Non. En Algérie, le cannabis est interdit sous toutes ses formes, CBD compris. La loi n° 04-18 du 25 décembre 2004, durcie en 2023 puis en juillet 2025, ne prévoit aucun seuil de THC : une fleur de CBD achetée légalement en France y est traitée comme n’importe quel stupéfiant. La simple consommation est passible de 2 mois à 2 ans de prison et d’une amende, et l’importation de stupéfiants de la réclusion à perpétuité.
La question se pose chaque été à des milliers de voyageurs qui partent en Algérie en avion ou en ferry, souvent pour retrouver leur famille, et qui consomment du CBD en France en toute légalité. Entre les deux rives, l’écart est total. Il s’est encore creusé avec la loi n° 25-03 du 1er juillet 2025, qui a introduit la peine de mort pour certains trafics et puni le suspect qui refuse un test de dépistage.
Voici ce que dit le droit algérien au 26 septembre 2026, ce que vous risquez concrètement et pourquoi le CBD en Algérie n’a aucun statut légal.
L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis : interdit ; la consommation est passible de 2 mois à 2 ans de prison et/ou de 20 000 à 50 000 DA d’amende.
• CBD : illégal, sans aucun seuil de THC toléré ; aucune boutique ne peut en vendre.
• Voyageur : n’emportez rien ; l’importation de stupéfiants est passible de la perpétuité, et un étranger condamné peut être interdit de territoire.
• Propre à l’Algérie : depuis juillet 2025, un suspect qui refuse un test de dépistage encourt la peine maximale.
Que dit la loi en Algérie en 2026 ?
Une loi de 2004, durcie deux fois
Le texte de référence est la loi n° 04-18 du 25 décembre 2004 relative à la prévention et à la répression de l’usage et du trafic illicites de stupéfiants. Elle a été modifiée une première fois par la loi n° 23-05 du 7 mai 2023, qui a relevé plusieurs peines, puis par la loi n° 25-03 du 1er juillet 2025, publiée au Journal officiel n° 43 du 13 juillet 2025.
La définition légale ne laisse aucune place à l’interprétation. Le cannabis désigne les sommités fleuries ou fructifères de la plante, et la « plante de cannabis » s’entend de toute plante du genre cannabis, sans distinction de variété ni de taux de THC. La loi vise aussi les préparations, c’est-à-dire tout mélange solide ou liquide contenant un stupéfiant.
Les peines prévues
| Infraction | Peine encourue | Texte |
|---|---|---|
| Consommation ou détention pour usage personnel | 2 mois à 2 ans de prison et 20 000 à 50 000 DA d’amende, ou l’une des deux peines | Art. 12 (loi 23-05) |
| Céder ou offrir à quelqu’un pour sa consommation | 2 à 10 ans et 100 000 à 500 000 DA ; maximum doublé notamment si le bénéficiaire est mineur ou si les faits ont lieu dans un établissement scolaire ou de santé | Art. 13 |
| Promotion des stupéfiants | 5 à 10 ans et 500 000 à 1 000 000 DA | Art. 16 bis 1 (loi 23-05) |
| Détention, transport, vente, stockage | 10 à 20 ans et 5 à 50 millions de DA ; perpétuité en bande organisée | Art. 17 |
| Importation ou exportation | Réclusion à perpétuité | Art. 19 |
| Culture de cannabis | Réclusion à perpétuité ; 2 à 5 ans et 200 000 à 500 000 DA si la culture est destinée à un usage personnel | Art. 20 (loi 23-05) |
| Recruter ou utiliser un mineur pour le trafic, dans une école ou à ses abords ; trafic ou importation ayant directement causé un décès ; récidive d’un crime puni de la perpétuité | Peine de mort | Art. 16 bis 2, 21 bis 2 et 27 (loi 25-03) |
L’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993, mais ses tribunaux prononcent encore des condamnations à mort, et ce moratoire de fait vacille : fin août 2026, le président Abdelmadjid Tebboune a ordonné que la peine capitale soit de nouveau exécutée contre les auteurs d’incendies criminels ; les affaires de stupéfiants ne sont pas visées à ce stade. La récidive, déjà sanctionnée plus lourdement depuis 2004, est encore aggravée depuis 2025 : un crime puni de la perpétuité devient passible de la peine de mort.
La porte de sortie prévue par la loi : les soins
La loi algérienne traite aussi le consommateur comme une personne à soigner. Selon l’article 6, réécrit en 2023, l’action publique n’est pas exercée contre le consommateur dont il est établi qu’il s’est soumis à une cure de désintoxication ou à une surveillance médicale ; et lorsqu’il ordonne une cure, le juge peut ne pas prononcer les peines de l’article 12 (article 8). La réforme de 2025 ajoute un dépistage possible lors des examens médicaux scolaires, sans poursuites pour l’élève, mais aussi des tests négatifs exigés des candidats aux concours de recrutement, dans le public comme dans le privé.
CBD en Algérie : interdit, sans seuil de THC
C’est la question la plus fréquente, souvent posée sous la forme « CBD Algérie » ou « CBD Alger ». La réponse est nette : le CBD n’a aucune existence légale en Algérie. Aucun texte n’autorise la vente, la détention ou l’importation de produits au CBD.
La loi ne connaît pas le mot « CBD »
En France, le CBD est légal parce que les textes distinguent le chanvre à faible teneur en THC (0,3 % maximum en France) du cannabis stupéfiant. L’Algérie n’a jamais créé cette distinction. Aucun texte n’y fixe de taux de THC autorisé, aucun régime du chanvre industriel n’existe, et la définition légale vise toute plante du genre cannabis. Conséquence directe :
- une fleur de CBD correspond exactement à la définition du cannabis (sommités fleuries) ;
- une résine de CBD relève, pour la loi, de la résine de cannabis ;
- une huile de CBD tirée de la plante peut être qualifiée de préparation, c’est-à-dire de mélange contenant un stupéfiant ;
- un certificat d’analyse ou une facture d’une boutique française n’ont aucune valeur juridique sur place.
Acheter du CBD à Alger, Oran ou Constantine ?
Impossible légalement. Il n’existe aucune boutique de CBD autorisée en Algérie, et aucune autorisation ne peut être délivrée pour ce commerce. Les offres qui circulent sur les réseaux sociaux relèvent de la vente de stupéfiants (article 17 : 10 à 20 ans de prison pour le vendeur), et l’acheteur tombe sous le coup de l’article 12. Depuis 2023, la simple promotion de stupéfiants est elle aussi un délit à part entière.
Même logique pour le chanvre : le cultiver, y compris une variété pauvre en THC, revient à cultiver la plante de cannabis, un crime passible de la perpétuité.
Emporter son CBD dans ses bagages
C’est le piège le plus fréquent. Vous achetez un produit légal en France, vous le glissez dans votre valise pour les vacances, et vous arrivez à l’aéroport d’Alger ou au port d’Oran avec ce que les douanes algériennes considèrent comme un stupéfiant. L’importation de stupéfiants est punie de la réclusion à perpétuité (article 19). La qualification retenue dépend ensuite du parquet, mais même dans le meilleur des cas, vous vous exposez à la saisie, à une garde à vue et à des poursuites pour détention.
Nous n’avons trouvé aucune décision publiée concernant un voyageur contrôlé avec du CBD en Algérie : cela ne rend pas le risque faible, cela signifie qu’aucune règle écrite ne vous protège. La seule option sûre est de laisser tout produit au cannabidiol en France, y compris les huiles et les cosmétiques. Pour les règles côté français (bagage cabine, soute, escales), consultez notre guide voyager en avion avec du CBD.
Et le cannabis médical ?
La loi de 2004 permet d’autoriser la production, l’importation ou la culture de stupéfiants à des fins médicales ou scientifiques, sur autorisation du ministre de la Santé, selon les modalités du décret exécutif n° 07-228 du 30 juillet 2007. Mais aucun programme de cannabis médical n’a été mis en place. En décembre 2020, l’Algérie s’est d’ailleurs opposée, à la Commission des stupéfiants de l’ONU, au retrait du cannabis du tableau IV de la Convention unique de 1961.

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Ce que risque un voyageur en Algérie
Touriste, travailleur expatrié ou membre de la diaspora en visite, vous êtes soumis à la même loi que les résidents. Voici ce qui vous attend en cas de contrôle positif :
- Aucune tolérance pour les petites quantités : l’article 12 ne prévoit pas de seuil, quelques grammes suffisent à engager des poursuites.
- Tests biologiques : depuis 2025, la police judiciaire peut soumettre un suspect à des examens biologiques ou médicaux, et le refus fait encourir la peine maximale de l’infraction concernée (article 26 bis).
- Infraction commise sous l’emprise : toute infraction commise sous l’influence de stupéfiants fait encourir le maximum de la peine.
- Interdiction du territoire : un étranger condamné pour un délit de la loi 04-18 peut être interdit de séjour pendant 10 ans au moins, ou définitivement ; depuis 2025, l’interdiction définitive est obligatoire en cas de condamnation pour un crime ; l’interdiction entraîne l’expulsion à la fin de la peine (article 24).
- Binationaux : un Franco-Algérien est en principe considéré comme Algérien par les autorités locales, ce qui limite fortement l’assistance consulaire française.
Le consulat de France peut vous rendre visite et vous indiquer un avocat, mais il ne peut ni intervenir dans la procédure ni obtenir une libération. L’argument « c’est légal chez moi » n’a aucune portée devant un juge algérien.
Zatla et kif traité : la réalité du terrain
L’interdiction n’empêche pas le cannabis de circuler. Dans le langage courant, la résine se dit zatla ; dans les communiqués officiels, on parle de kif traité. Selon les autorités algériennes, l’essentiel de ce qui est saisi est de la résine produite au Maroc, acheminée par la frontière ouest, pourtant fermée depuis 1994, avant d’alimenter le marché local ou de repartir vers les pays voisins et l’Europe.
Les bilans de saisies du ministère de la Défense nationale comptent régulièrement le kif traité en quintaux. C’est la hausse de la consommation chez les jeunes que les autorités ont mise en avant pour justifier la réforme de 2025. La tendance va donc vers plus de répression : aucune réforme sur le CBD ou le chanvre n’est annoncée à ce jour.
Algérie, Maroc, Tunisie : trois approches
Les trois pays du Maghreb interdisent l’usage récréatif, mais leurs trajectoires divergent :
- Algérie : prohibition totale, CBD compris, et durcissement continu (2023, puis 2025).
- Maroc : la loi n° 13-21 de 2021 a légalisé la culture du cannabis à des fins médicales, cosmétiques et industrielles, dans un cadre réglementé ; l’usage récréatif reste interdit. Détails dans notre article le cannabis est-il légal au Maroc ?
- Tunisie : prohibition stricte également, mais une réforme de 2017 a rendu au juge la possibilité d’alléger les peines des consommateurs. Voir le cannabis en Tunisie.
Plus à l’est, l’Égypte applique elle aussi une prohibition sévère. Si vous enchaînez plusieurs pays de la région, retenez une règle simple : le statut légal du CBD en France ne vous protège nulle part ailleurs, vérifiez la loi de chaque pays avant de partir.
Algérie ou France : ce qui change
| Algérie | France | |
|---|---|---|
| Cannabis récréatif | Interdit | Interdit |
| Sanction de l’usage | 2 mois à 2 ans de prison et/ou 20 000 à 50 000 DA | Amende forfaitaire de 500 € (400 € minorée, 1 000 € majorée) |
| CBD (fleurs, résines, huiles) | Illégal, aucun seuil de THC | Légal à 0,3 % de THC maximum |
| Achat de CBD | Aucune boutique autorisée | Boutiques et vente en ligne légales |
| Culture | Perpétuité (2 à 5 ans pour usage personnel) | Interdite aux particuliers ; chanvre agricole encadré |
| Voyager avec du CBD | Assimilé à une importation de stupéfiants | Possible, dans le respect des règles de transport |
En France, le CBD est légal à 0,3 % de THC maximum (arrêté du 30 décembre 2021), et la vente de fleurs l’est aussi depuis la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022. Tout est expliqué dans notre guide sur la législation du CBD en France. À votre retour, vous retrouvez donc notre gamme de résines CBD et de fleurs CBD bio françaises, livrées chez vous.
Questions fréquentes
Peut-on acheter du CBD à Alger ?
Non. Aucune boutique de CBD n’est autorisée en Algérie, à Alger comme ailleurs. Tout produit issu du cannabis vendu sur place, y compris sur les réseaux sociaux, relève du trafic de stupéfiants.
Peut-on emporter de l’huile de CBD en Algérie ?
Non. L’huile de CBD tirée de la plante peut être qualifiée de préparation contenant un stupéfiant, et la loi algérienne ne fixe aucun seuil de THC. À la douane, elle peut être qualifiée d’importation de stupéfiants.
Le chanvre est-il cultivé légalement en Algérie ?
Non. Il n’existe aucun cadre pour le chanvre industriel : cultiver une plante du genre cannabis est puni de la perpétuité, ou de 2 à 5 ans de prison pour un usage personnel.
Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.


