Peu de variétés traînent derrière elles une légende aussi tenace que la G13. L’histoire est connue des cercles cannabiques : fin des années 1960, un laboratoire de l’Université du Mississippi, un programme fédéral américain, treize générations testées, un clone subtilisé par un technicien, et une génétique d’exception qui ressort dans l’underground avant d’atterrir dans les banques néerlandaises des années 1980. Vraie, fausse, enjolivée ? La seule chose certaine, c’est qu’aucun document public ne la confirme et qu’elle a tout d’un bon récit de contre-culture.
Côté plante, on parle d’une Indica quasi pure, aux buds compacts, à la résine lourde, avec un taux de THC relevé entre 22 et 28 % sur les sélections modernes. Pas de CBD significatif, dominance physique, profil aromatique terreux et résineux typique des familles afghanes. Les versions grand public viennent de Mr. Nice Seedbank, de Barney’s Farm et de Sensi Seeds, qui déclinent chacun leur lecture de la génétique originale.
Mise à jour en octobre 2026, cette fiche détaille la légende CIA/Mississippi, le rôle de Neville Schoenmakers, la génétique probable, le profil terpénique, les effets, la culture, les descendants (G13 Haze, G13 x Hash Plant) et le statut légal en France.
L’essentiel en 30 secondes
• Indica quasi pure, parfois donnée à 70-90 % Indica selon les sélections.
• THC entre 22 et 28 % sur les analyses modernes, CBD inférieur à 1 %.
• Origine disputée : légende CIA/Université du Mississippi (fin 1960s), aucune preuve publique.
• Neville Schoenmakers aurait récupéré un clone au début des années 1980 et l’aurait propagé via sa Seed Bank of Holland.
• Versions commerciales : Mr. Nice Seedbank, Barney’s Farm, Sensi Seeds — toutes des interprétations, aucune G13 « originale » certifiée.
Fiche technique de la G13
Les chiffres ci-dessous synthétisent les données publiées par les trois breeders qui proposent une version G13 au catalogue (Mr. Nice, Barney’s Farm, Sensi Seeds) et les relevés publics de SeedFinder et Leafly. Les fourchettes sont larges, à l’image d’une variété que personne ne détient à l’état « originel ».
| Critère | Valeur |
|---|---|
| Nom | G13 (parfois G-13, G Thirteen) |
| Classification | Indica quasi pure (70-90 % Indica selon sélection) |
| Origine présumée | Légende : Université du Mississippi, programme fédéral américain, fin 1960s |
| Introduction en Europe | Début années 1980 via Neville Schoenmakers (The Seed Bank of Holland) |
| THC | 22 à 28 % selon les phénotypes et les banques |
| CBD | Inférieur à 1 % |
| Floraison indoor | 8 à 10 semaines |
| Récolte outdoor | Fin septembre à mi-octobre (hémisphère nord) |
| Hauteur | 80 cm à 1,50 m en intérieur, plus en extérieur |
| Rendement indoor | 450 à 600 g/m² selon les sélections |
| Rendement outdoor | 500 à 700 g par plant en conditions optimales |
| Profil aromatique | Terre humide, pin, épices, note hash, touche d’agrumes |
| Terpènes dominants | Myrcène, caryophyllène, pinène |
| Versions commerciales | Mr. Nice G13 x Hash Plant, Barney’s Farm G13 Haze, Sensi Seeds (clone-only) |
| Descendance notable | G13 Haze, G13 x Hash Plant, G13 Widow |
La légende CIA/Mississippi : d’où vient le mythe G13
L’histoire est devenue un classique du folklore cannabis. Dans sa version la plus répandue, elle se raconte comme ça : à la fin des années 1960, le gouvernement fédéral américain aurait rassemblé les meilleures génétiques saisies aux quatre coins du monde — Afghani, Thaï, Colombienne, Mexicaine — dans une installation sécurisée de l’Université du Mississippi, à Oxford. Objectif officiel du programme NIDA (National Institute on Drug Abuse) : fournir du cannabis standardisé à la recherche médicale et aux études sur les effets de la drogue. Objectif officieux, selon la légende : sélectionner la plante la plus puissante jamais produite.
Treize générations auraient été testées. La G13 aurait été le plus abouti des phénotypes — le « G » pour Government, le « 13 » pour la génération. Un technicien du laboratoire, resté anonyme, aurait subtilisé un clone de la plante et l’aurait fait sortir de l’enceinte sécurisée dans le milieu des années 1970. De là, le clone aurait circulé sur la côte Ouest américaine avant d’arriver aux Pays-Bas.
Variantes du récit : certains disent que le « G » signifie Girl (plante femelle), d’autres que le programme était cogéré par la CIA, le FBI et la DEA, d’autres encore que le chiffre 13 renvoie à la lettre M (treizième de l’alphabet) pour Marijuana.
Ce que l’on sait de factuel. Le programme du Mississippi existe bel et bien. Il est documenté par la Drug Enforcement Administration et par les publications du NIDA. L’Université du Mississippi est, depuis 1968, le seul site autorisé à cultiver du cannabis pour la recherche fédérale aux États-Unis, sous l’égide du professeur Mahmoud ElSohly. En revanche, aucun document public n’évoque une génétique « G13 », treize générations testées, ni le vol d’un clone. L’Université, interrogée à plusieurs reprises par la presse spécialisée (High Times, Cannabis Now), n’a jamais confirmé l’histoire.
Autrement dit : la légende est séduisante, elle colle à l’époque Nixon, mais aucune source officielle ne la soutient. Les breeders les plus prudents (Shantibaba, Sensi Seeds) la présentent comme un récit « probablement enjolivé ». À prendre comme on prend les grands mythes cannabiques, pas comme un fait historique.
Neville Schoenmakers et la sortie du clone dans l’underground
Si le pedigree de la G13 est flou, son point d’entrée en Europe est beaucoup plus net. Au début des années 1980, le breeder australien Neville Schoenmakers — figure fondatrice de la génétique cannabique moderne, créateur de la Seed Bank of Holland à Amsterdam — récupère un clone qui lui est présenté comme une G13 originale, en provenance de la côte Ouest américaine. Nevil est alors en train de monter la première banque de graines professionnelle d’Europe ; il collecte des landraces et des sélections américaines, les travaille, les stabilise et les introduit sur le marché européen.
Le clone rejoint sa mother room, est multiplié, et sert de base à plusieurs hybrides. La Seed Bank of Holland ferme en 1990 après les ennuis judiciaires de Nevil ; une partie de son stock est rachetée par Ben Dronkers (Sensi Seeds), une autre survit chez les proches de Nevil, notamment Shantibaba, futur co-fondateur de Mr. Nice Seedbank avec Howard Marks. La G13 « originale » — si tant est qu’elle ait existé — se dilue dans ces reprises.
Depuis, aucune banque ne vend une G13 « pure » certifiée. Toutes les versions commerciales sont des interprétations ou des hybrides construits à partir de ce qui a été préservé des travaux de Nevil.
- Mr. Nice Seedbank — G13 x Hash Plant : la version la plus proche de la lignée Nevil, puisque Shantibaba travaille directement avec les sélections de son ancien partenaire. Hybride Indica, floraison 7-8 semaines, profil hash prononcé.
- Barney’s Farm — G13 Haze : croisement G13 × Haze, à dominance Sativa, vainqueur de la Cannabis Cup 2007 en catégorie Best Hybrid. C’est la version « moderne » la plus connue du grand public.
- Sensi Seeds : la banque a longtemps proposé une G13 en clone-only puis en graines féminisées, en s’appuyant sur les stocks rachetés à Nevil.
Pop culture mise à part — la G13 a eu son moment de gloire dans American Beauty (1999), où Ricky Fitts la présente comme « the most potent marijuana ever grown » —, la variété reste surtout une brique de breeder, utilisée pour ses croisements plus qu’achetée pour elle-même.
Génétique de la G13 : une Indica quasi pure
Les analyses morphologiques publiées par Mr. Nice, Barney’s Farm et Sensi convergent : la G13 est une Indica quasi pure, souvent décrite à 70-90 % Indica selon la sélection. Elle en présente tous les marqueurs classiques — stature trapue, feuilles larges, entre-nœuds courts, buds compacts, résine abondante, floraison relativement rapide pour une plante aussi dense. Le profil est cohérent avec une base Afghani, probablement croisée en amont avec une touche d’Indica thaïlandaise ou mexicaine selon les hypothèses retenues.
La pureté absolue est en revanche très improbable. Les breeders rappellent que la plupart des « landraces » collectées dans les années 1960-70 et travaillées en programme institutionnel étaient déjà des populations hybrides, pas des lignées fixées depuis des siècles. On parle donc d’une Indica quasi pure, pas d’une landrace au sens strict comme peut l’être une Afghani du Hindu Kush.
Profil aromatique et terpènes de la G13
Le nez est franc, ancré, old school. On y retrouve une base terreuse et résineuse — signature des familles afghanes — une couche de pin et d’épices chaudes, une note hash qui monte à mesure que la fleur sèche, et parfois une touche d’agrumes en fin de bouche sur les meilleures sélections. Rien de fruité, rien de bonbon : la G13 est une variété de puriste, pas de connoisseur moderne.
| Terpène | Arôme caractéristique |
|---|---|
| Myrcène | Terreux, musqué, note herbacée, mangue mûre |
| Caryophyllène (β-caryophyllène) | Poivre noir, bois, clou de girofle |
| Pinène (α-pinène) | Pin, résineux, aiguille de sapin, note fraîche |
| Limonène | Agrumes, zeste de citron, touche sucrée |
| Humulène | Houblon, note terreuse et épicée |
Le trio myrcène / caryophyllène / pinène structure la plupart des analyses publiées sur les sélections modernes de G13 (bases Leafly, laboratoires nord-américains). Le limonène et l’humulène viennent en secondaires, en proportions variables selon le phénotype et les conditions de culture.
Effets de la G13 rapportés par les consommateurs
Les retours convergent sur Leafly, SeedFinder et dans la presse spécialisée : la G13 produit un effet corporel marqué et durable, lent à monter, long à retomber. Les mots qui reviennent dans les témoignages des consommateurs : relaxation musculaire profonde, sensation de poids, ancrage, somnolence en fin d’effet. Le volet cérébral existe mais reste discret — davantage une tranquillité contemplative qu’une « montée » Sativa. L’effet dit « couch-lock » (collé au canapé) est fréquemment rapporté, cohérent avec le profil Indica et le taux de THC élevé.
Avec un THC entre 22 et 28 % et un CBD quasi nul, l’effet psychotrope est franc, sans contrepoids. Les publications d’addictologie (INSERM, Observatoire français des drogues et des tendances addictives) rappellent les effets indésirables documentés à ces concentrations : anxiété, paranoïa, bouche sèche, accélération du rythme cardiaque, troubles de la mémoire à court terme, baisse de la vigilance, somnolence prolongée. Chez les consommateurs novices, la sédation peut être durable et désagréable.
Les publics vulnérables (adolescents, grossesse, antécédents psychiatriques, pathologies cardiovasculaires) sont concernés par les mises en garde classiques du Haut Conseil de la santé publique. La G13 n’étant pas une variété équilibrée en CBD, elle ne corrige pas l’anxiété que le THC peut induire.
Statut légal en France
La G13, cultivée pour son taux de THC élevé, est juridiquement un stupéfiant en France. Seul le chanvre contenant moins de 0,3 % de THC total équivalent est autorisé à la vente (arrêté du 30 décembre 2021, confirmé par la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022, n° 444887). L’usage, la détention et la culture d’une G13 « classique » restent interdits aux particuliers. Les graines, dépourvues de THC, sont vendues en Europe comme objets de collection. Pour aller plus loin, voir notre fiche Delta-9-THC : effets, usage et légalité.
Culture de la G13 : données informatives
À titre strictement informatif, la G13 est documentée par Mr. Nice et Barney’s Farm comme une variété de difficulté moyenne, accessible à un cultivateur disposant d’un minimum d’expérience. En intérieur, elle reste relativement compacte (80 cm à 1,50 m), répond bien aux techniques de Sea of Green (SOG) et de Low Stress Training (LST). La floraison tient en 8 à 10 semaines pour un rendement de 450 à 600 g/m². La densité des buds en fin de floraison impose une vigilance particulière sur l’humidité ambiante : la G13 est sensible à la Botrytis (pourriture grise) si l’air stagne.
En extérieur, elle préfère les climats chauds et secs, de type continental ou méditerranéen. La récolte intervient de fin septembre à mi-octobre dans l’hémisphère nord, pour un rendement rapporté par les breeders de 500 à 700 g par plant en conditions optimales. La résistance aux parasites est bonne, celle aux moisissures de fin de cycle moins, comme pour la plupart des Indicas très denses.
Rappel légal. Les données ci-dessus sont informatives. En France, la culture de cannabis contenant du THC — y compris pour un usage personnel — est interdite aux particuliers et relève du régime des stupéfiants (code de la santé publique, articles L. 3421-1 et suivants). Les graines, qui ne contiennent pas de THC, circulent en Europe comme objets de collection.
Descendants et versions commerciales de la G13
Faute de G13 « originale » certifiée, la variété vit surtout à travers ses hybrides. Trois lignes de descendance méritent d’être rappelées.
- G13 Haze (Barney’s Farm, 2006). Croisement G13 × Haze à dominance Sativa, vainqueur de la Cannabis Cup 2007 catégorie Best Hybrid. Profil cérébral, floraison longue, rendement important ; c’est le dérivé le plus connu, souvent confondu avec la G13 pure, et proche parent des hybrides tropicaux type Pineapple Express.
- G13 x Hash Plant (Mr. Nice Seedbank, Sensi Seeds). Hybride Indica à profil hash prononcé, floraison 7-8 semaines, résine dense — la version préférée des amateurs de hashs traditionnels.
- G13 Widow et autres croisements. La G13 est utilisée comme brique de départ par de nombreux breeders pour renforcer la densité de résine et la stature trapue.
Pour explorer un profil aromatique voisin dans une version légale en France, direction notre catégorie fleurs CBD bio françaises — plusieurs sélections maison partagent le registre terreux-résineux de la famille Afghani dont descend la G13.
Questions fréquentes sur la G13
La G13 vient-elle vraiment de la CIA ?
Aucun document public ne le prouve. Le programme fédéral de recherche sur le cannabis à l’Université du Mississippi existe depuis 1968, mais ni la DEA, ni le NIDA, ni l’Université elle-même n’ont jamais confirmé la génétique G13, les treize générations testées ou le vol d’un clone. La légende est séduisante, bien ancrée dans la culture cannabique, mais elle reste à l’état de récit — à prendre avec le recul d’usage.
Quel est le taux de THC de la G13 ?
Entre 22 et 28 % sur les sélections modernes relevées par les laboratoires nord-américains et les analyses publiées par Mr. Nice, Barney’s Farm et Sensi Seeds. Le CBD est quasi nul, inférieur à 1 %, ce qui en fait une variété à effet psychotrope marqué, sans modulation.
La G13 est-elle une Indica ou une Sativa ?
C’est une Indica quasi pure, décrite à 70-90 % Indica selon les sélections. Sa morphologie trapue, ses feuilles larges, ses buds denses et son effet corporel marqué sont caractéristiques de la famille Afghani dont elle semble descendre.
Qui est Neville Schoenmakers et quel rôle a-t-il joué dans l’histoire de la G13 ?
Neville Schoenmakers, dit Nevil, est un breeder australien installé aux Pays-Bas, fondateur en 1984 de la Seed Bank of Holland — la première banque de graines professionnelle d’Europe. Au début des années 1980, il aurait récupéré un clone présenté comme une G13 « originale » venu de la côte Ouest américaine, l’aurait intégré à sa mother room et aurait travaillé plusieurs hybrides à partir de cette génétique avant la fermeture de sa banque en 1990.
Peut-on acheter de la G13 originale aujourd’hui ?
Non, personne ne commercialise une G13 « pure » certifiée. Toutes les versions actuelles — Mr. Nice G13 x Hash Plant, Barney’s Farm G13 Haze, Sensi Seeds — sont des interprétations ou des hybrides construits à partir de ce qui a été préservé des travaux de Neville Schoenmakers. La G13 originelle, si elle a existé, s’est diluée dans ses descendances.
Quelle est la différence entre la G13 et la G13 Haze ?
La G13 est une Indica quasi pure à effet corporel et sédatif, floraison 8-10 semaines, profil terreux et résineux. La G13 Haze est un hybride à dominance Sativa, créé par Barney’s Farm en 2006 par croisement avec une Haze, à l’effet plus cérébral, à la floraison plus longue (11-13 semaines) et au profil aromatique plus citronné et épicé. Elle a remporté la Cannabis Cup 2007 catégorie Best Hybrid.
Peut-on cultiver de la G13 en France ?
Non. La culture d’une variété de cannabis contenant du Δ9-THC au-delà de 0,3 % est interdite aux particuliers en France (arrêté du 30 décembre 2021, confirmé par la décision du Conseil d’État n° 444887 du 29 décembre 2022). Les graines sont vendues comme objets de collection, pas comme intrants de culture.

Beldia
Résine de tradition rifaine, profil terreux et épicé héritier de la famille Afghani, moins de 0,3 % de THC.
Contenu informatif. En France, le cannabis contenant du THC est un stupéfiant et sa culture est interdite aux particuliers ; les graines sont vendues comme objets de collection.


