
- pas de détention ostentatoire sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public.
Même dans ce cas, la police rédige un procès-verbal simplifié et saisit systématiquement le produit. L’asbl bruxelloise Infor-Drogues le rappelle : ce procès-verbal est transmis au procureur du Roi, qui peut décider d’engager des poursuites.
Au-delà de 3 grammes ou d’une plante, ou en cas de détention voyante en public, la circulaire prévoit un classement sans suite ou une mesure alternative : probation prétorienne, transaction pénale ou médiation pénale. Le procès n’arrive, en principe, que si les conditions imposées ne sont pas respectées.
Ce que la tolérance ne couvre pas : les mineurs, la vente (même entre amis) et la culture de plusieurs plantes. La conduite après usage de cannabis est, elle, une infraction distincte au code de la route, sans lien avec la quantité détenue.
Amendes et prison : le barème depuis le 1er septembre 2026
Le nouveau Code pénal belge, adopté le 29 février 2024 et entré en vigueur le 1er septembre 2026, range les peines en huit niveaux. La loi du 16 mars 2026 (Moniteur belge du 26 mars 2026) « visant à aggraver les peines en matière de trafic de drogue » a aligné la loi de 1921 sur cette échelle, et un arrêté royal du 16 juin 2026 a adapté l’article 61 de l’arrêté de 2017, qui classe les infractions liées au cannabis.
| Situation | Peine prévue par la loi | Politique des poursuites |
|---|---|---|
| Adulte, cannabis pour usage personnel, sans circonstance aggravante | Niveau 1 : amende de 200 € la première fois, 400 € maximum en cas de récidive dans l’année, 800 € maximum en cas de nouvelle récidive | 3 g ou 1 plante : priorité la plus basse, PV simplifié et saisie |
| Même détention sur la voie publique, dans un lieu accessible au public, une école ou une prison | Niveau 2 : de 6 mois à 3 ans de prison, ou une peine de travail, de probation ou de surveillance électronique | 3 g discrets en rue : priorité la plus basse ; ostentatoire ou près d’une école : poursuites possibles |
| Détention, culture ou vente hors usage personnel (trafic) | Niveau 3 : plus de 3 ans à 5 ans de prison, amende jusqu’à 800 000 € | Poursuites |
| Faits commis envers un mineur de 12 à 16 ans | Niveau 4 : plus de 5 à 10 ans de prison | Poursuites |
| Faits commis envers un enfant de moins de 12 ans, ou participation à une organisation criminelle | Niveau 5 : plus de 10 à 15 ans de prison | Poursuites |
| Dirigeant d’une organisation criminelle | Niveau 6 : plus de 15 à 20 ans de prison | Poursuites |
La loi punit aussi les actes préparatoires à la vente ou à la culture, au même titre que l’infraction elle-même.
Et le CBD en Belgique ?
Les fleurs de chanvre riches en CBD se vendent dans les boutiques spécialisées, à une condition : rester sous 0,3 % de THC et de THCA cumulés. En dessous, l’agence belge du médicament (AFMPS) renvoie ces produits au SPF Santé publique, qui les traite comme du chanvre et non comme un stupéfiant ; au-dessus, la loi sur les stupéfiants s’applique.
Leur régime, c’est celui du tabac. Le SPF Santé publique range les « produits à fumer à base de plantes » parmi les produits similaires au tabac, avec les mêmes règles :
- vente interdite aux moins de 18 ans, contrôle d’âge pour tout client qui paraît avoir moins de 25 ans ;
- composition et étiquetage fixés par l’arrêté royal du 3 mars 2024 : pas de nicotine, pas de caféine ni de vitamines, avertissements obligatoires ;
- paquet neutre obligatoire depuis le 1er juin 2026, avec une transition pour les commerçants jusqu’au 1er juin 2027 ;
- produits rangés hors de la vue des clients, aucune publicité ;
- vente et achat sur internet interdits pour les produits de tabac au sens large, rappelle le SPF Santé publique, avec une amende de 208 à 120 000 € ;
- interdiction de les fumer dans les lieux publics fermés, comme une cigarette.
Tout ce qui s’avale est en revanche interdit. Le CBD n’a jamais été autorisé comme novel food (nouvel aliment) dans l’Union européenne : pas d’huile de CBD à ingérer, pas de gummies, pas de compléments alimentaires, pas de tisanes de fleurs ou de feuilles de chanvre. Le SPF Santé publique l’a rappelé le 5 mai 2026, et sa FAQ d’août 2026 précise qu’une mention « non destiné à la consommation » ne suffit pas à sortir un produit du cadre alimentaire. Les pochettes de CBD sont interdites depuis l’arrêté royal du 14 mars 2023. Les graines de chanvre et leurs dérivés (huile de graines, graines moulues) restent autorisés en alimentation, sous des teneurs en THC très basses.

White Widow - Fleur CBD Bio - Production Française
Génétique néerlandaise cultivée en bio en France, 0,3 % de THC maximum : une fleur CBD conforme à la loi française.
Ce que risque un touriste ou un frontalier
Un passeport français ne change rien : la loi belge s’applique à toute personne présente en Belgique. Un touriste majeur contrôlé avec quelques grammes s’expose au même traitement qu’un Belge : procès-verbal, saisie, dossier transmis au parquet et 200 € d’amende prévus pour une première fois. Un mineur sort de toute tolérance.
Quatre situations reviennent souvent :
- Au volant : la conduite après usage de drogue est sanctionnée par le code de la route belge, indépendamment de la tolérance des 3 grammes et de la quantité détenue. Le THC reste détectable longtemps après la consommation, comme l’explique notre article sur la durée de détection du THC.
- Depuis les Pays-Bas : l’accès des coffee shops aux non-résidents dépend des communes, et certaines villes proches de la frontière le réservent aux habitants des Pays-Bas. Rapporter en Belgique du cannabis acheté là-bas reste une importation interdite. Pour les règles néerlandaises, lis notre guide des coffee shops d’Amsterdam.
- Au retour en France : franchir la frontière avec du cannabis, même en petite quantité, peut être poursuivi en droit français comme une importation de stupéfiants, punie jusqu’à 10 ans de prison (article 222-36 du code pénal). L’absence de poste-frontière dans l’espace Schengen ne change rien à la loi.
- Avec du CBD français dans le sac : une fleur sous 0,3 % de THC n’est pas un stupéfiant en Belgique, mais rien ne la distingue à l’œil d’une fleur de cannabis. En cas de contrôle, elle peut être saisie et analysée. Garde l’emballage d’origine et la facture, et lis nos conseils pour voyager avec du CBD.
Bruxelles, Anvers, Tournai : une loi, plusieurs réalités
La loi est fédérale, identique de Bruges à Arlon. Mais la circulaire COL 15/2015 permet à chaque procureur du Roi de fixer des directives plus précises selon les circonstances locales ou un événement : la fermeté varie d’un arrondissement judiciaire à l’autre.
- Bruxelles : les procès-verbaux liés au cannabis y ont augmenté entre 2015 et 2016, en très large majorité pour de la simple détention, selon des chiffres publiés par la presse belge en 2018.
- Anvers : dès 2013, la ville a annoncé vouloir « muscler » sa politique envers les consommateurs de cannabis. Elle abrite aussi depuis 2006 Trekt Uw Plant, un cannabis social club plusieurs fois inquiété par la justice.
- Tournai et Hasselt : les clubs Bon Pied Bonne Herbe (Tournai, 2015) et Mambo Social Club (Hasselt, 2013) ont été rattrapés par la justice, avec une saisie pour le premier et l’arrestation du fondateur pour le second. La culture collective n’entre pas dans la tolérance d’une plante par personne : ces clubs n’ont aucun statut légal.

Le cannabis médical en Belgique
L’accès reste étroit. D’après l’AFMPS (page mise à jour le 29 janvier 2026), un seul médicament à base de cannabis est commercialisé en Belgique : le Sativex, qui associe THC et CBD. L’Epidyolex, à base de CBD, a obtenu une autorisation européenne en 2019 mais n’est pas vendu sur le marché belge.
- Les pharmaciens peuvent délivrer des préparations magistrales à base de CBD.
- L’arrêté royal du 11 juin 2015 interdit en revanche les préparations magistrales contenant du THC.
- Depuis le 1er mai 2025, une huile magistrale de CBD à 10 % est remboursée pour deux formes sévères d’épilepsie, les syndromes de Dravet et de Lennox-Gastaut, sur attestation d’un spécialiste.
- Il n’existe pas de fleurs de cannabis médical en pharmacie. Patients et médecins peuvent s’adresser au Bureau d’information sur le cannabis de l’AFMPS.
En voyage, un traitement personnel légal peut être transporté pour trois mois au maximum, avec une attestation médicale. Certains produits très contrôlés font exception : pour un médicament à base de cannabis, vérifie auprès de l’AFMPS avant de partir.
Réformes 2023-2026 : ce qui a changé
- 21 mars 2023 : une loi met à l’abri des poursuites pour « facilitation de l’usage » les espaces de consommation à moindre risque reconnus par les pouvoirs publics, une mesure de réduction des risques qui vise surtout les autres drogues.
- 2023-2026 : les règles des fleurs de CBD, déjà traitées comme du tabac, se durcissent (pochettes interdites en 2023, arrêté royal du 3 mars 2024, paquet neutre en juin 2026).
- Avril 2024 : un rapport d’information adopté au Sénat juge le cadre légal flou et plaide pour un accompagnement psycho-médico-social gratuit plutôt que des sanctions pour l’usager qui ne trouble pas l’ordre public. Aucune loi n’a suivi dans ce sens.
- 16 mars 2026 : loi qui alourdit les peines du trafic de drogue et aligne la loi de 1921 sur le nouveau Code pénal.
- 1er septembre 2026 : nouveau Code pénal et barème 200 €, 400 €, 800 € pour l’usage personnel.
La direction est nette : aucun texte de légalisation n’a été adopté, et la grande réforme de 2026 durcit la réponse au trafic. L’Allemagne voisine a pris le chemin inverse : pour comparer, lis notre article sur le cannabis en Allemagne.
Belgique ou France : ce qui change
| Point | Belgique | France |
|---|---|---|
| Cannabis récréatif | Interdit (loi du 24 février 1921), priorité de poursuite la plus basse pour 3 g ou 1 plante chez un adulte | Interdit, aucun seuil de tolérance |
| Sanction de l’usage simple | Amende de 200 € pour une première détention personnelle (depuis le 1er septembre 2026) | Amende forfaitaire de 500 € (400 € minorée, 1 000 € majorée) depuis la loi du 18 août 2026 |
| Autoculture | Une plante : priorité de poursuite la plus basse | Interdite |
| Fleurs de CBD | Légales sous 0,3 % de THC + THCA, régime du tabac, vente en ligne interdite | Légales à 0,3 % de THC maximum (arrêté du 30 décembre 2021, Conseil d’État du 29 décembre 2022) |
| Aliments au CBD | Interdits (novel food) | Retirés de la vente depuis le 15 mai 2026 |
| Conduite après usage | Infraction au code de la route, sans rapport avec la tolérance des 3 g | Jusqu’à 3 ans de prison et 9 000 € d’amende (loi du 9 juillet 2025) |
En clair, la Belgique est un peu plus souple que la France sur la petite détention d’un adulte, mais nettement plus stricte sur le commerce du CBD, calqué sur celui du tabac. Tout le détail côté français se trouve dans notre guide de la légalité du CBD en France.

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Fleurs et hash CBD 100 % français, 0,3 % de THC maximum : légaux en France, à retrouver chez toi au retour de Belgique.
Le mot de la fin
La Belgique n’est ni les Pays-Bas ni l’Allemagne : le cannabis y reste interdit, la tolérance des 3 grammes n’est qu’une consigne de poursuite, et le nouveau Code pénal chiffre ce que coûte une infraction. Pour un séjour sans mauvaise surprise : rien dans les poches, rien au volant, rien dans la valise au retour.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifie-les avant chaque départ.


