La Lambsbread fait partie de ces variétés dont le nom circule depuis cinquante ans sans jamais passer par un breeder officiel. On l’écrit aussi Lamb’s Bread ou Lamb’s Breath — « pain de l’agneau » ou « souffle de l’agneau », selon la lecture rasta —, et c’est l’un des rares spécimens parvenus intacts jusqu’à nous depuis les champs des Blue Mountains. Pas un hybride stabilisé en coffeeshop, pas une sélection de banque européenne : une landrace sativa, c’est-à-dire une variété qui s’est adaptée seule au climat équatorial de la Jamaïque, génération après génération.
Ce que l’on connaît d’elle, on le doit aux cultivateurs jamaïcains qui l’ont entretenue en pleine terre, et à la légende Bob Marley, dont elle est régulièrement citée comme la fleur fétiche. Les sources sur ce dernier point sont essentiellement orales, mais l’association fait désormais partie de l’identité culturelle de la variété.
Dans cette fiche : statut de landrace sativa pure, parents hypothétiques, taux de THC modéré (14 à 18 %), profil aromatique terreux-épicé et question juridique française. Mis à jour en octobre 2026.
L’essentiel en 30 secondes
• Landrace sativa jamaïcaine pure, également orthographiée Lamb’s Bread ou Lamb’s Breath.
• Taux de THC 14 à 18 %, CBD très faible (< 1 %), effet rapporté cérébral et clair.
• Origine : montagnes jamaïcaines, lignée sativa équatoriale, sans breeder commercial identifié.
• Profil aromatique terreux, épicé et herbacé, avec des notes d’agrumes et de bois.
• Associée culturellement à Bob Marley et au mouvement rasta, selon des sources orales.
Fiche technique de la Lambsbread
Les chiffres ci-dessous recoupent les relevés publiés par les quelques banques qui proposent une version travaillée de la Lambsbread (Oaseeds, World of Seeds, Kannabia) et les fiches de SeedFinder et Leafly. Les fourchettes sont larges, c’est une caractéristique inévitable des landraces : chaque phénotype exprime différemment la génétique d’origine, et aucune banque n’a jamais stabilisé la variété aussi strictement qu’une Haze commerciale.
| Critère | Valeur |
|---|---|
| Nom | Lambsbread (aussi Lamb’s Bread, Lamb’s Breath) |
| Type | Landrace sativa jamaïcaine pure |
| Breeder | Aucun breeder officiel ; cultivée traditionnellement en Jamaïque |
| Dominance | Sativa quasi pure, 80 à 90 % sativa |
| Taux de THC | 14 à 18 %, parfois plus selon les phénotypes |
| Taux de CBD | Très faible, < 1 % |
| Floraison | 9 à 12 semaines en intérieur |
| Récolte outdoor | Fin octobre à début novembre (hémisphère nord) |
| Rendement indoor | Modéré, autour de 400 g/m² |
| Rendement outdoor | Jusqu’à 500 g par plant en climat tropical |
| Taille | 120 à 150 cm indoor, jusqu’à 2 m outdoor |
| Arômes | Terreux, épicé, herbacé, agrumes, bois humide |
Génétique de la Lambsbread : une landrace sativa pure
Dire que la Lambsbread est une landrace veut dire quelque chose de précis : la variété n’est le fruit d’aucun croisement moderne. Elle a évolué sur place, sélectionnée par les cultivateurs locaux au gré des générations, sans parent extérieur importé pour raccourcir une floraison ou corriger un rendement. C’est le même statut génétique que l’Acapulco Gold au Mexique, la Colombian Gold en Colombie ou la Malawi Gold en Afrique australe.
Les ancêtres probables, selon SeedFinder, sont des sativas africaines équatoriales — probablement nigérianes, congolaises ou éthiopiennes — transportées dans les Caraïbes à l’époque coloniale, puis naturalisées pendant plus d’un siècle sous le climat jamaïcain. L’hypothèse n’est pas prouvée scientifiquement mais cohérente avec la morphologie et le profil terpénique. Pour creuser cette lignée africaine, la fiche Red Congolese donne un point de comparaison.
Trois caractéristiques marquent la pureté génétique de la Lambsbread :
- une dominance sativa très élevée, 80 à 90 %, visible dès la morphologie (feuilles fines, entre-nœuds espacés, floraison tardive) ;
- un taux de THC modéré pour une sativa de collection, 14 à 18 %, loin des 25 % des hybrides modernes ;
- une résistance naturelle aux parasites et aux maladies tropicales, héritée d’un siècle d’adaptation en pleine terre.
Attention à ne pas confondre la Lambsbread avec les hybrides modernes qui portent le même nom (Lamb’s Breath hybride, Lamb’s Bread BX). Ces versions sont croisées avec des indicas pour raccourcir la floraison — ce n’est plus la landrace originale.
Histoire de la Lambsbread, de la Jamaïque à Bob Marley
L’histoire de la Lambsbread se confond avec celle du cannabis en Jamaïque — ce que les locaux appellent la ganja. La plante arrive sur l’île au XIXᵉ siècle, probablement par des travailleurs indiens engagés après l’abolition de l’esclavage, et s’enracine dans la vie rurale et la spiritualité du mouvement rastafari fondé dans les années 1930. Dans ce contexte, la Lambsbread n’est pas commerciale : c’est une plante que l’on cultive au bout du jardin et que l’on fume en communauté.
Son nom porte cette dimension spirituelle. Les deux lectures les plus répandues renvoient à la Bible rastafari : « pain de l’agneau » comme nourriture sacrée, « souffle de l’agneau » comme élévation méditative. Les variantes Lambsbread, Lamb’s Bread, Lamb’s Breath coexistent dans les témoignages écrits depuis les années 1970.
L’anecdote qui a propulsé la variété au-delà de l’île tient en une phrase : Bob Marley aurait été l’un de ses fumeurs réguliers dans les années 1970, et aurait désigné la Lambsbread comme sa fleur de prédilection pour la composition musicale. L’anecdote circule dans plusieurs biographies et dans High Times, mais aucune preuve matérielle n’existe, et plusieurs variétés jamaïcaines (Dancehall, Kingston, King’s Bread) revendiquent le même lien. Ce qui est certain, c’est que l’association culturelle Marley–Lambsbread est devenue, à partir des années 1990, un argument de vente pour toutes les banques occidentales qui proposent une version de la variété.
La Lambsbread arrive en Europe et aux États-Unis à la fin du XXᵉ siècle, portée par les voyageurs qui ramènent des graines des Caraïbes. Elle ne connaîtra jamais le succès commercial des Haze néerlandaises — floraison trop longue, taille trop grande, rendement modéré — mais devient un classique chez les amateurs de landraces.
Profil aromatique de la Lambsbread : terre, épice et herbe
Le nez de la Lambsbread n’a rien à voir avec les hybrides modernes dominés par le limonène ou le caryophyllène d’écurie. On est sur un profil old school, discret au premier abord, qui se déploie lentement une fois la fleur chauffée. Les trois notes dominantes sont la terre humide, l’épice chaude et l’herbe fraîchement coupée, avec une pointe d’agrumes et de bois en finale.
Les analyses terpéniques publiées sur les cuts stabilisés par Oaseeds et par SeedFinder convergent sur quatre terpènes principaux :
| Terpène | Arôme dominant | Rôle dans la Lambsbread |
|---|---|---|
| Myrcène | Terre humide, musc, mangue | Terpène principal, note de fond |
| Caryophyllène | Poivre noir, clou de girofle | Soutient l’épice centrale |
| α-Pinène | Pin, résineux | Apporte la fraîcheur boisée |
| Limonène | Agrumes, citron vert | Trace, s’exprime en finale |
En bouche, le profil se lit en trois temps. L’attaque est franchement terreuse et herbacée, proche du foin tiède. Le cœur ouvre sur une épice chaude — poivre, bois humide, parfois une note qui rappelle le vieux cuir ou le hash méditerranéen. La finale est plus citronnée et résineuse, avec un fond de pin et de citron vert qui persiste en rétro-olfaction. Les retours de cultivateurs sur IC Mag et Grasscity décrivent une fleur « authentique », parfois comparée au hash marocain pour sa densité aromatique.
Effets rapportés par les consommateurs
Les retours agrégés depuis Leafly, SeedFinder et les forums de cultivateurs convergent sur un profil typiquement sativa équatorial : effet cérébral clair, montée progressive, plateau long et uplifting, très peu de sédation corporelle. Avec son THC modéré (14 à 18 %), la Lambsbread ne frappe pas comme une sativa moderne à 24 % — elle s’installe en douceur sur dix à quinze minutes puis déploie une sensation d’énergie mentale qui dure deux à trois heures.
Les descripteurs les plus fréquents sont :
- une élévation de l’humeur marquée, souvent qualifiée de « lucide » ou de « méditative » par les consommateurs expérimentés ;
- un effet créatif et musical, cohérent avec l’anecdote Bob Marley, favorisant la concentration longue plus que la stimulation rapide ;
- une sensation d’ancrage corporel léger, grâce au myrcène, sans le pic speed pur des Haze pures ;
- un plateau sociable, propice à la conversation plus qu’au repli.
Les effets indésirables rapportés sont ceux d’une sativa classique : sécheresse buccale et oculaire, parfois une accélération du rythme cardiaque, épisodes d’anxiété ou de paranoïa chez les consommateurs peu habitués aux sativas cérébrales. La Lambsbread étant plus modérée en THC que la plupart des sativas commerciales, ces effets sont généralement moins marqués, mais certains cuts jamaïcains dépassent les 20 %.
Il ne s’agit ni d’une recommandation ni d’une allégation : les effets du cannabis contenant du THC varient d’un individu à l’autre, et son usage reste interdit en France.
Statut légal en France
En France, le Δ9-THC est un stupéfiant classé au titre de l’article L. 3421-1 du code de la santé publique. Depuis l’arrêté du 30 décembre 2021, confirmé par la décision du Conseil d’État du 29 décembre 2022 n° 444887, un produit dérivé de chanvre ne peut être commercialisé que si son taux de Δ9-THC total équivalent reste inférieur à 0,3 %. Les fleurs et résines CBD de notre catalogue respectent ce seuil, à la différence d’une Lambsbread d’origine jamaïcaine, qui dépasse largement les 14 % de THC.
La détention, l’usage et la culture par un particulier d’une variété au-dessus du seuil restent interdits et pénalement sanctionnés. Pour aller plus loin, nous détaillons tout cela dans notre fiche Δ9-THC : effets, usage et légalité. Les graines, elles, sont vendues comme objets de collection : elles ne contiennent pas de THC et circulent librement dans l’Union européenne.
Culture indoor et outdoor de la Lambsbread
Les informations ci-dessous sont strictement documentaires et reprennent les fiches techniques publiées par Oaseeds et World of Seeds. En France, la culture d’une variété au-dessus du seuil de 0,3 % de THC total équivalent reste interdite pour un particulier.
En extérieur
C’est le milieu naturel de la Lambsbread, celui pour lequel elle a été sélectionnée pendant un siècle. Elle demande un climat tropical ou subtropical, chaud, lumineux et ventilé, proche de celui des Blue Mountains. En zone méditerranéenne, elle s’exprime bien mais mûrit plus tard — fin octobre à début novembre dans l’hémisphère nord. Elle supporte l’humidité grâce à ses buds aérés mais exige de la ventilation. En pleine terre, elle peut dépasser deux mètres et donner jusqu’à 500 g par plant.
En intérieur
Sous lampe, la Lambsbread est plus difficile. Son stretch de floraison est marqué — jusqu’à doubler de hauteur après le passage en 12/12 — et sa floraison dure 9 à 12 semaines. Les cultivateurs utilisent le Low Stress Training ou un filet Screen of Green pour maîtriser la hauteur. Rendement réaliste : 400 g/m², soit nettement moins qu’une Haze commerciale travaillée.
Difficulté et résistances
Les banques classent la Lambsbread comme variété de difficulté modérée à élevée. Elle est très résistante aux parasites tropicaux grâce à sa génétique landrace, mais sa floraison longue l’expose aux premières pluies et aux attaques tardives en Europe. Un sol organique bien drainé, un pH de 6,0 à 6,5 et une eau peu minéralisée donnent les meilleurs résultats.
La Lambsbread dans la famille des sativas équatoriales
La Lambsbread n’a pas de descendance aussi documentée que celle de l’Original Haze, mais sa génétique a nourri plusieurs hybrides modernes et plusieurs variétés sœurs partagent son héritage de sativa équatoriale pure :
- la Dancehall, hybride dérivé de génétiques jamaïcaines modernes et de Kalijah, qui prolonge l’esprit island dans une version plus courte à cultiver ;
- la Piff, sativa new-yorkaise élevée à partir de cuts caribéens, dont certains revendiquent une filiation Lambsbread ;
- l’Amnesia Haze, dont la lignée inclut un parent jamaïcain selon les archives néerlandaises — l’intersection la plus directe entre Lambsbread et famille Haze ;
- la Malawi Gold et la Colombian Gold, deux autres landraces équatoriales au profil terreux et à la floraison longue.
Pour continuer dans l’univers des sativas aromatiques ramenées à un usage CBD français, c’est la catégorie fleurs CBD qu’il faut parcourir.

Amnesia CBD
Hybride sativa dont la lignée inclut un parent jamaïcain. Culture française, 0,3 % de THC maximum, nez haze et touche terreuse.
Contenu informatif. En France, le cannabis contenant du THC est un stupéfiant et sa culture est interdite aux particuliers ; les graines sont vendues comme objets de collection.


