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Cannabis Légal au Panama

Cannabis au Panama : loi, usage, tolérance et peines 2026

Non, pas pour le plaisir. Au Panama, le cannabis récréatif est interdit : l’acheter, le détenir, le cultiver ou le vendre reste un délit puni par le Code pénal, et le faire entrer dans le pays est puni, en principe, de 10 à 15 ans de prison. Seule exception : l’usage médical, autorisé par la loi 242 du 13 octobre 2021, sur ordonnance et en pharmacie.

Le Panama a été le premier pays d’Amérique centrale à légaliser le cannabis médical, mais il lui a fallu plus de quatre ans pour passer du texte au comptoir : la première pharmacie spécialisée a ouvert le 22 janvier 2026 à Panama City. Ce cadre concerne les patients inscrits auprès du ministère de la Santé (Minsa), pas les voyageurs.

Et le CBD ? Au Panama, c’est un dérivé du cannabis vendu en pharmacie, sur ordonnance, et non un produit de boutique comme en France.

L’essentiel en 30 secondes
• Cannabis récréatif : interdit, même en petite quantité ; la vente est punie de 8 à 15 ans de prison.
• CBD : uniquement en pharmacie, sur ordonnance (loi 242) ; aucune vente libre, aucune fleur autorisée.
• Touriste : entrer au Panama avec du cannabis expose à une peine de prison, et la détention avant jugement peut durer longtemps.
• Propre au pays : première pharmacie de cannabis médical ouverte en janvier 2026, 22 pharmacies autorisées en juillet 2026, avec des produits importés.

Cannabis Légal au Panama
Cannabis Légal au Panama

Que dit la loi au Panama en 2026 ?

Le cannabis, qu’on appelait canyac ou kan jac dans les années 1930, est prohibé de longue date au Panama : les premières interdictions remontent aux années 1920. Aujourd’hui, les infractions relèvent du Code pénal adopté par la loi n° 14 du 18 mai 2007, qui ne prévoit pas d’infraction propre au cannabis : il vise toutes les « drogues », et le juge tient compte de leur dangerosité pour fixer la peine.

La loi 242 de 2021 n’a rien changé pour le récréatif. Son article 79 est net : tout usage ou toute manipulation du cannabis qui sort du cadre médical est sanctionné par le Code pénal. Il n’existe ni dépénalisation, ni seuil de tolérance chiffré, ni autoculture autorisée.

Le Code pénal gradue les peines selon ce que la justice retient comme intention (fourchettes du texte publié en 2007) :

Infraction Peine prévue par le Code pénal
Achat ou détention d’une petite quantité pour sa consommation 50 à 250 jours-amende, ou arrêts de fin de semaine, ou travail d’intérêt général ; mesure de sûreté si la personne est dépendante
Détention qui, selon les circonstances, n’est pas destinée à la consommation 5 à 10 ans de prison
Achat, vente ou stockage en vue de la revente 8 à 15 ans de prison, doublés près d’une école ou d’un lieu de spectacle
Culture ou garde de plants ou de graines pour la commercialisation 10 à 15 ans de prison
Entrée ou sortie du territoire avec de la drogue, même en transit 10 à 15 ans de prison ; 1 à 3 ans (ou jours-amende, ou soins) si la très petite quantité prouve sans équivoque l’usage personnel

La « petite quantité » n’est pas un chiffre inscrit dans la loi : c’est l’Institut de médecine légale qui l’apprécie au cas par cas.

Cannabis médical : de la loi 242 à la première pharmacie

Après un débat ouvert en 2017 et relancé en 2019, l’Assemblée nationale a voté le texte à l’unanimité le 30 août 2021. Le président Laurentino Cortizo l’a promulgué : c’est la loi 242 du 13 octobre 2021, publiée au Journal officiel (Gaceta Oficial) le 15 octobre 2021, « qui régule l’usage médical et thérapeutique du cannabis et de ses dérivés ». Le calendrier de sa mise en œuvre :

  • 1er septembre 2022 : premier règlement d’application (décret exécutif n° 121), depuis abrogé.
  • 4 avril 2025 : nouveau règlement de la loi 242 (décret exécutif n° 6).
  • 26 septembre 2025 : le Minsa fixe les conditions d’une exception au registre sanitaire pour les produits contenant du cannabis médical (résolution n° 212).
  • 22 janvier 2026 : ouverture à Panama City de la première pharmacie dédiée ; le directeur des pharmacies et drogues du Minsa fait état de sept licences de commercialisation accordées.
  • 1er juin 2026 : publication au Journal officiel d’une résolution du Minsa (n° 0406 du 13 mai 2026) qui fixe le formulaire d’inscription des patients et le certificat médical obligatoire.
  • Juillet 2026 : 22 pharmacies sont autorisées à vendre ces produits, selon la DNFD.

Le système reste très fermé : licences réservées à des sociétés, patients inscrits dans un registre national du ministère de la Santé, étiquetage et délivrance soumis aux règles des médicaments à usage contrôlé. D’après la DNFD, les produits au THC exigent une ordonnance spéciale, comparable à celle de la morphine, et sont réservés à des pathologies complexes comme certaines épilepsies résistantes ou la sclérose en plaques. En juillet 2026, seuls des produits au CBD étaient arrivés en pharmacie ; ceux au THC restaient annoncés pour plus tard.

En janvier 2026, tous les produits étaient importés ; une période de transition de deux ans doit permettre aux titulaires de licence de cultiver et de fabriquer sur place. Des associations de patients dénoncent de leur côté des démarches d’inscription lourdes.

Et le CBD au Panama ?

C’est ce qui surprend le plus les voyageurs européens : au Panama, le CBD n’est pas un produit en vente libre. La loi 242 range parmi les dérivés du cannabis à usage médical les huiles, résines, teintures et extraits : le CBD y est traité comme un produit médical, sous le contrôle du ministère de la Santé, et non comme un produit « bien-être ».

Les produits au CBD autorisés sont des produits de pharmacie (crèmes, comprimés, huiles) délivrés sur ordonnance ordinaire pour les douleurs chroniques, selon la DNFD, qui en publie la liste en ligne. En janvier 2026, il s’agissait de produits importés des États-Unis.

Le marché parallèle est surveillé : en septembre 2025, le Minsa a saisi des shampooings, crèmes, huiles et baumes à lèvres au cannabis vendus sans registre sanitaire, en rappelant que la réglementation interdit le cannabis dans les cosmétiques et en déconseillant tout achat sur Internet ou hors circuit officiel.

  • Pas de boutique CBD légale au Panama, et aucune fleur de CBD parmi les produits autorisés.
  • Hors de ce circuit, un produit au CBD reste un dérivé du cannabis : l’article 79 de la loi 242 renvoie au Code pénal.
  • Un taux de THC conforme en France (0,3 % maximum) ne protège de rien à la douane panaméenne.

Votre fleur ou votre huile achetée en France doit donc y rester. Pour les règles douanières selon les destinations, consultez notre guide voyager en avion avec du CBD.

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Ce que risque un touriste

Être étranger ne change rien : la loi s’applique à tous. Les conseils officiels aux voyageurs sont unanimes :

  • La diplomatie belge rappelle que toutes les drogues, douces comme dures, sont strictement interdites et signale des propositions de drogue dans des lieux touristiques : le Casco Viejo à Panama City et l’archipel de Bocas del Toro.
  • Le gouvernement britannique avertit qu’une très petite quantité suffit pour une peine de prison, que la procédure est lente et que le jugement peut prendre jusqu’à deux ans, en général passés en détention.
  • Le Canada qualifie les peines de sévères et classe parmi les couloirs du trafic la côte sud-est de la comarque Guna Yala (San Blas), l’île de Coiba et la côte Pacifique.

À l’aéroport de Tocumen, un produit à base de cannabis ne peut entrer que dans le cadre de la loi 242, qui confie les importations au ministère de la Santé ; un produit contenant du THC, même à 0,3 %, peut être traité comme de la drogue, et un produit au CBD acheté légalement ailleurs n’est pas autorisé pour autant. La traversée en bateau entre San Blas et la Colombie, très prisée des routards, longe l’une de ces zones et se termine par une douane ; la loi colombienne a ses propres règles, détaillées dans notre article sur la légalité du cannabis en Colombie.

Panama ou France : ce qui change

Sujet Panama France
Cannabis récréatif Interdit Interdit
Usage, petite quantité Délit : 50 à 250 jours-amende, arrêts de fin de semaine ou travail d’intérêt général Délit d’usage : amende forfaitaire de 500 € (400 € minorée, 1 000 € majorée)
Vente 8 à 15 ans de prison Jusqu’à 10 ans de prison
CBD En pharmacie, sur ordonnance En vente libre si le produit contient 0,3 % de THC maximum, fleurs comprises

En France, le seuil de 0,3 % de THC vient de l’arrêté du 30 décembre 2021, et les fleurs sont légales depuis la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022. Détails dans notre guide de la loi sur le CBD en France.

Questions fréquentes

Le cannabis est-il toléré à Panama City ou à Bocas del Toro ?

Non. La loi est la même dans tout le pays, quartiers touristiques compris : accepter une proposition dans la rue, c’est s’exposer au Code pénal.

Peut-on acheter du CBD en pharmacie au Panama ?

Oui, mais seulement sur ordonnance, avec une inscription au registre des patients du ministère de la Santé, dans l’une des pharmacies autorisées et pour les produits de la liste officielle.

Un patient étranger peut-il venir avec son traitement au cannabis ?

La loi 242 réserve l’accès aux patients du registre national et confie au ministère de la Santé le contrôle des importations. Renseignez-vous auprès de l’ambassade du Panama avant le départ ; sans autorisation écrite, ne voyagez pas avec ce traitement.

Cet article a une visée informative et ne constitue pas un conseil juridique. Informations vérifiées en septembre 2026 ; les lois évoluent, vérifiez-les avant chaque départ.

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