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cannabis est-il légal au Honduras

Cannabis au Honduras : loi, usage, tolérance et peines 2026

Non : le cannabis est illégal au Honduras, pour les Honduriens comme pour les visiteurs. Pas d’exception récréative, pas de cannabis médical, pas de statut pour le CBD. Deux textes s’appliquent : la loi de 1989 sur les drogues (décret 126-89), qui interdit de détenir « une quantité quelconque » de stupéfiant, et le Code pénal entré en vigueur en juin 2020, qui punit culture, vente ou transport de 4 à 7 ans de prison, et 10 à 15 ans, voire plus, en cas de trafic aggravé.

Le Honduras est un couloir majeur du narcotrafic entre l’Amérique du Sud et les États-Unis, et l’État y mène une répression visible. Un étranger arrêté avec du cannabis n’a aucun traitement de faveur à attendre, à San Pedro Sula, à Copán Ruinas comme sur les îles de la Baie.

Voici ce que disent les textes, l’échelle des peines, le statut du CBD et les risques concrets pour un voyageur en 2026.

L’essentiel en 30 secondes
• Le cannabis est interdit au Honduras : usage, détention, culture et vente, sans cannabis médical légal.
• Le CBD n’a aucun statut : la loi range dans le cannabis tout dérivé de la plante, sans taux de THC toléré.
• Un touriste risque l’arrestation, des poursuites et, s’il est soupçonné de vente, 4 à 7 ans de prison.
• Plusieurs fiches voyageurs citent encore des peines de l’ancienne loi de 1989, remplacées par le Code pénal en 2020.

Que dit la loi au Honduras en 2026 ?

Le socle reste la Ley sobre Uso Indebido y Tráfico Ilícito de Drogas y Sustancias Psicotrópicas, le décret 126-89 adopté le 5 septembre 1989 et publié au journal officiel La Gaceta le 23 novembre 1989 (et non « 136/89 », comme on le lit parfois). Deux articles comptent pour un voyageur :

  • la définition de la marihuana (article 5) : toutes les parties de la plante de Cannabis sativa, ses graines, sa résine et « tout composé, produit, dérivé, mélange ou préparation » qui en est tiré ;
  • l’interdiction de détenir (article 11) « une quantité quelconque » de stupéfiant sans autorisation, sur soi, dans un bagage, une voiture ou un logement.

Le volet pénal, lui, a changé. Le Code pénal (décret 130-2017), publié le 10 mai 2019, est entré en vigueur en juin 2020. Son article 632 a abrogé les articles 16 à 30 de la loi de 1989, c’est-à-dire l’essentiel de son volet pénal : les 15 à 20 ans pour trafic, l’internement des consommateurs et l’expulsion des étrangers pris avec une petite quantité. Les infractions liées aux drogues relèvent désormais des articles 311 à 322 du Code pénal.

Détail notable : l’article 321 range le cannabis parmi les drogues qui « ne causent pas de grave dommage à la santé ». Ce n’est pas une tolérance : le cannabis relève simplement de la fourchette de peines la plus basse, la cocaïne de la plus haute.

Prison et amendes : l’échelle des peines

Les amendes sont fixées en jours-amende, de 20 à 5 000 lempiras par jour selon les revenus du condamné.

Infraction (Code pénal de 2020) Prison Amende
Culture, récolte, vente, transport ou détention en vue de vendre du cannabis (art. 311) 4 à 7 ans 100 à 500 jours-amende
Même infraction jugée de moindre gravité (art. 311, al. 2) 1 à 3 ans 100 à 500 jours-amende
Trafic aggravé : vente à un mineur, groupe organisé, trafic international, grosse quantité (art. 312) 10 à 15 ans 300 à 500 jours-amende

La « grosse quantité » est définie par l’article 321 : 10 kg d’herbe ou 1 kg de haschich, pesés tels quels, sans tenir compte du taux de THC (article 322). Groupe organisé et grosse quantité réunis : les peines augmentent encore d’un tiers.

Ces peines sont celles du texte publié en 2019. En 2026, le Congrès a déjà durci le Code pénal contre l’extorsion (mai) et adopté un paquet de mesures contre les maras, traitées comme des associations terroristes (septembre) ; d’après la presse hondurienne, ces textes ne portent pas sur les articles consacrés aux drogues. Les députés ont toutefois annoncé vouloir renforcer les lois contre le narcotrafic : l’échelle des peines peut encore être relevée.

Et la petite quantité pour soi ?

L’ancien article 26 (internement et amende pour une « quantité minime ») a disparu en 2020, et le Code pénal ne prévoit pas de peine dédiée à l’usage personnel. La détention n’est pas légale pour autant : l’article 11 de la loi de 1989 l’interdit toujours, et la police puis le parquet apprécient les faits. Des indices comme plusieurs sachets ou une balance peuvent orienter les poursuites vers la détention en vue de vendre : 4 à 7 ans encourus.

Et le CBD au Honduras ?

Le CBD n’a aucun cadre légal au Honduras. La définition de la loi de 1989 englobe tout dérivé de la plante, et aucun texte ne fixe de taux de THC en dessous duquel un produit serait autorisé. Une fleur, une résine ou une huile de CBD est donc juridiquement un produit du cannabis. Les seules ouvertures du texte sont des autorisations du ministère de la Santé, pour des médicaments ou, à titre exceptionnel, pour des activités de l’université nationale (UNAH) : rien qui permette à un particulier d’acheter ou de détenir du CBD.

En avril 2022, le député Luis Amador (parti Libre) a déposé un projet de loi pour autoriser l’importation et la vente de médicaments au cannabidiol. Aucune adoption n’a été annoncée depuis : en 2026, le CBD n’a toujours aucun cadre et aucun commerce de CBD n’est autorisé dans le pays.

Ne mettez donc aucun produit au CBD dans vos bagages, même pour une escale. Les règles pays par pays sont dans notre guide pour voyager en avion avec du CBD, et ce qui est permis chez nous est détaillé dans notre dossier sur la loi sur le CBD en France.

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Ce que risque un touriste

Un étranger est jugé selon les mêmes articles qu’un Hondurien. France Diplomatie rappelle que la vente et la consommation de stupéfiants, « y compris le cannabis », sont passibles d’emprisonnement, avec une incarcération parfois très longue. Le Royaume-Uni décrit des prisons surpeuplées et violentes.

Ce qu’il faut savoir avant de partir :

  • Aucune zone de tolérance : la loi est la même à Roatán, Utila, Copán Ruinas ou La Ceiba.
  • L’expulsion est elle-même une sanction. Pour une condamnation de moins de 3 ans, le juge peut remplacer la prison par une expulsion si l’étranger n’a pas d’antécédents au Honduras (article 75), assortie d’une interdiction de revenir pendant le triple de la peine.
  • Les bagages sont un risque en soi. Le Canada conseille de faire ses valises soi-même, de les surveiller et de ne jamais transporter le colis d’un tiers.
  • Les fiches voyageurs ne sont pas toutes à jour. La Belgique évoque 8 à 20 ans de prison, le Royaume-Uni 15 à 20 ans pour trafic : des chiffres hérités en partie de la loi de 1989, mais qui disent bien la lourdeur du risque.
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Plantations et narcotrafic : la réalité en 2026

Les plantations saisies se trouvent surtout dans le nord et l’est : Colón, Olancho, Yoro, départements que le Canada signale pour le trafic de drogue et la violence, et Atlántida. La répression est constante :

  • de janvier à début août 2025, les forces armées ont saisi 18 plantations, soit plus de 197 000 plants ;
  • fin août 2026, 10 500 plants ont été saisis dans les montagnes de Tocoa (Colón) ;
  • le 20 septembre 2026, la police antidrogue a saisi environ 590 kg d’herbe (1 300 livres) dans un minibus à Puerto Cortés, cargaison attribuée, selon les premiers éléments, à la Mara Salvatrucha.

Le narcotrafic a touché jusqu’au sommet de l’État : l’ancien président Juan Orlando Hernández a été condamné en 2024 à New York à 45 ans de prison pour trafic de drogue, avant d’être gracié par Donald Trump et libéré le 1er décembre 2025.

Cannabis médical : des projets, aucune loi

Le débat n’a jamais dépassé le stade des annonces :

  • Octobre 2021 : le vice-président du Congrès, Enrique Yllescas, annonce un projet de loi sur le cannabis médical.
  • Avril 2022 : le vice-président (designado presidencial) Salvador Nasralla propose de cultiver du cannabis médical pour créer des emplois et exporter. L’ancien président Manuel Zelaya, conseiller de la présidente Xiomara Castro, s’y oppose.

Depuis le 27 janvier 2026, le pays est dirigé par Nasry Asfura (Parti national), élu de justesse face à Salvador Nasralla. Au 26 septembre 2026, aucune réforme du cannabis n’a été adoptée. Avant de passer une frontière, lisez aussi nos guides sur le Guatemala et le Salvador.

Honduras ou France : ce qui change

Question Honduras France
Cannabis avec THC Interdit (loi 126-89 et Code pénal) Interdit (stupéfiant)
Petite quantité pour soi Interdite, poursuites possibles pour trafic selon les circonstances Amende forfaitaire de 500 € (400 € minorée, 1 000 € majorée)
Fleurs et résines de CBD Aucun statut : traitées comme du cannabis Légales à 0,3 % de THC maximum

En France, les fleurs et résines de CBD sont légales si leur taux de THC ne dépasse pas 0,3 % (arrêté du 30 décembre 2021, confirmé pour les fleurs par le Conseil d’État le 29 décembre 2022). Le bon réflexe : partir sans CBD et retrouver nos fleurs et résines de CBD bio françaises au retour.

Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.

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